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Emergences, coaching et poésie


On me demande parfois comment me vient le sujet de ces articles, et pourquoi je choisis de les aborder sous l’angle du coaching, ou de la poésie.

La poésie est mouvement, recherche, inachèvement.

C’est un élan, qui parfois se brise.

Tour à tour rauque, affolée, jouissive, ou mature et calme, elle ne paraphrase pas le monde en plus décoratif : elle rend visibles des processus transformationnels. Eclosions, croissance, acmé, flétrissure et mort. C’est le passage bouleversant de la vie à travers le vivant. On est dans la matière, dans la fibre des muscles au moment où ils se contractent, on palpite en eux, on respire lorsqu’ils se relâchent.

Comme le coaching, la poésie offre l’espace d’un miroir attentif, une écoute au monde, à l’autre, et renvoie quelque chose qui produit du sens, apaise, réconforte ou donne envie d’agir.

Je n’écris pas dans l’intention d’exprimer quelque chose, mais pour créer de la relation.

Le coaching, pour sa part, offre des occasions de voir briller, dans les yeux de celui qui nous parle, ou qui prend soudain conscience qu’un chemin s’ouvre, un éclat vif, intense, chargé de toute la puissance poétique des émergences.

Le coaching et la poésie se complètent, s’amplifient, se polissent.

Ils ont en commun l’exigence de porter au plus haut degré d’accomplissement l’ADN inscrit dans les plis et replis de nos vies.

L’un et l’autre font résonner des accords singuliers, aiguisent notre attention, proposent des connexions subtiles.

Les deux démarches nous engagent, chacune à sa manière. Elles illustrent le choix qui s’offre à nous, à tout instant, de subir ou de vivre. Et cela coûte. Il y a des risques à prendre et des courbatures à gagner.

Pour conclure, cédons la parole à Franck Venaille, interviewé dans le Monde des livres : « Un livre, c’est toute une forêt qui se déplace et qui vient jusques à nos fenêtres pour dire : « Qu’est-ce que tu as fait de bien ces temps-ci, digne d’apparaître dans ton travail ? »

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De la sidération à l’engagement


A mes amis, à mes proches, à mes compatriotes, à vous tous que les événements tragiques de la nuit dernière ont mis en état de choc : j’ai hésité avant de publier la photo ci-dessous, avec le commentaire second degré « les parisiennes portent avec élégance la couverture de sécurité » qui n’enlève rien à la compassion pour les victimes et leurs familles. Ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est sortir au plus vite de la sidération, je le ressens comme une sorte d’urgence. J’ai choisi de le faire avec l’arme de l’humour, avec l’impertinence qui est la marque de notre identité française. Oui, on peut se draper avec élégance dans une couverture de sécurité ou dans le papyrus de César. Mon amie Christiane m’appelle aujourd’hui à compléter cette image avec des mots, des mots dans notre langue, celle qui nous unit et nous fait vibrer. Langue d’amour et d’humour. Le mot le plus bref et le plus impertinent de la langue française, que les enfants apprennent tous petits, c’est « na! », et je l’utilise aujourd’hui comme les crayons bien taillés brandis en janvier dernier place de la République.

Security blankets are the new black 2Comment réagir aujourd’hui? Car il nous faut passer à l’action, communiquer, créer et entretenir des liens forts, vivre, aimer, jouir non pas comme si de rien n’était, mais malgré cette horreur, en signe de défi. La répétition rend la chose plus difficile. Allons-nous marcher à nouveau dans toutes les villes de France, alors que la mobilisation massive de janvier dernier n’a pas empêché le retour de l’horreur? Suffira-t-il d’allumer des bougies à nos fenêtres pour conjurer l’horreur ?

Je crois plus que jamais à l’effet conjugué des actions positives lorsqu’elles s’accumulent au point de constituer une masse critique. Cette phrase du Christ à un homme qui s’approchait des autels pour y sacrifier : « va d’abord te réconcilier avec ton frère ». N’avons-nous pas, les uns et les autres, quelqu’un avec qui nous pourrions nous réconcilier, sans naïveté mais avec courage? Imaginons la masse critique que nous pourrions constituer si chacun d’entre nous faisait ce geste dans les jours qui viennent. A qui pourrions-nous pardonner, tendre la main, pour transformer la polarité négative en force constructive? Est-ce que nous ne nous sentirions pas allégés, plus heureux, ou moins malheureux? N’est-ce pas surtout l’un des moyens les plus efficaces de retrouver du pouvoir sur nos vies? Car le sentiment le pire est celui de l’impuissance, or s’il est un domaine sur lequel nous avons toute puissance, ce sont nos humeurs. Choisissons d’exercer ce pouvoir, tout de suite, maintenant et le plus largement possible. Pendant que le gouvernement et les forces de sécurité font leur travail, faisons le nôtre. Il en va de notre responsabilité individuelle et collective. Faisons le choix de la dignité contre l’abjection, de la créativité et de la joie contre la résignation, donnons vie à nos valeurs, à tout ce qui constitue notre identité profonde. Que mille initiatives fleurissent, au moment où notre pays se prépare à accueillir le monde pour la COP21. Je pense notamment à celle d’Alexandre Jardin et à ses zèbres qui passent à l’action (http://www.bleublanczebre.fr/). Créons des « murs digitaux » de photos représentant le Paris ville de l’amour et de la joie de vivre, créons et partageons des playlists de musiques joyeuses, engageons-nous dans l’action bénévole ou collaborative. Accueillons gratuitement chez nous des délégations venues du monde entier en disant m… à Airbnb qui n’a pas eu UN mot de compassion pour Paris, qui lui fait gagner des dizaines de millions d’Euros. La planète nous attend, la planète nous regarde. Du monde entier sont venus d’incroyables messages de solidarité – rien que de l’évoquer, j’en ai les larmes aux yeux, et de la fierté aussi. Les paroles de la chancelière allemande, le Christ de Rio éclairé en bleu-blanc-rouge, Barack Obama prononçant en français les trois mots de notre devise nationale : « liberté, égalité, fraternité ». Ces messages témoignent de quelque chose qui transcende les différences sans les effacer. La force de la France, c’est son amour de la vie, sa créativité, sa débrouillardise et son sens de la solidarité, lorsqu’ils peuvent s’exprimer. Ayons confiance en nous-mêmes. Le monde est trop compliqué pour imaginer qu’on homme ou une femme providentiels puissent en résoudre tous les problèmes.  Choisissons plutôt d’incarner le changement que nous désirons. Je pense à tous ces étudiants qui n’hésitent pas à créer leurs entreprises, au message fort que nos envoient de grandes entreprises e technologie comme Cisco Systems qui va investir 200 millions de dollars dans nos start-ups, preuve s’il en est que l’innovation est bien vivante dans notre pays. Ces nouvelles devraient être une source de fierté, et je ne parle pas des deux millions d’emplois dans l’Economie Sociale et Solidaire, l’ESS.

Cet après-midi, j’ai un message tout particulier pour mes étudiants et mes amis coachs. Ne restons pas en retrait mais soyons engagés dans la vie, soyons actifs et solidaires. Créons du lien, de la beauté, de l’action positive. N’oubliez pas que notre pouvoir est infini. Comme nous y invite Cynthia Fleury, soyons irremplaçables. Nous sommes grands, nous sommes puissants dans l’humilité. Libérons les milliers de croyances positive qui, telles de petites bulles remontant vers la surface, porteront jusqu’à la lumière du soleil  un énorme potentiel d’action.

Paris est candidate aux JO de 2024 et à l’Expo universelle de 2025. Nos urbanistes et nos ingénieurs travaillent à construire un Grand Paris dans lequel s’effaceront enfin les frontières du périphérique. Saisissons ces opportunités pour mettre en œuvre une réinvention collective de large échelle, comme nous l’avons fait pour les deux premières révolutions industrielles.  La France a toutes ses chances dans l’Internet deuxième génération, et ce ne sont pas de naïfs utopistes qui l’affirment mais John Chambers et Satya Nadella, respectivement Présidents de Cisco Systems et de Microsoft.

Croyance pour croyance, aujourd’hui, ce sont eux que j’ai envie de croire. C’est cette vision qui me donne de l’énergie, du courage et de la persévérance. Nous en sommes capables. Et nous méritons d’être heureux.

Parfaits dans notre imperfection (suite et fin)


Que voulait dire Nicole de Chancey lorsqu’elle se revendiquait, avec assurance et une pointe de provocation, « parfaite dans mon imperfection » ? J’ai mis des années à en comprendre toute la signification, comme ces origami japonais qui dissimulent un rébus dans les plis du papier, et qu’il faut déplier avec soin, prudemment, pour en découvrir le sens caché.

Il se peut que les lignes qui suivent sollicitent votre attention plus qu’on n’en a l’habitude à la lecture d’un blog. Elles sont denses, car il me faudrait plus de temps pour déplier cet origami et ce temps, je ne l’ai pas. Par avance, je vous prie de m’en excuser et vous invite à compléter vous-même, dans la méditation ou l’action, ce qu’elles suggèrent. Cueillez ce rameau vert et frais pour le bouturer dans votre jardin, à la bonne saison, parmi les arbres fruitiers et les fleurs.

En commençant à écrire cette série de chroniques en hommage à Nicole de Chancey, professeur à L’Institut du Coaching International, mentor et coach, je n’imaginais pas que cette réflexion m’amènerait à m’interroger ainsi sur les croisements et convergences qui relient  à travers le coaching et la pédagogie des disciplines asiatiques millénaires fondées sur l’attention, la présence au monde et la stabilité de la conscience, et les nouvelles approches originaires pour la plupart de la côte Ouest des Etats-Unis.

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Parfaits dans notre imperfection (première partie)


L’hommage à Nicole de Chancey, disparue le 14 juillet, m’invite à clarifier mes propres idées sur la promesse du coaching, sur sa pratique, sur son insistance à chercher des solutions opérantes, ici et maintenant, mais aussi sur la lucidité, la rigueur et la discipline qu’il demande si nous voulons obtenir des résultats à la hauteur de nos espérances. Fine pédagogue, Nicole savait créer des métaphores merveilleusement inspirantes et poétiques. Je penchais plutôt du côté du réalisme, attiré par le « comment », désireux d’apprendre et de perfectionner des techniques toujours plus efficaces pour aider mes clients à réussir. A travers son enseignement à l’Institut du Coaching International, et notamment une série d’exercices sur l’écoute active, j’ai rapidement compris que le coach était lui-même le premier des instruments,  et que les techniques les plus pointues ne serviraient à rien sans un profond travail sur le savoir-être. En tant que coach, nous devons préserver, et même cultiver la fraîcheur du regard tout en apportant des solutions pratiques, opérantes, à nos clients. Il est donc vain d’opposer le réalisme et la poésie : les deux sont nécessaires. La poésie, pour continuer à respirer dans un monde où toute expérience neuve, originale, est bientôt formatée, marchandisée, banalisée, aplatie, tandis que l’impératif de performance s’impose dans les coins les plus reculés de la société, de l’économie et jusque dans les relations intimes, mettant les individus sous pression. Il n’est pas nécessaire d’ouvrir GQ, Marie-Claire ou Psychologies pour mesurer combien le niveau de stress dans nos sociétés affecte jusqu’à la vie sexuelle des couples.

Dans ces conditions, que pouvons-nous faire pour nos clients ? Comment pouvons-nous les aider à conserver la part de la magie tout en restant dans la course ? Peut-on garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages sans risquer le grand écart? L’Asie pourrait nous offrir des éléments de réponse, avec son goût de l’équilibre  et son art de transcender les contradictions apparentes au sein d’une harmonie plus vaste, plus accueillante, plus complexe et plus riche. Avec, aussi, son rapport au Temps si différent du nôtre. Tandis qu’en Occident le Temps dévore ses enfants, c’est en Asie la dimension de l’accomplissement, de la patience et de la persévérance. Vieillir, en Asie, n’est pas devenir obsolète : c’est accumuler de la sagesse et manifester sa force vitale, dont la persistance impose le respect. On n’y verrait jamais de ces publicités où des petits-enfants irrespectueux arrachent le dernier gâteau des doigts de leur grand’mère : de telles affiches seraient immédiatement arrachées, taguées, peut-être même interdites, le scandale sur les réseaux sociaux y serait énorme, et la marque coupable d’avoir prôné de telles valeurs serait à jamais bannie du marché.

Loin d’être esclaves de l’instant, les asiatiques ont aussi développé de nombreuses techniques pour s’en libérer sans se déconnecter du monde sensible. Une relation plus apaisée au Temps dégage de l’énergie pour affronter les chocs de la concurrence et de la vie quotidienne. Il ne s’agit pas de s’extraire du monde, de prendre du recul, mais de rester centré sur les sources d’énergie les plus profondes. De manière intéressante, on retrouve ici des techniques millénaires comme le Qi Qong, et d’autres plus récentes, venues de Californie, comme la pnl générative de Robert Dilts avec son Voyage du héros.

(à suivre)

Sa voix nous accompagnera


Nicole de Chancey nous a quittés le 14 juillet. D’origine belge, elle a choisi le jour de la fête nationale des français pour s’éclipser, discrètement, avec un clin d’œil malicieux bien dans son style.

Comment vous parler de Nicole ? Un petit bout de femme rousse, élégante, nez et voix pointus. Des mots clairs, précis, alignés sur le fil de sa pensée comme des hirondelles prêtes à s’envoler, perdant d’ailleurs parfois ce fil et revenant se poser après un petit tour dans le bleu du ciel. Des gestes posés, réfléchis, pour souligner ses phrases ou pour se recentrer. Une présence. Je l’avais dessinée au stylo bille, dans mon « cahier de pnl », un jour où la discussion traînait en longueur. Sa patience avait des limites : il était dans son rôle de nous responsabiliser, lorsque les questions dissimulaient de plus en plus mal la peur de se jeter à l’eau.   Après tout, nous n’étions pas là pour argumenter sur les diverses théories du coaching, mais pour apprendre à le pratiquer. L’une de ses métaphores préférées l’illustrait à merveille : « ça doit rentrer dans les muscles », disait-elle souvent, pour bien ancrer la dimension corporelle qui rapprochait le coaching de ses origines sportives.

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Anges ou robots : les secrets de la performance durable


Les sportifs de haut niveau se réjouissent à la perspective d’affronter un adversaire au meilleur de sa forme.  Aiguillonnés par ce défi, ils élaborent un programme rigoureux des semaines avant le match, s’entraînent physiquement et mentalement,  soignent leur régime alimentaire, visualisent et répètent à l’infini  le moindre de leurs gestes.

De même, les musiciens de concert ou les créateurs de start-ups appelés à « plancher »  face aux Business Angels  recherchent et savent maintenir un niveau de concentration exceptionnel. L’enjeu, pour eux comme pour tout porteur de projet, c’est de garder le cap et la motivation sur la durée. Lire la suite

La persévérance est d’or


Bonheur inattendu. Ce soir, une séance de supervision-coaching dans des conditions sonores très difficiles (nous étions en mode webinar, avec des coupures de son incessantes qui cassaient le fil du dialogue) s’est conclue par cette très belle phrase de l’une des participantes : « ce soir, les coupures de son m’ont enseigné la persévérance ».

Eh bien gardons cela!

Ces sessions de supervision avec les coachs donnent à chaque fois lieu à de magnifiques échanges, qui valent bien de subir quelques désagréments techniques.

En ces semaines où mon emploi du temps démentiel aurait tendance à me faire renoncer au plaisir de l’écriture, je me dis qu’il vaut mieux honorer ce rendez-vous sur Buencarmino, même pour quelques phrases brèves plutôt que de garder trop longtemps le silence.

En somme, les contraintes et l’art de les dépasser constituent en soi un digne sujet d’inspiration. Puisque je n’ai pas le temps de réfléchir, je me contenterai de proposer à mes lectrices et lecteurs ce sujet de réflexion.

A bientôt,

Robert