Archives de Catégorie: Sarthe

Chaos dans la cuisine (suite et fin)


Un bébé dans une maison change la polarité magnétique, le sens du courant, les phases de la lune peut-être. Autour de lui tout se réorganise.

Les rythmes, en tout cas, l’ordre des priorités, la structure des conversations.

Tout rajeunit, tout change, emporté dans le tourbillon. Il y a deux ans, je tentais de lire la Méthode d’Edgar Morin, ici même, au calme. L’image des soleils naissants qu’il évoque me revient en mémoire : l’ordre et le chaos s’engendrent l’un l’autre, l’instabilité précède l’émergence de nouvelles formes de vie. Les familles sont une autre sorte de chaos, en perpétuelle transformation. Une collection de vieux albums photo retrouvée par hasard nous raconte la même histoire de générations qui passent, de vacances et de pique-niques. Les visages apparaissent et disparaissent sur les photos.

Une famille s’organise autour de ses éléments les plus vulnérables, c’est un trait que nous partageons avec tous les mammifères. En fait c’est une loi de la vie. Une très belle loi. Touchante. Admirable. Et rassurante aussi.

On s’activait, le nez dans les casseroles, et soudain tous se précipitent à la fenêtre en poussant des cris d’excitation : les deux hérons sont revenus.

On n’en voyait plus qu’un, l’été dernier, puis il s’était fait rare. On craignait sa disparition. S’ils sont là, c’est qu’ils trouvent de quoi se nourrir, malgré les prédictions alarmantes sur la mort programmée des grenouilles. Tous ces animaux que l’on ne voit plus : lapins, renards, mésanges, même les abeilles et les guêpes se font rares. La campagne devient un désert silencieux, peuplée de nos seuls cris, par intermittence.

Mais les hérons sont revenus ! Merveille des merveilles ! Rien n’est plus beau que de les voir prendre leur envol, tournoyer au-dessus des douves et du pigeonnier, décrire de larges cercles dans les airs avant de revenir se poser au bord de l’eau.

Soudain, la splendide asymétrie des bâtiments forme un décor qui semble organisé pour valoriser leur majestueuse évolution.

L’été se donne en spectacle, avec ses opulents nuages, ses lumières changeantes, ses figurants de toutes espèces et nous, les humains, persuadés d’y jouer de grands rôles.

C’est comment déjà, le rire du héron ?

 

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Chaos dans la cuisine (1/2)


Le chaos, non. Tout au plus une agitation fébrile, le premier jour des vacances, et le deuxième c’était déjà nettement mieux, fluide, autour de la table où se préparent les repas des adultes et ceux des enfants. Intelligence des corps, gestes précis, on se croirait dans une foule asiatique où la multitude évolue sans jamais se heurter, mais c’est bien la France. Les portes des placards et celle du frigo claquent, le lave-vaisselle ne cesse d’avaler ses proies qu’il digère à une vitesse effrayante. Les conversations se croisent, pratiques ou spéculatives. Du black-facing aux dernières lubies des bobos, tout y passe. On rit beaucoup. Combien sommes-nous dans cette cuisine ? Avec ou sans gluten ? Halal ou dessert ? Quinze en comptant le bébé, le demi-frère, les conjoints, les neveux, les nièces mais pas de chien, heureusement. Celui qu’on a croisé dans la cour appartient à l’autre famille mais on peut jouer avec. Et au ballon, mais au ras du sol pour ne pas casser les carreaux.

Tout ce qu’il ne faut pas faire. Interdits. Frayeurs. Tout ce qu’on pourrait abîmer, perdre, oublier, dans cette maison trop grande. Les petits objets qu’il faut cacher, l’antimites et la mort aux rats. Vous les avez bien tous enlevés ? Mais oui. Trois jours avant votre arrivée. A mettre en hauteur : tout ce qu’une petite bouche avale, tout ce que de petits doigts peuvent saisir, tout ce que deux petits yeux fûtés convoitent. (à suivre)

Les haies sur notre passage libéraient une odeur de miel


Le TGV-Lyria ne disposant pas encore d’espaces calmes, sans enfants hyperactifs tout équipés avec poumons super puissants, cordes vocales quasi neuves et parents résignés ayant à peine servi, j’opte pour un séjour prolongé au bar.

Très fier d’avoir si vaillamment résisté à mes envies de meurtre, je m’installe face à la fenêtre, muni d’un petit verre de Merlot pour le réconfort et de mes écouteurs blancs pour l’isolation phonique.

Soupir.

Détente.

Bonheur.

Des fragments de poème remontent à la surface. « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». C’est-à-dire qu’on va vers la Suisse. A 250 km/heure les détails s’estompent, la jouissance est pure : c’est la ligne claire.

Par la fenêtre défile ce que la France offre de plus somptueux en matière de paysages. Une telle splendeur me donne envie de crier tout mon amour de ce pays, comme le ferait n’importe quel touriste américain. Courbes de l’horizon, des collines, meules de foin : tout est rond, blond, paisible dans cette lumière de fin d’après-midi. Des formes anciennes qui touchent à l’éternité. Forêts, clochers, villages s’enfuient à toute vitesse, d’autres les remplacent. Lever le nez juste à temps pour voir scintiller le miroir bleu du Rhône, ou de la Saône ? Qu’importe. Nous sommes dans un monde vierge de tout savoir, un monde d’avant les noms. Réapprendre à voir avec les yeux seuls, se lier sans interpréter. Conscience pure.

Baigner dans cette joie tranquille. Semi-torpeur. Le Merlot commence à faire son effet, la rêverie s’installe.

Des haies de peupliers ponctuent l’espace d’un trait vert, suivant des voies tracées par le passage des hommes et des animaux. Ce sont des paysages qu’on retrouve dans tous les musées d’Europe. Nous croisons le chemin des peintres. La route des Flandres à l’Italie passait par ici, aux XVème/ XVIème siècle. Comme dans un tableau de Patinir, on ne s’étonnerait pas de voir un ermite en prière au pied d’un arbre, ou la Sainte Famille se reposant à l’ombre d’un vieux mur. Les siècles se fondent les uns dans les autres, se télescopent.

La musique amplifie l’espace : dans mes écouteurs, la cantate BWV62 déploie ses volutes sonores. Les kilomètres filent, le relief s’accentue. Un tracteur soulève un nuage de poussière. Sillons bien peignés, d’un brun doux. La dame en tailleur vert dans sa petite Golf noire, elle revient du travail. On voudrait lui crier : bonsoir ! Plus loin ce sont des rivières qui s’enfoncent dans des gorges boisées. Des meules bien alignées sur le flanc d’une colline face au soleil brillent comme un trésor à demi enterré. Nous avons les mêmes, dans la Sarthe, où j’allais faire de longues promenades avec mon père en vélo. Les haies, sur notre passage, libéraient une odeur de miel. Plus loin des pylônes dressés tels de gigantesques épouvantails d’acier portent l’invisible énergie jusque dans les profondeurs qu’on devine, au loin. Parfois ce sont de plus modernes éoliennes. On finira par trouver belle aussi leur forme épurée.

Je pense à du Bellay, Charles d’Orléans, François Villon, plus près de nous Yves Bonnefoy (l’Arrière-Pays) qui nous ont appris à sentir l’âme des lieux. Aimer sans nostalgie. Ainsi se cultivent le goût du voyage et la promesse du retour. La Suisse aussi sera très belle, mais les prairies sont ici d’un vert plus tendre, et ces histoires que j’imagine les enrichissent. Me voici prêt à plonger dans un bon roman avant de retrouver ma place et la gueule hurlante.

le petit monde de Buencarmino


Voilà l’été chantent (ou plutôt braillent) les Négresses vertes, à pleins poumons. Ce sera bientôt le moment de retrouver les petites routes de la Sarthe et les marais de l’île de Ré, avant d’aller respirer la poussière des Philippines entre deux cyclones, ou l’odeur de la pluie sur le mont Banahaw.

L’été, c’est un désir de liberté qui monte, une envie de poser le nez dans l’herbe et d’écouter coasser les grenouilles au bord des mares. Le monde ne cesse pas de tourner, mais d’autres voix se font entendre. A travers les personnages rencontrés au fil des ballades, et qui font de trop brèves apparitions dans ce blog, une autre sagesse pointe. Bonjour à vous, l’âne du Poitou, inventeur du slow fun gentiment moqueur et sage comme une tranche de vieux bouddha (l’âne et la mouette), lointain cousin de l’âne du mullah Nasruddin; la mouette voyageuse qui n’aime rien tant que les cantates de Bach remixées (Lady Goldberg et les variations Gaga), les renards et les hérons sarthois, grands mangeurs de grenouilles des douves, les canards de Séville et les araignées de Louise Bourgeois, les bigorneaux rétais, les tigres du Bengale et autres baleines à dormir debout. Tout un bestiaire, et j’en oublie. le colibri, qui fait sa part! Et le chat du rabbin! Comment, vous n’avez pas encore vu le chat du rabbin? Se priver ainsi de 80 minutes de pur bonheur, il n’y a que des humains pour être capables d’une telle cruauté!

Car des roses il n’y en a pas


Jamais l’hiver dit-on, mais pour un arbre aux rameaux d’or on irait loin, et d’où vient ce parfum de roses sinon du corps lui-même, de sa mémoire? Car de roses, il n’y en a pas, l’hiver. Cela n’existe pas, ne peut pas être. Pourtant, le corps savoure, arrêté, debout dans le soleil, ce qui monte en lui, ce qui circule autour de lui, l’air tiède et ce parfum de roses.

Ce doit être l’amour, alors, qui nous tend les clés d’une autre saison. Toute une lignée de femmes a vécu là, traversé la terrasse aux divers moments de leur âge. Vacillantes ou pimpantes, heureuses ou mélancoliques, elles ont imprimé leurs pas dans le sable, et ce lieu s’est imprégné d’elles.

Elles ont regardé l’arbre, elles ont vu les branches nourries de lumière. Peut-être ont-elles puisé du courage dans ce soleil d’hiver. Vies passées, estompées dans un même oubli, pourtant si différentes. Chacune avait son pas, son timbre de voix, ses soucis. Il faisait froid comme aujourd’hui, jadis, quand le temps s’est fait sève. (Ma mère aussi viendra, reviendra, puis ses traces.)

Ces murs conservent le souvenir et la sueur des pommes odorantes, accumulées en pyramides hautes jusqu’au plafond. J’aime leurs blessures, les traces de peinture et ce vert étonnant, céladon d’écurie, luxe incroyable, impensable, avec des frises, où clapote la lumière tremblée des douves. Avant les pommes, il y eut des orangers en caisse et des hommes pour les transporter au gré des saisons. Ils transpiraient aussi. Dedans, dehors, automne, avril. je me souviens de leur accent, qui roulait dans la bouche. Murs imprégnés de leur travail. La fureur de l’utile n’autorise plus à laisser de tels endroits dans leur jus. Mais chut! Ne dérangeons pas dame araignée, surprise en plein surf sur sa toile, et le fil aux lèvres.

Jamais l’hiver, au risque d’agacer l’arbre pris dans sa nudité, les courants d’air qui se promènent en maîtres et se rient des fantômes. On en ferait un loft, un atelier, quelque chose, on oublierait d’apprendre à écouter. Revenez au printemps, laissez-nous tranquilles!

Et puis les enfants qui feront claquer les balles de ping pong, les raquettes jetées bruyamment, leurs pas, leurs cris, l’été mijotant dans le vieux garage.

Avant de repartir, une photo dérobée. .

Voleurs, oui, mai de quoi?

(mars 2011)

la déterritorialisation de la culture pop Hommage à Xulux


Coup de coeur à Xulux, un blog dédié à la culture et qui s’intéresse tout comme BuencaRmino à la déterritorialisation et au dessin. Je vous en donne juste un court extrait J’avais abordé le sujet dans les dialogues avec Thibaud Saintain et dans mon article du mois d’octobre sur le modèle comme coach). J’y reviendrai encore dans un prochain article sur le projet EPLV (Expo Peinture Vidéo Livre) sur les livres peints de Mirella Rosner (Aracanthe).

Dommage que le mot « déterritorialisation » soit si long et donc condamné d’avance à l’ère de s 140 caractères-deux-secondes-et-demie d’attention de Twitter, car il évoque une réponse créative au sentiment d’exil, voire d’exclusion, y compris l’exclusion hors de son pays d’origine, hors de son corps, ou juste hors du présent. Je préfère donc m’en tenir à ce mot de re-paysement, désignant le choix d’habiter en pleine conscience son corps, son temps, et son espace, réel ou celui qu’on se crée. En version courte, selon le philosophe belge de la seconde moitié du XXème siècle Jean-Claude Van Damme, « la déterritorialisation, c’est aware ».

Extraits de Xulux :

1. « La Déterritorialisation est un concept phare de la philosophie deleuzienne qui illustre à merveille le processus créatif pop. Deleuze et Guattari utilisaient la métaphore zoologique pour en souligner la logique :

“Chez les animaux nous savons l’importance de ces activités qui consistent à former des territoires, à les abandonner ou à en sortir, et même à refaire territoire sur quelque chose d’une autre nature (l’éthologue dit que le partenaire ou l’ami d’un animal « vaut un chez soi », ou que la famille est un « territoire mobile »).” Gilles Deleuze, Félix Guattari : « Qu’est ce que la philosophie ? »

Mais avant d’en approfondir le fonctionnement, étudions d’abord sa genèse.

Le surréalisme constitue un bon point de départ avec ses agencements improbables, ses scènes oniriques, et ses jeux symboliques. A partir de ce moment l’art ne chercha plus à représenter exactement la nature, ou même la mythologie, mais à peindre de nouveaux mondes, les mondes intérieurs. (…)

2.

Car déterritorialiser un symbole c’est l’arracher de son milieu d’origine pour le reterritorialiser dans un environnement différent, et le faire ainsi cohabiter avec d’autres qui, réellement, ne possèdent pas de liens spatiaux ni temporels entre eux. Exposer un urinoir dans un musée c’est l’arracher de son contexte (les toilettes) pour le replacer dans un autre afin de créer une œuvre originale et un symbole nouveau.

La déterritorialisation trouve ainsi son expression musicale dans le sampling, procédé consistant à extraire un son de sa partition d’origine pour l’incorporer dans une nouvelle. Par exemple le titre de Dr Dre sample l’intro de “The edge” (1967) de David Axelrod qui figure sur l’album de David McCallum.

2010 en mots clés (et en images)


Avant de saluer l’année du colibri, il convient de dire au revoir avec grâce à celle qui va se clore, sur ces images de Séville.

Buencarmino chatouille la souris depuis quatre mois seulement, mais c’est une souris productive avec déjà plus de cent articles au compteur et plus de 2,300 pages vues, ce qui n’est pas si mal. J’ai donc choisi de lister ici les mots et les catégories qui vous ont amenés sur ce blog, avant de passer à un autre cycle.

DESSIN Parmi les catégories les plus recherchées, le dessin, comme acte de tracer à la main sur du papier des traits formant une figure, occupe une place prépondérante avec les mots suivants :

Aurélie Gravelat, dessinatrice de talent (un grand merci au passage à Serghei Litvin, fondateur de la Foire Internationale du Dessin, et à son Blog du dessin), dessin, croquis, nus, pastels, couleur, modèle, Anne-Marie Franqueville, Aracanthe, Mirella Rosner, outils, main (mais zéro pour « déterritorialisation« , pan sur les doigts, ça m’apprendra à frimer avec des mots de plus de quatre syllabes). Le dessin, comme le bricolage et toutes les activités manuelles, nous reconnectent au monde réel. Ils nous libèrent de la molle tyrannie du « monstre doux« , car le moindre trait, même le plus malhabile, signe l’affirmation d’un acte unique posé dans l’espace de la feuille : quand je dessine, je ne consomme pas, je suis.

PEINTURE : …la peinture  avec Jean-Michel Basquiat (Basquiat, le sacre de la couleur), suivi de Jérôme Bosch, dont j’ai tant aimé voir la Tentation de Saint Antoine à Lisbonne. Le voisinage me ravit, puisque je vois de fortes affinités entre ces deux peintres qui ont eu le courage d’explorer les cauchemars de leurs époques respectives – et les leurs.  Bosch et Basquiat : cela mériterait d’y revenir une autre fois, dans un prochain article. Loin derrière, le caniche pour milliardaires Murakami, amusant la galerie des glaces (me rappeler, en 2011, de parler de l’autre Murakami, celui de Kafka sur le rivage).

ECRITURE … Ce blog est né d’un défi : celui d’écrire tous les jours pendant l’été, puis de publier. Résister à la tentation du silence, à l’injonction mollifiante « à quoi bon, tout a déjà été dit ». Saluons ici les auteurs  de Mille Plateaux Deleuze et Guattari, mais aussi Valère Novarina, Racine (et Phèdre au labyrinthe), Proust qui nous aura vu courir sur les petites routes sarthoises;  mentionnons l’auteur fin de cycle, Houellebecq, mais surtout Cynthia Fleury (la fin du courage), Rafaele Simone (le monstre doux, le monstre doux, le monstre doux qui vous hypnotise avec sa voix de velours), François Cheng, et Stephan Zweig. Dès le départ, ce blog est né avec l’idée d’utiliser toutes les possibilités du lien html et ses ramifications infinies. Lier, c’est offrir un outil pour créer du sens. Opposer, juxtaposer : avec Edgard Morin, résister à la tentation de simplifier le millefeuilles du réel, de nos émotions, et ce qui nous lie.

EMPATHIE… l’empathie, (« l’empathie n’est pas une maladie », objet de nombreuses recherches sur Google), Antonio Damasio, qui nous mène au coaching avec Alain Cayrol et Nicole de Chancey; mais ni l’amour ni la tendresse ne vont ont menés jusqu’à ce blog; Pudeur ou désintérêt? On en parlera plus en 2011 car je pense, avec Luc Ferry, que l’amour est l’une des forces qui contribueront à structurer notre culture commune au 21ème siècle, en plus d’être une valeur profondément démocratique.

Vous vous êtes aussi demandé s’il y avait des mouettes dans la Sarthe (réponse : oui, et d’autres animaux voyageurs),

Vous avez interrogé Google sur le butô, sur Lisbonne et sur les Philippines, sur la Sarthe et sur l’île de Ré, sur David Pini, et nous avons parfois eu de beaux échanges sur l’un ou l’autre de ces sujets.

On explore ici les relations compliquées entre les mots et l’image, en cherchant le chemin d’une forme d’authenticité dans l’expérience. Et si l’on échoue, eh bien, on s’efforcera d’échouer toujours mieux. L’important est de faire sa part, comme dit le petit colibiri.

A bientôt, avec tendresse, espièglerie et curiosité pour la nouvelle année. Meilleurs voeux!