Archives de Tag: Frans-de-waal

De l’âge de l’empathie à la grande apathie


De l’âge de l’empathie à la grande apathie ?

Participer au « monde connecté » n’interdit pas de prendre un peu de recul vis-à-vis de certaines attitudes, comme nous le rappelle fort à propos l’auteur du blog « reflets.info » dans son article :
« La fin de l’empathie : critique de l’esprit connecté et de l’esprit du temps »
« Le système économique (et par ricochet, politique) en place n’a rien à craindre : l’esprit geek consumériste a envahi les esprits d’une classe moyenne ultra connectée, prête à payer plus de la moitié d’un smic pour « penser différemment » (sic) à l’aide d’un téléphone dix à cinquante mille fois plus puissant que les ordinateurs qui ont envoyé les hommes sur la lune et permet d’afficher ses préférences. Une classe moyenne qui n’a plus d’autre objectif que d’échapper au monde réel et ne ressent, pour sa plus grande part, aucune empathie. Le monde réel serait-il si difficile qu’on veuille le fuir à ce point ? » (Lire l’ensemble de l’article, réflexion pertinente quoiqu’un peu désabusée).
Par souci d’équilibre, ou « pour prendre un peu de recul sur le recul », ou tout simplement pour ne pas sombrer dans le désespoir, rappelons que l’empathie est un trait commun à tous les mammifères, profondément inscrite dans leurs gènes, et qui se manifeste notamment par l’action des neurones miroirs. Ce phénomène a été décrit par Frans de Waal dans son livre « L’âge de l’empathie« . Ce ne sont pas quelques clics de souris, de tablette ou de smartphone qui les amèneront à disparaître. Comme le rappelle la quatrième de couverture : « sommes-nous sur terre, comme on l’affirme si souvent, dans le seul but de servir notre propre survie et nos intérêts personnels ? Dans ce livre stimulant, Frans de Waal remet magistralement en cause le comportement égoïste et l’esprit de compétition souvent présentés comme conformes aux théories de l’évolution mais en réalité bien moins naturels que le don d’empathie, qui n’est pas l’apanage exclusif des humains. (…) L’Age de l‘empathie ouvre des perspectives passionnantes sur la nécessaire solidarité dans nos sociétés ».
La question de meure posée. Selon Frans de Waal, nous serions la seule espèce capable de déconnecter le câble et de nous détourner ce qui faisait tout notre charme parmi la vaste famille des mammifères. C’est l’autoroute de l’évolution prise à contre-sens : l’âge de l’apathie après celui de l’empathie ?

Pour Margotte http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/Force-interieure-trouver-le-courage-en-nous

Publicités

l’empathie n’est pas une maladie


L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

 

 

le Bulul, gardien des rizières

L’empathie désigne notre capacité à ressentir avec l’autre,  ce qui ne signifie pas se laisser envahir par ses émotions. Or, tous les bons coachs vous le diront, pour être en mesure d’aider, il faut d’abord savoir préserver son intégrité, poser ses limites, protéger son territoire. La bienveillance trouve ainsi son point d’équilibre.

1. Une sagesse mise en pratique par les Ifugao, peuple du nord des Philippines qui ont construit et continuent d’entretenir les rizières en terrasse depuis 2000 ans. Ces montagnards farouchement indépendants ont pour coutume d’installer des statues en bois, nommées bululs, à l’angle des rizières, autant pour les protéger que pour les délimiter. Bienveillance et vigilance vont de pair. Les Philippins, connus pour leur grande hospitalité, n’en posent pas moins des règles. De même, l’empathie ne signifie pas renoncer à son intégrité, mais se décentrer juste suffisamment pour ressentir avec l’autre. Protégeons nos rizières tout en restant à l’écoute.

2. « L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

3. L’émotion, source de la conscience : lire cet entretien avec le neurobiologiste portugais Antonio Damasio dans la Recherche. Si même les paramécies ressentent des émotions, il va falloir sérieusement revoir notre conception de nos relations avec l’univers du vivant.

Extrait : Antonio Damasio : « Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. » Cela est valable pour la paramécie comme pour l’homme et, chez l’homme, pour une cellule comme pour l’organisme entier. En termes modernes, c’est aussi dire que toutes les dispositions de nos circuits cérébraux sont, sauf accident, programmées pour rechercher à la fois la survie et le bien-être. »

Banaue rice terrasses by Mark Maranga

On se sent moins mesquin, du haut des splendides rizières en terrasse de Banaue.