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Le pays du bonheur solide


Dans ses exercices de méditation, Christophe André nous invite à « ressentir la posture de notre corps, assis bien droit, pareil à une montagne pleine de dignité ».

Métaphore puissante, la montagne associe à la stabilité de la conscience, qu’elle nous aide à renforcer, une notion de dignité valorisante et motivante. L’objectif est toujours de nous entraîner à ressentir « ce qui est déjà là », tout en laissant se développer un sentiment de pouvoir calme et rassurant. C’est un terrain solide où nous pouvons ancrer nos résolutions les plus ambitieuses, tandis que les nuages de nos idées passent et s’effilochent. On pense au vers d’Apollinaire, dans le Pont Mirabeau : « vienne la nuit, sonne l’heure, les jours s’en vont, je demeure ».

Et la montagne, aussi, demeure.

Justement, les montagnes pleines de dignité ce n’est pas ça qui manque en Suisse, pays champion du bonheur (ou du bien-être?) lien ici , en troisième position derrière le Danemark et la Norvège.

« Quels sont les critères de ce sondage réalisé sur 156 pays entre 2010 et 2012? » s’interroge le journal 24 Heures. Réponse :  » ’emploi, la liberté d’opinion et politique, l’absence de corruption, le soutien social ou encore la bonne santé mentale et physique. »

Dans ce pays où les rochers ont des formes de Toblerone, un étranger ne manquera pas de proposer quelques critères supplémentaires, et particulièrement le sens de la sécurité que procure le fait de vivre dans un environnement stable, au propre comme au figuré.

Courir en forêt, ou le long des coteaux Suisses, sur les flancs du Jura surplombant le Léman, multiplie les occasions d’apercevoir des sommets enneigés, loin par-delà les eaux du lac, tandis que les odeurs de foin coupé, d’herbes fraîches ou de feuilles chatouillent agréablement les narines.

Et même par temps maussade, on sait qu’il y a, derrière les nuages, quelque chose d’inaltérable et d’éminemment solide, à portée d’esprit, comme un bon gros carré de chocolat noir posé sur une épaisse tartine de pain.

Signalons en conclusion dl’excellent supplément culturel du journal le Temps qui publie les résultats d’une toute récente étude sur le bonheur, lien ici.

Et si vous cherchez une musique inspirante à écouter en courant – ou en marchant, ou en ne faisant rien – je vous propose Lili of the valley, de la bande-son du film « Pina » de Wim Wenders, dédié à la grande chorégraphe allemande.

Lien ici

 

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Au Luxembourg


Au jardin du Luxembourg, le temps se dépose en couches successives que perce un coeur joyeux, ignorant de tout ce qui n’est pas son bonheur. Hier, ayer, ailleurs n’est rien. Demain passe comme une ombre, no es nada, revoici le ciel bleu. On est au coeur du monde. Il faut se faire un coeur de lion pour dévorer le jour, saluer la dignité des reines. On cherche en vain la statue de Pina Bausch, elle aurait toute sa place ici, face au soleil, sur la terrasse, et ses danseurs déployés autour du bassin défileraient avec les saisons. Que d’amour dans leurs yeux, leurs visages, les mots et puis surtout les corps. Danser la vie. Baila, Pina, baila, sonst sind wir verloren. Danse, ou nous sommes perdus. Le centre du monde est ici, bien caché. Tenir la main donnée. Capturer cela pour toujours, et le reste est nuages.

(Réponse de la PNL à Deleuze: le contraire de la déterritorialisation, c’est l’ancrage.)

Somptueuse


Ce soir la lumière est somptueuse a dit ma mère. Dans ce mot, le moelleux de l’air, la blondeur du sable de la terrasse et du crépi, l’ample mouvement de la brise enveloppant la terrasse comme une chevelure balayant les épaules d’une femme, la tiédeur du soir et quelque chose d’un peu solennel, comme une trace de la musique au son de laquelle dansèrent les anciens habitants. On pense au décor d’une pièce de théâtre ou d’une fête. L’été dans toute sa gloire.