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L’estime de soi ou comment se protéger des cactus et autres scuds moëlleux


L’estime de soi ou le pouvoir de faire.

Il a  quelques mois, mon amie journaliste Isabelle Louet m’a posé quelques questions sur l’estime de soi, pour un article destiné à Modes et Travaux. Sujet : l’estime de soi, conseils pratiques, avec des exemples concrets. Le journal qui donne à ses lectrices le pouvoir de faire.

J’étais assez heureux d’être interviewé par Isabelle sur ce sujet, et sous cet angle, car en tant que coach ce qui m’intéresse c’est précisément la pratique, les solutions, le « comment » plutôt que le  « pourquoi ». Depuis cette interview en janvier dernier, j’ai eu l’occasion d’y revenir avec des coachs en formation auprès de l’Institut de Coaching International que je supervise lors de webinars hebdomadaires riches et très stimulants.  Pour les personnes qui souhaitent approfondir leur connaissance du sujet, je suggère l’excellent livre de Christophe André (L’estime de soi, Christophe André et François Lelord, chez Odlie Jacob, lien ici). Lire également le merveilleux « Vivre », de Mihaly Csickszentmihaly, un trésor accessible à chacun, facile à lire et à mettre en pratique.

Je reviens donc ici sur un certain nombre de « trucs et astuces » abordés lors cette interview, en janvier dernier, ou lors des webinars. L’un des premiers conseils consiste à veiller à la qualité de notre entourage. Certaines personnes, dans notre famille, parmi nos amis ou nos collègues, peuvent avoir une influence déplorable sur notre estime de soi. Première catégorie : les cactus. A coups de petites phrases assassines ou de silences-qui-en-disent-long, elles  ne cessent de dénigrer nos goûts, nos succès, de souligner nos défauts, de nous culpabiliser. Comment se libérer de ces influences négatives ?  La première chose à faire, c’est de les repérer. Ce qui compte ici, ce n’est pas l’intention, mais le résultat. Apprenons à distinguer la personne, que nous pouvons apprécier, de ses comportements, surtout lorsqu’ils ne nous font pas du bien. Le cactus n’a pas nécessairement l’intention de vous blesser, mais ses aiguilles sont terriblement effilées et parfois vénéneuses. Apprenez à vous en protéger. Les symptômes sont faciles à repérer : si, chaque fois que votre belle-soeur ou votre collègue (celle que vous admirez, qui paraît tellement sûre d’elle, à qui le doute fait l’effet d’une goutte de pluie sur une feuille de caoutchouc) évoque votre tenue vestimentaire ou votre apparence physique, vous ressentez pincement à l’estomac : comptez un point.  Si la situation persiste et que les symptômes se répètent, il se peut que vous accordiez beaucoup trop d’importance à l’opinion de cette personne. Puisque vous ne changerez pas la nature piquante des cactus, le mieux est de mettre un peu de distance entre leurs aiguilles et votre peau. Relativisez, sans agressivité : « Tu n’aimes pas ma nouvelle coiffure ?  Ce n’est pas grave, on s’habitue à la nouveauté, tu verras ».

Deuxième catégorie : les scuds moëlleux. Ces personnes, animées par une intention protectrice tout à fait louable en apparence, nous découragent de nous lancer dans des projets qui pourraient justement renforcer notre estime de soi. Un haussement d’épaules ou de sourcil, une moue dubitative de leur part suffisent à torpiller tout notre courage et nous revenons à la case départ, le projet va rejoindre ses frères morts au cimetière des bonnes intentions jamais réalisées. Le scud se cache souvent sous une épaisse couche de chocolat : « tu veux changer de métier, à ton âge ? C’est ambitieux. Fais attention, je connais beaucoup de gens qui ont essayé et qui ont échoué ».  Reconnaissez tout d’abord l’intention positive de cette personne, avant de désamorcer la bombe : « c’est gentil de te préoccuper pour moi, mais j’ai l’intention de me donner tous les moyens de réussir, tu sais ».

Parfois même, il leur arrive, toujours avec les meilleures intentions du monde, de nous inviter à compromettre nos valeurs : « tu sais, tout le monde en fait autant, on ne peut pas changer le monde à soi tout seul, il faut bien faire des compromis ». Or il n’y a rien de plus dangereux pour l’estime de soi que ce genre de compromis. Connaissez vos valeurs pour pouvoir les respecter et les faire respecter. Osez dire : « c’est important pour moi, je ne veux pas mentir/écraser les autres/manipuler, sinon je me sentirais salie ». Vous verrez, la première fois, cela fait tout drôle et puis l’on s’habitue à faire respecter ses valeurs jusqu’au moment où cela devient aussi naturel que de respirer. Vous pouvez aussi détourner l’énergie bienveillante des scuds moëlleux en leur demandant des conseils pratiques pour rendre faisable ce qui leur paraît impossible. Plutôt que de vous crisper, voyez en eux un aiguillon qui vous invite à peaufiner vos arguments : prenez-le comme un jeu, et vous gagnerez leur estime en même temps que la vôtre.

Bien entendu, au moment de vous lancer dans un nouveau projet, vous vous garderez bien d’en avertir les cactus et les scuds moëlleux : il sera toujours temps de les mettre devant le fait accompli, une fois que vous aurez remporté vos premiers succès. A la place, choisissez de fréquenter des personnes encourageantes, celles dont la simple présence et le regard bienveillant renforcent votre estime de soi.

Nous appellerons ces personnes les « dauphins ». Et pour compléter le tableau, recherchez également la présence de « mentors », des « aigles » qui vous stimulent par leur exemple et leur dynamisme et vous invitent à prendre votre envol. Voici un lien vers une carte heuristique (mind map) qui représente les différentes personnes de votre entourage et leur influence, bénéfique ou toxique.

Vigilance : les grincheux ne manqueront pas  de dénigrer les paroles de vos bonnes fées/mentors et autres anges gardiens. Ils tordent le nez avant de lâcher d’un air bégueule : « oh bien sûr, pour Frédéric  tout ce que tu fais est génial, même si tu courais te jeter dans la Seine il te regarderait avec ses yeux de teckel amoureux ».  Dans ces cas-là, n’hésitez pas, sortez la tondeuse à cactus : « oui, j’ai beaucoup de chance de pouvoir compter sur Frédéric ».

Ne vous laissez pas intimider par la croyance, largement répandue, que la méchanceté constitue une preuve d’intelligence et la gentillesse un symptôme de naïveté. Demandez-vous plutôt si les personnes qui la répandent sont heureuses, et contribuent au bonheur de leur entourage.

Troisième catégorie de toxiques : les diamants noirs. Ce sont de fausses valeurs, qui brillent au loin et vous font sentir petites, moches, minables, inutiles. C’est Jacques Séguéla clamant qu’on a raté sa vie si l’on n’a pas une Rolex à cinquante ans. Ce sont les images des mannequins photoshoppées, anorexiques, à côté desquelles vous vous prenez pour un éléphant.  Il est plus difficile de se protéger contre leur influence puisque vous n’avez pas l’occasion de leur répondre et de retourner leurs flèches empoisonnées. Le mieux, face à ces messages dévalorisants, est d’y répondre avec votre définition à vous : « une vie réussie, pour moi, c’est … » en prenant soin d’y inclure la liste de tout ce qui a réellement de la valeur pour vous. Collectionnez les compliments, épinglez-les sur un tableau imaginaire, ou notez-les dans un petit carnet que vous conservez sur vous à tout moment pour pouvoir le consulter en cas de besoin. Réjouissez-vous de vos imperfections : c’est par les petites fêlures que passe la lumière (Léonard Cohen).

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Ancrage


Le coach et le dessinateur ont ceci de commun qu’ils cherchent le point d’appui. Pour le dessinateur, il s’agit d’observer attentivement la posture du modèle pour repérer la ligne de force aboutissant au point d’ancrage, sur lequel repose tout le poids du corps. De là, le regarde remonte et trouve les proportions, les angles et la tension des muscles : le corps dessiné vit. Aucune photo ne permet de saisir aussi bien que le modèle vif ce subtil équilibre : il faut ressentir le corps de l’intérieur, peser avec lui, ressentir le souffle de l’air sur sa peau nue, respirer à son rythme, avec bienveillance, pour pouvoir bien le dessiner.
Le coach écoute son client, pose des questions susceptibles de faire émerger les ressources et les capacités de la personne qui doute, hésite, s’interrompt parfois : laisser naître du silence, et du silence, une forme. Un souvenir heureux, d’anciennes réussites, une qualité que l’on se reconnaît, des proches offrant leur inconditionnel soutien. C’est une roche affleurant sous le sable, à marée descendante, et que rien n’emporte. Qui sait quelle vie grouille là-dessous ? L’important, comme pour le modèle, c’est que la vie est là.

Il y a toutefois une différence importante entre le dessinateur et le coach : tandis que le premier crée lui-même un objet, qu’il s’approprie, le second n’est que l’’outil par lequel son client dessine son projet, puis le fait exister dans le monde réel.

Photo du film Pina, de Wim Wenders (voir : « Songkhram à Wuppertal)

Les couleurs de la résilience


Sur la chaîne de l’AFPA, une interview de Stefan Vanistendael sur la résilience.

La définition qu’il en donne va bien plus loin que la résistance aux chocs : il s’agit pour un individu, une famille, une société entière, de la capacité à mobiliser toutes les ressources dont elle a besoin pour résister au stress, au changement, à l’usure. D’une voix douce et sans jargon, Stefan Vanistendael expose des idées fortes et partage son expérience sans jamais prendre une position d’expertise, mais plutôt de partage. Dans un autre article, sous le titre : « la résilience, le regard qui fait vivre« , il évoque, à propos du film Billy Eliott, « le regard d’une femme qui fait son métier, dans un contexte banal, mais qui ne recule pas devant ce qu’elle voit, qu’il s’agisse d’un manque de liberté ou d’un potentiel caché ». Cette femme décidera de donner sa chance à Billy. La chance d’accomplir son rêve. Réfutant tout déterminisme et tout fatalisme, Stefan Vanistendael  nous explique que la capacité de se reconstruire dépend de deux choses fondamentales : le lien, et le sens.

Le lien, ou le regard que nous portons les uns sur les autres. L’attention.

Il se passe quelque chose d’intéressant dans la société française. Depuis quelque temps, on voit se multiplier des actes de micro-solidarité, dans le métro, dans la vie de tous les jours. Parfois c’est juste un sourire complice, une porte que l’on retient, le coup de fil d’un ami, le sms qui tombe à pic, empreint de bienveillance. Autant de petits gestes attentifs qui ne sauveront pas la planète mais qui, à chaque minute, nous sauvent collectivement et individuellement du désespoir.

J’en profite pour proposer un deuxième coup de coeur à l’association Passerelles et Compétences, qui met en relation des associations ou des ONG et des bénévoles qui ont du temps et du savoir-faire à donner. Le passage à l’action, lorsqu’elle est tournée vers les autres et qu’elle valorise les compétences, représente l’une des thérapies les plus efficaces.

En bonus et clin d’œil, parce que l’humour est aussi l’une des clés de la résilience, une pub vue dans le métro et qui n’a rien à voir avec le sujet (Merce Cunningham : la danse et la musique n’ont rien à voir l’une avec l’autre, elles ont juste lieu au même moment, au même endroit), quoique…

Derrière la magie


Alain Cayrol nous introduit au monde multi-sensoriel de la PNL. On travaille avec les mots, les images, on joue beaucoup, on « fait comme si », guidés par la bienveillance et le tact. Les techniques les plus puissantes accomplissent des merveilles lorsqu’elles sont guidées par une éthique irréprochable.

A ce sujet, la définition qu’en donne Wikipédia appelle quelques commentaires : « un ensemble de modèles et de techniques de développement personnel originaires des États-Unis et destinés à améliorer la communication entre individus et à s’améliorer personnellement. Elle peut être employée dans des cadres personnels, ou d’entreprises. Le terme a été inventé par John Grinder et Richard Bandler dans les années 1970 et, selon les créateurs, s’inspire du travail d’autres psychothérapeutes, dont Milton Erickson, Virginia Satir et Fritz Perls. Richard Bandler en donne la définition suivante : « Étude de la structure de l’expérience subjective. » » (jusque-là, tout va bien) et la coda : « la PNL est classée (par qui???? on ne le sait pas…) comme une pseudo-science.

Si la PNL avait la prétention d’être une science, cela se saurait. Certes, il y a le jargon. Et alors? Quel métier n’a le sien? Accuse t-on les plombiers, les charpentiers de jargonner parce qu’ils utilisent des mots précis pour décrire leurs gestes professionnels? D’autre part, une affirmation qui ne cite pas ses sources contredit les principes mêmes de la charte éthique des contributeurs de Wikipédia. On peut donc affirmer qu’elle s’auto-détruit, non sans avoir au préalable fait un certain nombre de dégâts. Un autre reproche fait à cette discipline concerne les ravages causés par les PNListes-manipulateurs dépourvus d’éthique.

Comme l’explique Alain Cayrol, la PNL se situe « au-delà de la magie ».

Elle a pour objectif premier le bien-être et le développement personnel, n’en déplaise aux apprentis sorciers et autres professeurs Mabuse déguisés en consultants qui ne l’utilisent que pour aligner leurs clients, non sur leur propre énergie, mais sur des comportements « acceptables » dans l’entreprise, au détriment de leur propre originalité.

Il ne tient qu’aux pratiquants de leur donner tort en faisant briller les couleurs de l’imagination, du ressenti et des émotions les plus vives, avec sagesse et bienveillance pour fils conducteurs. L’émotion positive c’est tout de même un sacré moteur de vie!

Pour conclure, disons simplement que la PNL nous enseigne, ou plutôt : nous permet d’expérimenter que nous sommes libres, à tout moment, de choisir notre état émotionnel, les couleurs dont nous voyons notre vie. La liberté que donne le fait de disposer d’une plus large palette d’options constitue en soi une « raison raisonnable et suffisante » d’essayer. Car la PNL, c’est avant tout un outil, un simple outil au service d’une démarche plus complète qui s’appelle le coaching.

Spot Philippines


Explosive énergie  du Sud
Surfant sur le code et l’image
Pour les kids un spot idéal
Dramang drama, fashionista!


Frères humains que rien n’efface
Au matin quand revient la vie
C’est votre sourire à mes lèvres
L’hiver à s’en mordre les doigts

Contre-plongée vers la surface
Dans un nuage effervescent
De bulles, remonter, comme on naît,
Vers le soleil des Philippines