Archives de Catégorie: Philippines

Lola en DVD


Lola, le film de Brilante Mendoza sur les deux grand-mères Philippines aux destins croisés, vient de sortir en DVD. On en parle sur Discobus, un extrait :

« Amateur de voyages ? Alors, il vous suffit de regarder les films de Brillante Mendoza, réalisateur philippin, et vous serez au cœur de Manille avec les Philippins, ce qu’aucun tour-opérateur ne pourra vous proposer.
Lola (qui signifie ‘grand-mère’ en tagalog) est un film qui tient davantage du documentaire que de la fiction. C’est l’histoire de deux grands-mères. La première met tout en œuvre pour donner une sépulture à son petit-fils tué par un voleur de gsm. La seconde est la grand-mère du meurtrier et se bat pour le faire sortir de prison avant son procès. (…). Ici, dans « Lola », c’est l’émotion, la retenue, la dignité.

A voir aussi : John-John, la dernière journée d’un enfant dans son « foster home » avant d’être adopté par un couple d’américains. J’aime beaucoup la manière respectueuse de filmer cette famille pleine de dignité : le père travaille, le fils va au collège, chacun s’occupe et fait de son mieux. Mendoza casse les clichés pauvreté = drogue, alcoolisme, déchéance. En attendant la sortie à Cannes de son dernier, Captured, avec Isabelle Huppert. Et puisqu’il n’y a pas que des bidonvilles dans ce pays, voir aussi Limbunan de Gutierrez Mangansakan, qui se passe en milieu rural.

Et ne pas oublier aussi « L’éveil de Maximo Oliveros« , d’Auraeus Solito, un film plein de fraîcheur qui avait enchanté les cinéphiles en 2008.

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Rire aux Philippines


Je me demandais que rapporter des Philippines.

Le rire, bien sûr, comme ce master qui pratique le yoga du rire sur des policiers.

On lui enverrait bien un billet d’avion pour le championnat mondial d’empathie, avec visa indéfini.

Parlez-moi d’humour


En route pour les Philippines, le pays du peintre Juan Luna et du cinéaste Brilante Mendoza. C’est dans ce pays que j’ai pour la première fois fait l’expérience du regard qui se décentre, en apprenant à voir le monde selon la grille de lecture d’un autre peuple. Auparavant, il y avait eu l’Allemagne, et Singapour, mais la passion intellectuelle ne remplace pas l’empathie.

Les philippins sont à juste titre fiers d’avoir inventé en 1986 la première révolution sans effusion de sang, le People Power qui renversa le dictateur Marcos en 1986.

Alors que nous entrons dans l’âge de l’empathie, il me sembe que ce peuple a quelques points d’avance. Plus les rapports entre les pays, les cultures et les individus seront placés sous le signe d’une compétition exacerbée, plus il sera nécessaire de comprendre l’autre sur une base intuitive et non intellectuelle ou transactionnelle. (Vous savez, avec cette chose palpitante et rouge qui s’appelle le coeur).

Se mettre à la place de l’autre un instant, voir avec ses yeux, entendre avec ses oreilles avant d’en revenir à sa propre carte du monde : quand la simple gentillesse ne passe plus pour de la naiveté, mais pour un stade avancé de l’évolution humaine.

Il faudrait parler de leur modernité métisse traduite approximativement par le concept de « Mashable Manila« , de la musique et des Black Eyed Peas, (*) en attendant le Basquiat de l’Asie, car il viendra d’ici, c’est sûr et certain.

Pour l’humour, en tout cas, et tout particulièrement sous la forme douce-amère, infiniment cocasse et généreuse de l’autodérision, ils méritent la palme, la couronne et, allez, même l’écharpe.

((*) l’un des chanteurs de ce groupe est d’origine philippine et chante en Tagalog sur certains titres.

Manille remix


En route pour Manille!

Que rapporter, sans appareil photo? Des dessins, des odeurs, des sons, des couleurs, des saveurs et surtout des conversations entrelacées les unes aux autres comme ces paniers que tressent les femmes des montagnes.

La jeunesse d’Asie regarde l’avenir droit dans les yeux, affronte courageusement les obstacles et rit, rit, rit à pleine gorge. Mashable Manila : le remix créatif est-ouest ne vaut pas que pour la mode.

Travailler avec eux, c’est un plaisir, un honneur, une récompense.

J’aimerais tant que l’on regarde aussi ce côté-là, cette énergie bouillonnante, sans nier la pauvreté, la saleté repoussante, la pollution qui vous pique les yeux, vous brûle les poumons. Juste une question d’équilibre.

Que l’on rende justice à leur diginité. Et pour ceux qui n’ont pas le temps ou le goût de s’y rendre, allez voir les films de Brillante Mendoza, en commençant par le bouleversant John John ou Lola, celui sur les deux grand-mères, sorti l’année dernière. Je n’avais encore jamais vu autant d’empathie dans un traveling.

2010 en mots clés (et en images)


Avant de saluer l’année du colibri, il convient de dire au revoir avec grâce à celle qui va se clore, sur ces images de Séville.

Buencarmino chatouille la souris depuis quatre mois seulement, mais c’est une souris productive avec déjà plus de cent articles au compteur et plus de 2,300 pages vues, ce qui n’est pas si mal. J’ai donc choisi de lister ici les mots et les catégories qui vous ont amenés sur ce blog, avant de passer à un autre cycle.

DESSIN Parmi les catégories les plus recherchées, le dessin, comme acte de tracer à la main sur du papier des traits formant une figure, occupe une place prépondérante avec les mots suivants :

Aurélie Gravelat, dessinatrice de talent (un grand merci au passage à Serghei Litvin, fondateur de la Foire Internationale du Dessin, et à son Blog du dessin), dessin, croquis, nus, pastels, couleur, modèle, Anne-Marie Franqueville, Aracanthe, Mirella Rosner, outils, main (mais zéro pour « déterritorialisation« , pan sur les doigts, ça m’apprendra à frimer avec des mots de plus de quatre syllabes). Le dessin, comme le bricolage et toutes les activités manuelles, nous reconnectent au monde réel. Ils nous libèrent de la molle tyrannie du « monstre doux« , car le moindre trait, même le plus malhabile, signe l’affirmation d’un acte unique posé dans l’espace de la feuille : quand je dessine, je ne consomme pas, je suis.

PEINTURE : …la peinture  avec Jean-Michel Basquiat (Basquiat, le sacre de la couleur), suivi de Jérôme Bosch, dont j’ai tant aimé voir la Tentation de Saint Antoine à Lisbonne. Le voisinage me ravit, puisque je vois de fortes affinités entre ces deux peintres qui ont eu le courage d’explorer les cauchemars de leurs époques respectives – et les leurs.  Bosch et Basquiat : cela mériterait d’y revenir une autre fois, dans un prochain article. Loin derrière, le caniche pour milliardaires Murakami, amusant la galerie des glaces (me rappeler, en 2011, de parler de l’autre Murakami, celui de Kafka sur le rivage).

ECRITURE … Ce blog est né d’un défi : celui d’écrire tous les jours pendant l’été, puis de publier. Résister à la tentation du silence, à l’injonction mollifiante « à quoi bon, tout a déjà été dit ». Saluons ici les auteurs  de Mille Plateaux Deleuze et Guattari, mais aussi Valère Novarina, Racine (et Phèdre au labyrinthe), Proust qui nous aura vu courir sur les petites routes sarthoises;  mentionnons l’auteur fin de cycle, Houellebecq, mais surtout Cynthia Fleury (la fin du courage), Rafaele Simone (le monstre doux, le monstre doux, le monstre doux qui vous hypnotise avec sa voix de velours), François Cheng, et Stephan Zweig. Dès le départ, ce blog est né avec l’idée d’utiliser toutes les possibilités du lien html et ses ramifications infinies. Lier, c’est offrir un outil pour créer du sens. Opposer, juxtaposer : avec Edgard Morin, résister à la tentation de simplifier le millefeuilles du réel, de nos émotions, et ce qui nous lie.

EMPATHIE… l’empathie, (« l’empathie n’est pas une maladie », objet de nombreuses recherches sur Google), Antonio Damasio, qui nous mène au coaching avec Alain Cayrol et Nicole de Chancey; mais ni l’amour ni la tendresse ne vont ont menés jusqu’à ce blog; Pudeur ou désintérêt? On en parlera plus en 2011 car je pense, avec Luc Ferry, que l’amour est l’une des forces qui contribueront à structurer notre culture commune au 21ème siècle, en plus d’être une valeur profondément démocratique.

Vous vous êtes aussi demandé s’il y avait des mouettes dans la Sarthe (réponse : oui, et d’autres animaux voyageurs),

Vous avez interrogé Google sur le butô, sur Lisbonne et sur les Philippines, sur la Sarthe et sur l’île de Ré, sur David Pini, et nous avons parfois eu de beaux échanges sur l’un ou l’autre de ces sujets.

On explore ici les relations compliquées entre les mots et l’image, en cherchant le chemin d’une forme d’authenticité dans l’expérience. Et si l’on échoue, eh bien, on s’efforcera d’échouer toujours mieux. L’important est de faire sa part, comme dit le petit colibiri.

A bientôt, avec tendresse, espièglerie et curiosité pour la nouvelle année. Meilleurs voeux!

Spot Philippines


Explosive énergie  du Sud
Surfant sur le code et l’image
Pour les kids un spot idéal
Dramang drama, fashionista!


Frères humains que rien n’efface
Au matin quand revient la vie
C’est votre sourire à mes lèvres
L’hiver à s’en mordre les doigts

Contre-plongée vers la surface
Dans un nuage effervescent
De bulles, remonter, comme on naît,
Vers le soleil des Philippines

l’empathie n’est pas une maladie


L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

 

 

le Bulul, gardien des rizières

L’empathie désigne notre capacité à ressentir avec l’autre,  ce qui ne signifie pas se laisser envahir par ses émotions. Or, tous les bons coachs vous le diront, pour être en mesure d’aider, il faut d’abord savoir préserver son intégrité, poser ses limites, protéger son territoire. La bienveillance trouve ainsi son point d’équilibre.

1. Une sagesse mise en pratique par les Ifugao, peuple du nord des Philippines qui ont construit et continuent d’entretenir les rizières en terrasse depuis 2000 ans. Ces montagnards farouchement indépendants ont pour coutume d’installer des statues en bois, nommées bululs, à l’angle des rizières, autant pour les protéger que pour les délimiter. Bienveillance et vigilance vont de pair. Les Philippins, connus pour leur grande hospitalité, n’en posent pas moins des règles. De même, l’empathie ne signifie pas renoncer à son intégrité, mais se décentrer juste suffisamment pour ressentir avec l’autre. Protégeons nos rizières tout en restant à l’écoute.

2. « L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

3. L’émotion, source de la conscience : lire cet entretien avec le neurobiologiste portugais Antonio Damasio dans la Recherche. Si même les paramécies ressentent des émotions, il va falloir sérieusement revoir notre conception de nos relations avec l’univers du vivant.

Extrait : Antonio Damasio : « Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. » Cela est valable pour la paramécie comme pour l’homme et, chez l’homme, pour une cellule comme pour l’organisme entier. En termes modernes, c’est aussi dire que toutes les dispositions de nos circuits cérébraux sont, sauf accident, programmées pour rechercher à la fois la survie et le bien-être. »

Banaue rice terrasses by Mark Maranga

On se sent moins mesquin, du haut des splendides rizières en terrasse de Banaue.