Coups de coeur


Parler des autres, ou mieux encore, leur donner la parole, offrir un petit bout de blog, un espace à ceux dont on aime les mots. Il y a quelques jours, c’était mon ami JB Plantin, qui cesse de mesurer ses performances, aujourd’hui c’est au tour de Margotte.

J’avais évoqué Margotte et ses terribles douleurs dans un premier article « Margotte a mal au dos« , ici : https://buencarmino.com/2013/10/06/margotte-a-mal-au-dos/ en réponse à cet article de son blog : https://somethingintherain.wordpress.com/2013/09/16/un-peu-de-moi/

Mais si j’y reviens aujourd’hui c’est pour signaler un beau texte, lumineux, plein de vie, le récit d’un « simple » moment dans un parc publié dans son blog somethingintherain :   https://somethingintherain.wordpress.com/

Extrait : « Le plus téméraire des enfants va récupérer le jouet à pas de loups, puis, jetant un dernier coup d’œil à ces deux personnes bien étranges, le lance à nouveau et fait redémarrer le jeu. Quelqu’un d’autre veut jouer, et alors qu’ils courent un tout petit chien arrive et fonce sur le ballon. Il est minuscule et saute vers eux, vers la balle, accélère, bondit et semble rire aux éclats. Soudain il tourne la tête et une voix crie : « Isis ! » »

Cette histoire de petit chien me fait penser à celui que Turner ajouta au dernier moment dans l’un de ses tableaux les plus célèbres (Mortlake Terrace). Plus qu’un détail, j’y vois l’irruption de la vie même, le mouvement dans l’écriture – et la surprise, magique.

Alternance de la douleur et de la joie, de l’enthousiasme et de la tristesse, avec une égale intensité. Parfois, on me dit que « je vis dans un jardin plein de fleurs ». On m’accuse de manquer de réalisme parce que je veux voir, de préférence, le côté lumineux des choses. Mais si j’aborde des sujets plus graves, on m’en fait également le reproche. Alors que ce qui m’intéresse, c’est le contraste.

Je pourrais aussi parler de Virginie Despentes et de son dernier livre, mais je ne l’ai pas encore lu, alors voici sa dernière interview : http://www.estrepublicain.fr/actualite/2015/06/07/je-sens-autour-de-moi-une-colere-souterraine

Extrait de l’interview :

Cette comédie humaine a un côté balzacien…

« C’est un polaroïd de notre époque, un instantané subjectif et partial, mais je n’ai pas l’ambition de Balzac, et le roman n’est plus ce qu’il était à son époque. Balzac savait qu’il prenait en charge la narration principale de son époque, dans un moment où son pays comptait dans le monde. Aujourd’hui, le roman n’est plus si important, c’est à part, une sorte de niche, et la France, tout le monde s’en fout… Les gens s’intéressent plus aux séries télé qu’aux romans. Dans 100 ans, plus personne ne lira mes romans, je suis tranquille. »

Je ne suis pas d’accord avec cette idée que « la France, tout le monde s’en fout« , mais il me plaît que la parole circule. Et je crois même que Virginie Despentes est une raison très honorable d’aimer la France contemporaine, et de s’y intéresser.

Les femmes, leur parole, leur regard, sont probablement ce qui se passe de plus intéressant dans notre pays en ce moment.  On est ici dans le contraire de la Soumission, (par vous-savez-qui). Il y a dans cette parole insoumise de l’amour,  frappant avec son bec de poussin depuis l’intérieur de la coquille, un duvet sale au coin des lèvres,  et des éclats rieurs au fond des yeux.

 

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