Les arbres chantants



Un soir, dans une ville d’Asie à la laideur asphyxiante, monstrueuse capitale d’un pays lointain si différent du nôtre qu’il en paraît insaisissable, inconcevable et repoussant, un de ces pays dont on ne parle que pour annoncer de mauvaises nouvelles, un pays dont on oublie jusqu’à l’existence et que l’on relègue loin, tout au loin dans la conscience, dans un ailleurs de pacotille, mes deux amis les plus proches et moi sommes restés longtemps dans une voiture en stationnement, parfaitement immobiles, scotchés dans un profond silence.
Nous écoutions  l’autoradio d’où sortait la voix d’une femme qui chantait en français, puis en italien. Sa chanson nous parlait d’ici, de l’Europe et de ses arbres où les feuilles, en hiver,
tombent,
où la lumière change au fil des saisons, où les champs vus du TGV se colorent de bruns veloutés dès la fin septembre, où de jeunes pousses vert tendre apaisent les yeux fatigués.
L’italien traduisait les paroles de la chanson qui tapissait l’habitacle de la voiture d’une enveloppe intime, familière et protectrice.
Quand la voix cessa de chanter, l’Ailleurs s’est refermé sur nous. Depuis, je rêve d’ici.

Cinq méditations sur la beauté de François Cheng


Un extrait de la première des cinq méditations, de l’écrivain et peintre franco-chinois François Cheng :

« En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourra paraître incongru, inconvenant, voire provocateur.  Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit bien qu »à l »opposé du mal, la beauté  se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les deux extrémités de l’univers vivant : d’un côté le mal, de l’autre la beauté.
Le mal, on sait ce que c’est , surtout celui que l’homme inflige à l’homme. (…) Il y a là un mystère qui hante nos consciences , y causant une blessure apparemment inguérissable. La beauté, on sait aussi ce que c’est. Pour peu qu’on y songe cependant, on ne manque pas d’être frappé d’étonnement : l’univers n’est pas obligé d’être beau, et pourtant, il est beau.

chez Albin Michel

Puissance Butô


Ce diaporama nécessite JavaScript.

Gratitude ou l’arrosage automatique


Remercier les obstacles pour les ressources qu’ils nous ont permis d’acquérir.

Arrosage automatique : Nicole de Chancey nous raconte l’histoire de cette femme qui ne se sentait pas suffisamment appréciée. Elle demanda à tous ses amis de lui adresser un compliment chaque fois qu’ils la verraient. Le compliment pouvait concerner une chose qu’elle venait de faire, un vêtement qu’elle portait, sa façon de se coiffer : peu importe, seul comptait le fait de lui adresser le compliment. Ses amis, amusés, se dirent probablement qu’elle se comportait de manière étrange depuis qu’elle avait commencé ces séances de coaching, mais pour ne pas la contrarier ils se prêtèrent de bonne grâce à sa lubie, somme toute pas très difficile à satisfaire. Lorsqu’elle éprouva le sentiment d’avoir complètement rassasié son besoin de reconnaissance inassouvie, elle fit savoir à ses amis qu’ils pouvaient désormais se dispenser de cet rituel, mais l’habitude étant prise, ils continuèrent non seulement à lui adresser à elle un compliment chaque fois qu’ils la voyaient, mais aussi à tous leurs autres amis, et même à des inconnus, car rien ne se multiplie autant qu’une habitude agréable.

Puissance Butô

Quelque temps plus tard, lorsque son coach lui demanda ce que cette habitude avait changé en elle, la femme répondit : j’ai appris à dire non.

 

coup de coeur à l’oeil ouvert


Vous me direz : ah, tu découvres? Eh bien oui… je découvre le blog d’Ossiane, un trésor de photos, de textes, de poésie, des liens vers d’autres blogs tout aussi riches, de quoi se régaler !

http://ossiane.blog.lemonde.fr/2010/10/

Les couleurs du coach à Cochin



La couleur vient quand ça lui chante
Le printemps n’ a pas d’heure
Le rire éclabousse de son frais grelot
Notre incertitude effarée

 

 

 

 

 

Dessiner ce geste naissant, maladroit,
Que l’on ne sait jamais refaire,
Nous coûte et nous ravit
Couteau si près du coeur

 

 

 

 

 

Dans le couloir de l’hôpital,
Un jeune inconnu face
A la porte close
Attend, je l’écoute

 

 

 

 

 

Elle a pleuré en sortant,
Il a pris ses mains,
Douces paroles,
Amour sans ordonnance

 

 

 

 

 

La couleur est si vulnérable,
Il faut la protéger
Comme on prend
Dans ses mains le visage aimé

 

 

 

 

 

Si je t’offrais le vert tendre et le rose,
Le blanc d’ivoire et le jaune
Pâle, est-ce que cela
te donnerait plus de courage?

Chéreau au Louvre


Entendu ce matin la voix de Patrice Chéreau, sur France Inter. le Louvre lui confie sa programmation, sous le titre : « les visages et les corps ».
Ça fait un bien fou d’entendre quelqu’un de la stature de Chéreau rappeler qu’un musée, cela peut devenir un cimetière, mais pour qu’il soit vivant justement, il faut des visages, des corps, et puis bien sûr des yeux pour voir, pour s’émouvoir.

Chéreau parlait des visites au Louvre, enfant, en compagnie de son père et de sa mère dessinatrice. Métiers de la main, métier de l’oeil éduqué patiemment, avec l’amour des formes sensibles. Comme tous les mômes à cet âge, il préférait les salles égyptiennes, mais la voix d’un père cela vous coule tout de même dans l’oreille et pour longtemps, l’oeil s’éduque, apprend à distinguer les formes et les couleurs. Pourquoi ceux qui ont bénéficié de ce privilège ont-ils supprimé l’éducation de l’oeil? Dites, la mutilation du regard, ca va chercher dans les combien?

Ecouter sans voir, c’est percevoir autrement. Vive la radio, territoire de l’intime! Chéreau nous régalait de ses choix, l’Origine du monde de Courbet renvoyant à la Bethsabée de Rembrandt, la jubilation qu’il éprouvait en accrochant ces toiles, et l’espoir que le public partagerait ses choix, peut-être. Il le disait avec une réelle humilité. Comment ne pas l’aimer, Chéreau? Toute la tendresse de l’oeil et celle de la mémoire.

A ne pas manquer, la programmation dont il nous régale au Louvre :

2 novembre 2010 – 31 janvier 2011
Expositions, théâtre, danse, musique, cinéma, rencontres

Le Louvre invite Patrice Chéreau
« Les visages et les corps »

l’empathie n’est pas une maladie


L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

 

 

le Bulul, gardien des rizières

L’empathie désigne notre capacité à ressentir avec l’autre,  ce qui ne signifie pas se laisser envahir par ses émotions. Or, tous les bons coachs vous le diront, pour être en mesure d’aider, il faut d’abord savoir préserver son intégrité, poser ses limites, protéger son territoire. La bienveillance trouve ainsi son point d’équilibre.

1. Une sagesse mise en pratique par les Ifugao, peuple du nord des Philippines qui ont construit et continuent d’entretenir les rizières en terrasse depuis 2000 ans. Ces montagnards farouchement indépendants ont pour coutume d’installer des statues en bois, nommées bululs, à l’angle des rizières, autant pour les protéger que pour les délimiter. Bienveillance et vigilance vont de pair. Les Philippins, connus pour leur grande hospitalité, n’en posent pas moins des règles. De même, l’empathie ne signifie pas renoncer à son intégrité, mais se décentrer juste suffisamment pour ressentir avec l’autre. Protégeons nos rizières tout en restant à l’écoute.

2. « L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

3. L’émotion, source de la conscience : lire cet entretien avec le neurobiologiste portugais Antonio Damasio dans la Recherche. Si même les paramécies ressentent des émotions, il va falloir sérieusement revoir notre conception de nos relations avec l’univers du vivant.

Extrait : Antonio Damasio : « Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. » Cela est valable pour la paramécie comme pour l’homme et, chez l’homme, pour une cellule comme pour l’organisme entier. En termes modernes, c’est aussi dire que toutes les dispositions de nos circuits cérébraux sont, sauf accident, programmées pour rechercher à la fois la survie et le bien-être. »

Banaue rice terrasses by Mark Maranga

On se sent moins mesquin, du haut des splendides rizières en terrasse de Banaue.

le capitalisme appliqué aux Beaux-Arts


L’art et la spéculation font bon ménage, et depuis plus longtemps qu’on ne le croyait.

Une page entière dans le Monde, on se dit : wow, le sujet doit être important. En effet, il ne s’agit de rien moins que de l’expo Léon Gérôme au musée d’Orsay. Léon Gérôme, ce loser historique qui s’opposa becs et ongles aux expressionnistes au nom d’une peinture lisse, bien faite, léchée, objet de mépris durant tout le XXème siècle? N’y a t-il donc rien de plus intéressant à commenter dans l’actualité artistique du jour? C’est qu’une pleine page dans le Monde, toute attachée de presse qui connaît son métier (ou quiconque a survolé le dernier Houellebecq) vous le dira, ç’est du lourd!

Lisons donc. Philippe Dagen, relais d’opinion de première classe  autorisé à penser à notre place, nous explique doctement que Léon Gérôme, c’est le capitalisme appliqué aux Beaux-Arts. Ah, on comprend mieux. Qu’importent les qualités artistiques de la peinture, cela n’entre plus du tout en ligne de compte. Selon le même raisonnement qui avait permis à Dagen d’affirmer qu’Andy Warhol était sans doute plus important que Picasso pour l’histoire de l’art, ce qui compte, ce qui vaut à la marque L.G ce retour en grâce, c’est d’avoir avant tout le monde su tirer profit de l’effet de levier qu’offraient les moyens de reproduction photographiques de masse,  alliés à un sens du positionnement et du scandale médiatique hors pair.

Si le mérite principal d’un artiste est de savoir utiliser à bon escient les règles du capitalisme, alors, le raisonnement se tient tout à fait. Léon Gérôme, c’est le Jeff Koons du XIXème siècle. Et vice-versa, naturellement.

PS : la reproduction de billets de banque étant répréhensible aux yeux de la loi, il n’y aura pas d’illustration pour cet article mais vous pouvez toujours rêver le concept.

Lisbonne et la tentation Bosch 3/3


Lisbonne dessine aussi … cliquer ici, merci ParisDessin


Lisbonne, ville idéale où savourer l’automne et ses brouillards, accepter de se perdre et s’accorder le temps de la confusion, des cheminements complexes, itinerrances.

Au musée Gulbenkian, la Tentation de Saint Antoine, par Jérôme Bosch, illustre ce moment de désarroi. Les dessins préparatoires révèlent une maîtrise technique soutenue par une imagination inquiète. Mais le plus intéressant, chez Bosch, est l’extraordinaire inventivité des motifs.

Dans un langage plus contemporain, les tentations, c’est tout ce qui nous décentre et nous livre au besoin de combler le manque par une frénésie de consommation. La surabondance des monstres dans le tableau de Bosch évoque le harcèlement publicitaire, le bruit de fond ambiant dans lequel nous baignons en permanence : aujourd’hui, l’enfer, c’est le trop.

Certains historiens de l’art ont soupçonné Bosch d’avoir consommé des plantes hallucinogènes, oubliant que le génie du peintre c’est justement de savoir traduire en images la violence et la folie qui guettent chacun d’entre nous. Il suffit de prendre le métro pour ressentir ce dont parle le tableau.

Allons coacher dans les musées, celui de Lisbonne vaut largement le détour.

Liens : des croquis préparatoires pour la Tentation de Saint Antoine

Lisbonne est généreuse


Lisbonne! Soudain, le nom de cette ville s’enrichit de nouvelles résonances. Le désir d’y retourner à la belle saison me taraude : revoir Lisbonne au printemps, dans la lumière de mai, goûter au parfum des jardins en fleurs, musarder à nouveau dans les musées puis dans les ruelles de la ville ancienne, prendre un verre dans les petits bars sympas. Tout cela m’est revenu au détour d’une conversation, comme une graine oubliée dans une jardinière qui fleurit soudain.

Curieux comme cette ville, à l’origine de la mondialisation, en porte le moins les stigmates. On cherchera longtemps les fast-foods et autres boutiques franchisées qui ne cessent de gommer les différences sur le visage des grandes métropoles mondiales. Lisbonne a su préserver l’intimité de son atmosphère et son caractère unique. On la dira peut-être un peu provinciale, et c’est très bien. Lisbonne est généreuse : elle vous donne le temps.

Revoir les portugais au long nez sur les paravents japonais, suivre les traces de cette légende merveilleusement contée par Stephan Zweig dans sa biographie de Magellan. Bref moment dans l’histoire où l’Europe se voit dans les yeux de l’Autre, avant de bien vite le ravaler au rang d’esclave ou de client. Ensuite, il faut attendre Edouard Saïd (Orientalismes) pour retrouver cette inversion du regard, l’humour en moins. L’oubli de soi , pour mieux se retrouver dans une égalité salutaire.

Et puis encore un mot sur ce grain de folie qu’on sent parfois frissonner sous la peau d’une ville, dans le visage des lisboètes. Pascal Mercier (Train de nuit pour Lisbonne) : « parmi toutes les expériences muettes sont cachées celles qui donnent secrètement à notre vie sa forme, sa couleur et sa mélodie »…

les couleurs de Lisbonne


Comme il pleut sur Paris, je ressors mes photos de Lisbonne, une ville qui m’évoque aujourd’hui le plaisir  de l’amitié, les folies de Jérôme Bosch et les pavés gras, luisants de pluie, dans la jaune lumière de noël. Une ville qui pourrait être jeune à nouveau, vibrant des parfums, des musiques de l’Afrique et du Brésil, ouverte à jamais sur le monde.

 


De cette ville, on retient souvent la mélancolie, les nuances de gris, la douceur un peu décadente, mais pour moi ce sont des couleurs joyeuses, amicales, bienveillantes : vert céladon, rose tendre ou pâle des céramiques chinoises au musée Gulbenkian, bleu des azulejos dans les anciens couvents rongés d’humidité et celui parfois cru du ciel, le jaune paille brûlé, le noir laqué des tentures japonaises, et puis l’humour!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Et puis ce livre de Pascal mercier : Train de nuit pour Lisbonne.
Extrait : « S’il est vrai que nous ne pouvons vivre qu’une petite partie de ce qui est en nous, qu’advient-il du reste »?
« Sur mille expériences que nous faisons, nous en traduisons tout au plus une par des mots, e même celle-là par hasard et sans le soin qu’elle mériterait ».


Mac-Val et crottes de nez


« Les enfants sont privés de beau », explique doctement Serge Moati, alors pour y remédier, le Mac-Val les invite à faire n’importe quoi (lu dans le Parisien, sic, sick et complètement sick). C’est donc toute l’ambition qu’on a pour eux, « n’importe quoi »?

Rassurez-moi, j’ai raté la joke? J’entends d’ici les cris de joie : ouaaais, trop fort, on va pouvoir peindre avec des crottes de nez et du chouimgom! (Et la marmotte, elle tient la caisse chez Larry Gagosian?)

Sinon, si on a confiance dans leur capacité à apprécier la beauté sensible, on peut aussi essayer d’éduquer leur regard, comme le fait magnifiquement la newsletter de la FID (Foire Internationale du Dessin) qui publie tous les mois un dessin original. Sur abonnement.

Apprentissage ou la main qui gratte


En coaching, on nous apprend que si nous ne sommes pas nécessairement responsables de ce qui nous arrive, nous pouvons choisir la manière dont nous y réagissons. Ce que nous percevons comme des échecs, même les plus amers, ceux qui râpent, ceux qui nous font des noeuds à l’estomac, tout est occasion d’apprentissage. Nous pouvons toujours en tirer un enseignement et la résolution de faire mieux la prochaine fois, avec les éléments dont nous disposons.

Dans le dessin, un trait raté ne se rattrape pas, mais on peut toujours s’engager à s’entraîner, pratiquer encore plus assidûment pour améliorer sa coordination oeil-main. Il est rare que les résultats ne suivent pas.

A l’atelier de modèle vif Aracanthe, on se regarde parfois, après la séance, un sourire en coin, on hausse les épaules, et puis la parole s’ouvre : on n’est pas là pour la performance, pas forcément pour le plaisir, mais pour avancer.

Bien sûr on peut aussi se mordre les doigts, crier sa frustration, déchirer le papier, se rouler dans la poussière de fusain, si ça fait du bien …

Saison de l’écoute


Au départ, la cendre et le cri
On n’y coupe pas, le frémissement contenu
Les arbres nus comme des bronches
Pour capturer le bleu du ciel

La cascade  sous l’écorce
Et la floraison tremble :
Toute une fourmilière
Courant sur les branches
Une chanson mûrissant
Jusqu’à la plénitude du fruit

Le vieil or tombe en octobre
Avec un bruit blet
On cherche alors le goût
De la sève, on l’a
Sur le bout de la langue,
Et puis trois petites pommes rouges qu’on interroge
Une idée perce

Après, tout recommence


Saison des jeux


Secouez-moi

 

Secouez-moi, je suis plein de rires
Mes rêves se multiplient dans l’ombre
Et mûrissent au soleil

Chercher dans le banal
Ce qu’on trouve, on le partage
Et ce que l’on partage
Enrichit


Enfants de Batangas
Votre coeur gros comme un soleil
Battant m’illumine
Apprenez-moi l’écoute

 

*Batangas, Philippines

La check-liste du guerrier (dédié à Pascal)


 

 

Yuyu le Redman

Concevoir la guerre
En méditer les buts
La préparer
Invoquer son génie
Recenser ses armes et les fourbir
Négocier des alliances
Renforcer ses défenses avant d’attaquer
Faire le tour de ses peurs
Fourbir, fourbir, fourbir encore
Endosser son armure
Et partir au combat,
Résolu.

Voir aussi Seth Godin : Heroes and mentors, ou comment trouver ses armes cachées sous les pierres, et le livre de Cynthia Fleury sur le courage (de dire non?) et comme je l’ai promis un exemple de « Bravomètre »

 

le bravomètre ou le coaching par l'image

 

the sushi of the 1920ies


Only just two days in the coaching school and I am beginning to love the perm

anent invitation to go beyond our comfort zone.

David, citant Merce Cunningham a propos de la musique de John Cage et de ce qui se passait sur scène :  » just two different things, happening at the same time, in the same place ». At first, I felt uncomfortable with this disconnect, but thinking about it today, I appreciate the value of discomfort.

Sortir de sa zone de confort : c’est ce que l’on fera de plus en plus souvent dans ce nouveau chapitre du « Journal », qui n’a plus rien d’estival. Gardons toutefois comme fil d’Ariane (link or wink?) le goût de l’énigme et des rébus. Of course you’re all so smart, you noticed the common point between the two pictures, didn’t you?

The drawing was made in 1929 during a « surprise party » organized for my grandfather. It became known as the « soirée des chameaux », as he exclaimed when he saw the caravan of guests arriving in top hats and fur coats, with music and champagne, ready to party and dance just when he was about to go to sleep.  « Ah, les chameaux » became a rallying cry for the party-going sarthois.
The caption reads : « arrival of the caravan ».

J’imagine le cortège des voitures, le pinceau des phares balayant la nuit sarthoise, les femmes parfumées, le claquement des portières et celui des dents, les rires étouffés. Le carton d’invitation avait donné rendez-vous au bout de l’avenue « à 21 heures précises, à cause du froid ». They ate veal Orloff and salade russe, which was the sushi of the 1920ies : a fashionable fad, soon to go.

Fourty years later, we were walking in the middle of the night and in the middle of the road with David, Isabelle and a few other friends, dressed with « fancy clothes » found in an old cupboard in the attic.  The top hats didn’t mind at all being worn for the first time since 1929, they seemed to enjoy a bit of fresh air under the moon, but there were no other « camels ». The following day, David was initiating us to « light-bulb jokes » while step-dancing in the grand salon. At the time we didn’t know anything about John Cage and Merce Cunningham.

Pourquoi tresser ici les deux langues, le français et l’anglais? Pour faire plaisir à la mouette voyageuse, pardi, car le « territoire » en expansion s’étend désormais aux deux rives de l’Atlantique  (Seigneur, que tant de mers me séparent de vous). English and French, two languages « happening at the same time ».

Sophie Hutin la présence buto (2)


Envie de légèreté après la série d’articles précédents, bienvenue dans l’univers de Sophie Hutin, artiste, danseuse Butô qui propose des poses magnifiques, bien trop sophistiquées pour mon misérable crayon mais comme on dit à l’école des coachs : « abondance de bienveillance ne nuit pas ».  Sur sa page facebook, une définition du Butô qui renvoie à l’authenticité requise pour le coaching :

« Butô : révéler la force de la vie primordiale… être nu(e) en tant qu’être vivant entouré par les autres… ou juste être honnête en face de sa propre vie… »

Aller à l’essentiel, noter une impression, condenser le fruit d’une méditation en quelques mots : le haïku rejoint l’art du croquis, deux modes d’expression parfaitement adaptés au format blog.

http://fr-fr.facebook.com/sophie.hutin

En son honneur, quelques haïkus pour s’alléger le coeur :

La rosée s’égoutte
Pour un peu l’on voudrait rincer
le monde flottant
(Bashô)


Je mange un kaki
La cloche se met à tinter
Temple Horiyji
(Shiki)

Saison des labours
L’homme qui cherchait son chemin
Se perd dans le lointain
(Buson)


Comme est magnifique
Par un trou dans la cloison
La voie lactée
(Issa)