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Saison de l’écoute


Mais que c’est beau, l’automne. Cette année peut-être encore plus. Ecouter comme on respire, comme on boit. Il y a de la poésie dans l’air. Ce matin le vent venu de la Normandie jette une pluie de feuilles jaunes à travers la rue soudain calme, enrichie de tout cet or. Je jurerais sentir une odeur de pommes.

BuencaRmino

Au départ, la cendre et le cri
On n’y coupe pas, le frémissement contenu
Les arbres nus comme des bronches
Pour capturer le bleu du ciel

La cascade  sous l’écorce
Et la floraison tremble :
Toute une fourmilière
Courant sur les branches
Une chanson mûrissant
Jusqu’à la plénitude du fruit

Le vieil or tombe en octobre
Avec un bruit blet
On cherche alors le goût
De la sève, on l’a
Sur le bout de la langue,
Et puis trois petites pommes rouges qu’on interroge
Une idée perce

Après, tout recommence


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Ceci n’est pas du story telling


Ça valait le coup de repeindre le placard, finalement


A l’ami qui demandait « où ça va », répondre : ici, pas de story-telling, rien qu’un récit décousu, non-histoire. Ca ne va nulle part : c’est.
L’été, c’est ce qui nous arrive, une saison, juxtaposition de présents désarticulés que rien ne lie entre eux mais que l’on partage. Jour de pluie, promenade au soleil à travers la campagne, en vélo, une bonne blague.

Bonheur de savoir que le souvenir de la micheline Tuffé-Prévelles existe aussi dans l’enfance d’un autre. Le vent du sud étirait son cri d’animal mécanique, étrange et lointain, et cela voulait dire qu’il ferait beau. Cela nous appartient dès lors que l’on y plonge. Ici, je suis comme on respire, et ce que je respire aujourd’hui, c’est l’odeur des pommes. La magie, ce serait de pouvoir, comme Prospero, la croquer, et recrachant les pépins d’en faire naître des pays, des îles. (The Tempest).

L’été s’en est allé, voici l’automne et le retour du temps qui s’en va quelquepart. On voudrait se glisser dans le pli, tenir à distance hier et demain, les remettre à leur place.

Et puis, demain, raconter la même histoire autrement.
A croquer, disait -elle, et je crois qu'elle parlait des pommes