Aracanthe (s) la main fauve


1. Apprendre, c’est d’abord oublier. Travailler un silence où l’oeil pourra chercher l’attache du cou, de l’épaule, observer la rondeur d’une ombre, un volume. Retenir le premier trait, celui qui vient de la mémoire.  Alors, dans ce silence, on pourra lâcher la main rugissante, aux éclairs de fauve affamé.

2. Sophie nous apprend que le Butô viendrait d’Hiroshima, de cet effort inouï que firent les survivants  pour se remettre debout, puis une image de l’effort qu’il faut faire pour tenir debout face au monde. Le visage blanc des morts, le mouvement convulsif des vivants. Rien de stable.

3. Dans la vie même, un trait plein d’agilité file sa courbe à toute vitesse, apparu soudain comme un rire de granit. Le but est là, frémissant, ce qu’on laisse.

4. Langage : y croire, à tout prix. Les phrases tracées d’un doigt de cendre,  à fleur de peau, palpables et non cernées. Les noms des muscles à prononcer, pour reconstruire un corps de l’intérieur. Tenir au plus près du corps, y grandir, trouver son pays dans les replis de la peau, dans le rebond d’une hanche, dans le plat du ventre. Laisser surgir.

5. Le délicieux silence, épais, charbonneux, clapotant. L’écoute.

6. Dessiner alors ce qui vient, frivole. Cheveu posé sur le granit.

7. Lecture interrompue : c’est peut-être une famille, unie de liens subtils. Le papier sous les doigts frémit, laisser courir, mes beaux enfants, mes livres!

8. La courbe en huit énergie continue, nourrissante, un trait fin comme l’infini.

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