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Croquis de nus


Sans  le « ah » de la pose, le dessin ne serait qu’un échafaudage,  un mikado de traits juxtaposés sur le papier. Qu’on en tire un, tout s’écroule.

Lorsqu’elle évolue dans l’espace, ses pieds ancrés dans le sol en une posture asymétrique, son buste allant chercher la torsion maximale tandis  que sa nuque ploie, il arrive que les dessinateurs se perdent, absorbés dans la poésie de Sophie. Leur main plane au-dessus du papier, saisie  par la grâce.

D’autres fois, l’humilité du modèle palpite en creux, c’est un petit quelque chose qui semblerait s’excuser d’être là, au centre de l’attention, et qui continue de vibrer longtemps après qu’on a retourné le carnet de croquis contre un mur. Filet de voix, filet d’être.

D’autres fois encore c’est l’angle d’un pied, cocasse, impossible, irritant, qu’un trait rageur vient clore.
 

Pour qu’un vrai dessin naisse, il faut la magie d’une rencontre entre ces  deux choses rares : la proposition du modèle, habitée, vivante, et le regard du dessinateur, libéré de toute forme, happé, disponible.  Il faut la complicité, la tendresse, l’audace. il faut qu’un risque soit pris par amour des lignes.  

En somme, il faut que le corps et le regard soient également nus.Image  Lire la suite

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le corps c’est la vie


Croquis, craquants, croqués?

Atelier de modèle nu d’Aracanthe, mercredi soir. Morphologie, plis, graisse, tensions, verticalité. Point d’appui, ce qui fait tenir debout le corps des hommes, celui des femmes, devenir-deve-nu. Comment devient-on ce corps-là? D’où vient-il? Comment lui rendre justice, avec tout le respect dû?

Persévérer, dit Marion. Solidarité d’atelier. On s’accroche. Deux minutes, c’est trop court pour saisir les ombres et le modelé, alors on dessine une femme-tronc, une moitié d’homme. Les deux minutes de pose sont un défi pour le débutant qui se perd en détails inutiles, et la frustration s’accumule. Le plaisir ne vient qu’après, de retour chez soi, au moment de reprendre et de travailler la couleur, les contrastes. Mettre de la vitesse, de la matière. « La joie venait toujours après la peine ». (Guillaume Apollinaire, le pont Mirabeau). On voudrait sentir un progrès, quitte à donner parfois dans une certaine forme de niaiserie complaisante : le raccourci d’un pied, d’une main, juste pour la vanité de se dire qu’on peut le faire. En réalité, ce qui compte, c’est de rencontrer sa limite. Arrêtons de nous raconter des histoires : on est là pour casser le scaphandre et s’écorcher la peau. Sans cela, comment repousserait-elle, la peau neuve? Rater, gratter, passage obligatoire, et tant mieux si la blessure s’infecte. Le vrai renouveau, écrit Guy Corneau, se présente souvent sous un masque inquiétant.

Premiers croquis


Les outils du dessin. Pour commencer, le trait suffit. Poser du noir, accentuer les contrastes. Une forme naît, puis le regard s’éveille, la critique intervient. Le plaisir n’est pas toujours là. Persévérer, dit Marion. Se défaire des automatismes, oublier, voir. Un jour, on se surprend. Des « ptits croqs » de novembre à ceux d’avril, une longue saison s’étire, un commencement d’apprentissage. Apprivoiser le corps, la lenteur. Dessiner, c’est d’abord écouter avec les yeux. Se mettre à l’école de la bienveillance. Aimer.

« Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses »

« Oh, ne les faites pas lever! »

 

(ceux qui mettent de la poésie dans les discours)

« Parce que vous avez certainement manqué un épisode »

« C’est bien peu de choses, finalement, les relations humaines »

(Un Goncourt sinon rien)

 

 

 

 

 

 

Grand week-end, petits croquis


Soleil je viens te voir pour la première fois


1. Soleil de noël, brillant avec ses couleurs de fourrure
Et la douceur des joues
L’enfance émerveillée
Dans la neige et les cris
Le bleu qui fuse on a perdu l’amour on a
Perdu le courage et les mains jointes
Forment un bol
Au moment de l’offrande

 

 

 

2. Tu demandes à Google : y a t’il des mouettes dans la Sarthe? Et Google te répond. Google te mène au pays des conteurs qui d’un petit croquis font toute une histoire. Et toi? Que dessines-tu, dans les profondeurs ouatées de l’hiver?