Une arrière-saison combative et drôle


Allez, je m’en doute bien qu’elle ne vous dit rien qui vaille, cette rentrée qui se faufile, doucereuse, hypocrite, sur la queue d’un été finissant avant même d’avoir commencé. Vous vous sentez floués, grugés par les promesses de dopamine et d’azur non tenues, ou trop légères pour véritablement tenir au corps. Ce sont des bénéfices trop vite évaporés, de trop menus plaisirs menaçant de tourner à l’aigre. Et pourtant, cette rentrée, à moi, elle me donne une faim d’ogre.

Par esprit de contradiction, bien sûr, mais pas seulement.

J’ai pour ma part de très belles raisons de chérir le mois de septembre. Dans la lumière dorée du Luxembourg, où passe parfois l’éclair d’un écureuil, j’ai caché des graines de souvenirs. Je les cultive en jardinier gourmand, sans une once de nostalgie. Plus loin, la rue Vavin remonte vers le boulevard Montparnasse où de modernes alchimistes s’entrainent à reprogrammer le vieux plomb, pour en faire de l’or. La formule est connue : corps, langage, mémoire. Car nous avons de l’or entre les mains, des roses fraîches dans le cœur, aux lèvres un goût d’épices. J’aime aussi l’air frais des matins vivaces : il y a parfois dans ces arrière-saisons des recommencements qui flamboient, de glorieux hasards, des surprises à l’éclat de diamant. Mais ce sont des diamants qu’il faut tailler pour qu’ils brillent, ils ne sont pas donnés. Ces étincelles qui se rallument avec l’ardeur d’une seconde chance, il faut en saisir la magie, tout de suite, et s’accrocher. Sachons allumer ces mèches prometteuses. Ne craignons pas de dynamiter la morosité qui s’installe : ce n’est jamais qu’un nouveau conformisme, à retourner comme un vieux gant. Soyons le départ du fou-rire dans une assemblée de notaires.

Pour aujourd’hui, je n’en dirai pas plus.

PS : ne ratez pas la série que publie en ce moment le Monde sur Plonk et Replonk, les graphistes suisses à l’humour délicieusement loufoque (lien ici).  Ils détournent des images quasi-vraies, ou les recomposent pour créer des bijoux hilarants. Parmi leurs carte postales décapantes : « le percement de l’arc de Triomphe » ou la « famille de cosmonautes » (lien ici) qui prennent la pose, en scaphandres ajustés à leur taille et à leurs costumes 1900. Il ne tient qu’à nous d faire, de chaque instant, une Belle Epoque.

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Une réponse à “Une arrière-saison combative et drôle

  1. Bravo pour le ressenti !
    Je crains également que ce soit le retour de toutes les vacances qui soit comme cela. Avec cette année particulièrement, la météo de ce qui devait être l’été, la situation économico-politique de notre pays, à se mettre sous terre, bref, malgré le repos, le moral en berne.
    Il va falloir s’injecter du rose dans les veines à haute dose pour faire front à notre avenir !
    Rose est mon nom sera un bon début.
    Bonne rentrée à tous
    R

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