Archives de Catégorie: Bonheur

Puissance de la joie


La puissance de la joie, de Frédéric ‪‎Lenoir, est un beau cadeau de l’auteur à son public. Un présent qu’il faut offrir à tous ceux que vous aimez, et pourquoi pas même à des inconnus pour le simple plaisir de voir se répandre autour de soi cette émotion si simple et si forte, « plus profonde que le plaisir, plus concrète que le bonheur ».

On entend déjà les professionnels du doute siffler, de leur petite voix aigrie : n’est-il pas un peu futile d’écrire sur un tel sujet, en ces temps sombres où chacun s’inquiète pour son emploi, pour sa sécurité ou celle de ses proches ? N’est-ce pas une forme de distraction, voire de manipulation, de la poudre rose pour faire oublier les tensions du moment?

Eh bien non, tout au contraire.  Face à tous ceux qui ne cessent de répéter « on n’est pas au pays des bisounours » pour justifier leur cynisme et leur consentement à la résignation ambiante, ce livre apporte des réponses pratiques, accessibles à tous. Il donne envie d’y croire, avec  des arguments convaincants, et c’est l’un de ses plus grands bienfaits. De nombreuses études médicales l’ont démontré : la joie est bonne pour la santé. Mais ce n’est pas tout. Il y a quelque chose de profondément libérateur dans cette simple affirmation que la joie peut se cultiver, s’entretenir. En changeant notre regard sur la vie, sur nos comportements, nous pouvons préparer le terrain pour accueillir la joie et l’inviter à s’installer durablement. Lire la suite

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Beach Boys et Mozart 1, psychopathes zéro


Il y a eu la Flûte Enchantée de Mozart à la Bastille, magnifiquement servie par une mise en scène de Robert Carsen qui (n’en déplaise à ceux qui préfèrent la sophistication à l’humilité)   redonne toute sa transparence à l’oeuvre et par des chanteurs-acteurs pétillants de vie (voir ici Flûte enchantée  et Flûte enchantée Robert Carsen). La profondeur et la plus grande légèreté s’allient pour triompher des forces obscures, le propos de Mozart retrouve toute sa limpidité, le pardon dissout les appétits de vengeance et l’on se sent, oui, plus propre, réconcilié avec la notion même d’espoir. Les Lumières sont bien le plus bel héritage de l’Europe, et la musique st aujourd’hui le meilleur moyen de faire passer ce message.

Plus accessible et tout aussi savoureux, si vous voulez de bonnes vibrations pour l’été :  Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson, compositeur phare des Beach Boys. Un film de Bill Pohlad avec Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks, à voir (et à entendre) absolument. Un talent massacré, mais qui ressort, éclatant (de justesse, et pas indemne), après un traitement effroyable entre les mains d’un charlatan psychopathe bien plus gravement atteint que son patient. On savait qu’il y avait des médecins dangereux et intéressés depuis le médecin de Michael Jackson, à vrai dire on aurait dû le savoir depuis testament du docteur Mabuse de Fritz lang (1932).

Elizabeth Banks incarne avec beaucoup de justesse la conviction, la détermination, l’amour et la joie de vivre qui pétillent dans la musique des Beach Boys. Et dire qu’on a pu la dénigrer comme outrageusement commerciale, alors que les harmonies sont d’une subtilité somptueuse. La joie, la vitalité explosent, c’est exactement ce qu’il nous faut en cette époque sinistre. Avec une bonne dose de persévérance pour ne pas nous laisser contaminer par ceux qui croient encore que la tristesse seule est marque d’intelligence.

On peut détruire des monuments, égorger des vivants, réduire des populations à la pauvreté abjecte, les étrangler, les contraindre à l’exil, mais la musique demeure, accessible à qui veut bien se laisser toucher. De la poésie pure.

Bel été à toutes et à tous.

Liberté sans mesure


J’ai tellement aimé ce billet de mon ami JB Plantin (voir son blog : le petit JB le petit JB) que je le reproduis ici intégralement :

« Je n’indique plus combien je nage. Je n’indique plus combien je cours. Plus de runtastic, plus de musique branchée dans les oreilles. On passe notre temps à se mesurer : le temps, les calories, la vitesse – de pointe, en moyenne, le dénivelé…Etc. On s’enregistre, on se moyennise, on s’histographe.

On doit mesurer et exposer nos performances. Il nous faut optimiser le temps qu’il ne faut pas perdre et se lancer des défis à soi-même qu’on s’empresse de partager avec les autres. Il faut être efficace. Efficient. Je me chronomètre, donc je suis. Je me rythme au son de la musique. Quel glissement et quel perte de sens depuis le « connais toi toi-même » de Socrate, en passant par le « je pense donc je suis » de Descartes.

Finalement, je me suis rendu compte qu’on se perdait. On n’est plus dans l’effort pour prendre soin de soi. On n’est plus avec soi. Perturbé par la musique et les indications chronométriques, on ne libère plus son cerveau qui ne se relâche plus pour pouvoir mieux se débrider. C’est probablement un signe des temps que de vouloir se mesurer en permanence pour se prouver qu’on existe, alors qu’on ne fait que s’abrutir. Le paradoxe est que notre époque fait la promotion des retraites dans les monastères ou autres temples, ou encore les séjours en Cure.

C’est dans le silence qu’on se retrouve. C’est peut-être ça qui effraie. Le silence est perturbant et souvent effrayant, au début, mais c’est la fondation qui permet de se reconstruire en profondeur pour mieux se libérer. Débrancher… »

Merci JB,  Czicksentmihaly, dans Vivre, évoquait déjà le flux jubilatoire ressenti lorsque nous vivons une expérience optimale, hors de toute mesure et de tout sentiment du temps qui s’écoule.

A lire également le dossier du Point cette semaine sur la concentration : http://www.lepoint.fr/societe/la-concentration-d-un-pilote-de-chasse-06-06-2015-1934147_23.php, et bien sûr aussi le live d’Hartmut Rosa sur notre rapport au temps.

L’estime de soi en images


Et voici une « carte mentale » réalisée avec le logiciel XMind6, la version complète peut être téléchargée sur Biggerplate : lien ici.

Il faut cliquer dessus pour l’agrandir, sinon elle est peu lisible, donc je résume : évitez les cactus, les scuds moêllleux, diamants noirs, et autres losers contagieux, préférez-leur la fréquentation des dauphins, des aigles, des équilibrants et des bâtisseurs, donnez-vous des défis réalisables et qui vous donneront fierté et satisfaction, et surtout, surtout, surtout, restez CONCRETS! Un clou planté dans le mur vaut mieux que deux étagères en l’air.

Autres conseils à développer plus tard : connaître et respecter ses besoins et ses valeurs. Si vous ne les respectez pas vous-même, qui d’autre le fera?

A noter aussi la différence entre l’estime de soi et la confiance en soi. on peut s’estimer tel qu’on est, avec ses imperfections, tandis que la confiance en soi renvoie à notre croyance dans notre capacité à agir, à nous faire aimer. L’estime de soi, c’est se dire que l’on mérite d’être aimé, même si on ne sait pas comment s’y prendre.

Vivez bien entouré

Noël au balcon


Le 27 décembre 2014

Noël, saison du cocooning. Ce mot-couette, enveloppant, moelleux, nous invite à rester bien au chaud parmi nos proches, entourés de leur affection. Egoïsme ? Tentation du repli, de l’entre-soi ? Peut-être. Mais il est toujours légitime de veiller à satisfaire ses besoins. Prendre soin de soi. Faire des provisions de force. Emmagasiner des réserves d’énergie, de courage et d’optimisme pour être capables de faire face aux défis de l’existence. Pour beaucoup l’année fut mauvaise, abrasive, emportant des morceaux de cœur et de peau.  D’autres ont laissé l’appréhension du futur dévorer  leur présent, comme une île de sable au milieu d’un fleuve en crue, le courant destructeur rongeant les berges où des arbres chétifs exhibent leurs racines à nu. On les croise dans la rue, dans le métro, au supermarché, refermés sur leur méfiance, hébétés, meurtris, lessivés.  Leur mauvais cœur déborde, la méchanceté leur retrousse les babines, et voilà l’origine du loup-garou scientifiquement prouvée.

Il y a ceux qui s’en sortent, et qui s’estiment chanceux, mais combien de temps dure la chance ? Ceux-là serrent leurs cadeaux dans des sacs anodins, sans indication de marque, et rentrent vite, rasant les murs à pas pressés.

D’autres enfin trouvent le juste équilibre.

Sur leur balcon aménagé en jardin, mes voisins d’en face ont disposé des guirlandes et des éléments de décor argentés ou dorés qui luisent dans l’obscurité, de l’autre côté de la rue. Quand je rentre chez moi, en fin d’après-midi, je leur suis reconnaissant pour ce rayonnement lumineux qui traverse l’obscurité de l’appartement et m’accueille avec son message de bienvenue chaleureux, bienveillant, clignotant et discret. Quelle que soit l’intention, je le reçois comme un acte de bon voisinage. Je leur rendrais volontiers la pareille, accrochant guirlandes et décorations au petit bout de fer forgé qui prolonge ma fenêtre, si je ne craignais qu’elles ne tombent sur des passants comptant parmi leurs relations des avocats aussi pugnaces que mes amies Victoria Davidova et Virginie Langlet, (publicité gratuite et méritée).

Ainsi prendre soin de soi, de ses besoins, ne signifie pas nécessairement fermer sa porte à l’Autre. Le centrage n’implique pas l’exclusion. C’est ce que j’appelle le « centrage-ouvert ». Je crois même que le centrage permet l’ouverture dans l’équilibre et l’harmonie, à l’image de mes voisins qui donnent l’impression de former une famille heureuse, unie,  tout en nous régalant de lumière, moi et tous les habitants du dernier étage en face de chez eux.

Guirlandes ou soleil, l’important c’est d’entretenir la flamme. D’allumer les réverbères. Telle est la consigne, et la consigne, c’est la consigne.

La semaine dernière, dans une librairie de Saint Malo tenue par un très, très vieux libraire avec du poil blanc lui sortant des oreilles, je tombe sur un exemplaire du Petit Prince (voir chronique précédente). Je croyais me souvenir de l’histoire, mas j’avais oublié le livre avec son papier au grammage épais et ses aquarelles « de l’auteur », aux couleurs tendres et si fraîches. Douceur de l’objet. Puissance du message.

Joyeuses fêtes à toutes et à tous.

Robert

« Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
O toi, tous mes plaisirs, ô toi, tous mes devoirs
Tu te rappelleras la beauté des caresses,La douceur du foyer, et le charme des soirs
Les soirs illuminés par l’ardeur du charbon
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses
Que ton sein m’était doux, que ton cœur était bon
Nous aurons dit souvent d’impérissables choses »

Baudelaire, au Balcon

 

 

Mes amis m’ont prêté des livres


Un jour où j’avais du chagrin, mes amis m’ont prêté des livres. Des livres en papier, avec une couverture et des pages à toucher, que l’on feuillette ensemble en cherchant ses passages favoris pour se les lire, les commenter longuement, les savourer à deux. Il y en a toute une pile à côté de mon lit. Des romans, des essais, de la poésie, des livres sur l’art. Les uns sont neufs, je n’ai pu résister à la tentation de les acquérir alors même que j’avais largement de quoi m’occuper. Les autres sont plus anciens, bombés, avec des coins légèrement cornés, des couvertures où s’imprime la trace des doigts qui les ont tenues.  Ceux-là s’enrichissent de lecture en lecture, ils portent en eux la mémoire de lecteurs et de lectrices attentives qui les ont incorporés dans la trame de leur vie.

De Le Clézio, Tempêtes évoque un coin d’Asie où la mer, les rochers et les hommes s’entrechoquent brutalement. L’amie qui me l’a prêté partage avec moi ce goût de l’Orient où vécut sa famille.  Elle me fournit régulièrement de la très bonne came-à-lire (à moi seul tous les personnages, de John Irving), et comme nous avons le même sens de l’humour c’est à chaque fois un plaisir redoublé.

Un autre roman, dont j’oublie le titre et l’auteur (!),  commence par une procession de femmes dans le nord du Vietnam : elles s’enfoncent loin dans la forêt pour y chercher du miel, renoncent à cause d’une averse, on sent la chaleur tropicale, la touffeur de la jungle et la peur des serpents, mais le roman me tombe des mains. Trop d’Asie tue l’Asie. J’enchaîne avec des essais : Cyrulnik, « de chair et d’âme », Jean-Claude Ameisen, « sur les épaules de Darwin », Frédéric Lenoir, « la guérison du monde », avant d’aller chercher mon miel dans « Le Royaume », d’Emmanuel Carrère (ce sera ma prochaine chronique). Pardon pour l’énumération en chaîne, limite « name dropping », ça fait un peu B52 larguant ses bombes au-dessus des forêts du Laos,  mais mon propos n’est pas aujourd’hui de parler du contenu. Mon sujet du jour, ce sont les lectrices et les lecteurs. Et puis, on m’attend pour peindre un plafond. (Le bricolage, toutes formes de travail manuel, peindre ou poncer, idéal aussi pour guérir).

Prêter des livres est une manière qu’ont trouvé les humains de prodiguer de l’affection, de témoigner sa solidarité à ceux qui en ont besoin. C’est leur manière de contribuer au processus de guérison, comme on dirait : « tiens, prends des vitamines », ou « et si tu te remettais au sport » ? Tous ces conseils sont excellents, mais les livres offrent quelque chose de plus, quelque chose d’inestimable : ils sont comme les ambassadeurs de ceux qui nous les ont prêtés, dévoilant, par le choix des titres et des auteurs, quelque chose de leur intimité.

Et ca, c’est de la gelée royale.

Méditation d’amour et de lien


En ce jour où l’on commémore les horreurs de la première guerre mondiale, j’ai plaisir à vous proposer, avec Christophe André, une Méditation d’amour et de lien. Le livre-CD « Méditer jour après jour » propose une série d’exercices très accessibles. Ceux qui avaient découvert la méditation en pleine conscience avec « méditer pour ne plus déprimer », apprécieront les nouveaux exercices sur des thèmes variés.

http://livre.fnac.com/a3531890/Christophe-Andre-Mediter-jour-apres-jour

Précisons, s’il était encore nécessaire, que la méditation, tout comme le coaching, n’est pas réservée à « ceux qui vont mal », mais à tous ceux qui désirent « aller encore mieux ». Pratiquer, s’entraîner à la bienveillance envers les autres, envers soi-même, envers le monde qui nous entoure, ne peut faire que du bien.

Je vous souhaite un 11 novembre sous le signe de l’amour, de l’affection, du lien et de l’harmonie.

Avec une pensée toute particulière pour mon ami Pierre T, qu’il se porte bien.

Léman Montreux 5