Archives de Catégorie: Coaching transition de vie

PNL 24 Windsor 2 milliards


On a beau être coach, on n’en est pas moins fan » s’exclame Raymonde au moment où la nouvelle Windsor émerge de la Rolls Royale, tout de blanc vêtue. Le monde entier regarde, hypnotisé. Ca tombe bien, aujourd’hui c’est le cours d’hypnose ericksonienne. « Ma voix t’accompagnera« , susurre le présentateur en digne héritier des anciens conteurs.

Allez-donc mobiliser les intelligences, quand le monde entier n’a d’yeux et d’oreilles que pour les nuances de dentelle blanc cassé. C’est l’heure où deux milliards de terriens scotchés devant leur télé se fichent pas mal de savoir pourquoi le poulet met en danger sa life en traversant la road. Et s’il se fait écraser par la Rolls des Windsor, ça lui fera les pieds.

Les mots me manquent pour décrire ce qui s’est passé ensuite. Alain, puis Nicole, puis le cobayes sont entrés dans la lumière. Ils en sont ressortis après d’intenses négociations avec les extra-terrestres, menées avec tact et diplomatie par des personnes dont je dois taire le nom. La PNL est une expérience indicible.

Les trois mentors en concert tentent comme ils peuvent de résister à la concurrence de William et Kates. Peu à peu, chacun reprend ses esprits.

La PNL, c’est la caverne d’Ali Baba honorant les quarante valeurs.Avec de tels trésors, il y avait largement de quoi payer la rançon; toutes les otages ont été libérées.

Aux esprits grincheux qui trouvent qu’on pourrait tout de même dire des choses plus profondes sur un pareil sujet, je réponds, tel le colibri : « On fait de son mieux. J’aimerais bien vous y voir. Vingt quatre milliardièmes de part d’audience, face à la concurrence déloyale des Windsor, c’est déjà pas si mal ».

Quand au poulet, la dernière fois qu’on l’a vu, il hésitait au bord d’une route en picorant son ombre, malgré les encouragements de ses trois poulets-mentors.

Graine de PNL


Aujourd’hui, le pouvoir de la PNL se révèle dans toute sa puissance. C’est une bombonne de gaz sous pression, à manipuler avec soin, avec infiniment de respect, de bienveillance et de précision.

Aracanthe, modèle vif, mars 2011Un homme assis, les yeux fermés, raconte avec des mots très simples : honorer, père, enfants. L’histoire du grain qui meurt, du grain qui tombe, et puis du grain qui germe. S’il meurt, il portera du fruit. Un enfant peut comprendre cela, ressentir en lui la continuité d’une présence. Le voici rassuré sans qu’il soit nécessaire de recourir à des mensonges, à de belles histoires de grand-père parti là-haut dans les nuages. Le coaching, ce n’est pas se raconter de belles histoires sucrées. C’est se donner les moyens d’affronter la violence de la vie, la cruauté de la mort, et repartir en avant. C’est le courage d’entendre et la fermeté du bras qui tient le bras, quand il le faut, parmi les cailloux et les ronces. C’est aller chercher haut la lumière, là où l’oxygène se fait rare, où la pensée crépite, où la volonté se raffermit, clarifiée. Alain Cayrol appelle cela le Core Process. On pourrait dire aussi la cordée, le glacier, la navette spatiale des émotions-sources. La rage d’aller jusqu’au sommet, d’en rapporter des mots qui pèsent lourd, et puis d’autres pour alléger.

Car on peut rire aussi, du rire argentin de Nicole de Chancey.

A vous voir, a vous écouter, l’émotion monte, irrésistible. Une vague de respect jaillit, coule à gros bouillons. La fierté d’être parmi vous, la solidarité des gardiens de phare entraînés à braver les coups de tabac, l’ermite avec sa petite lampe, une connaissance intime des chemins de contrebandiers qu’on parcourt sous la lune, les yeux fermés.

Les yeux ouverts.

Le pied sûr.

Main dans la main.

Le corps humain, la limite et le Bulul


Dessiner le corps humain, c’est se mettre en contact avec les forces animales et les canaliser dans une forme sensible, intelligible, qui contient la vie. C’est se confronter à ses propres limites, et laisser faire en soi le travail de la rouille.

« Depuis l’école maternelle et jusqu’en taule, l’Homme ne peut s’empêcher de dessiner. De Lascaux à Chelsea, l’Homme est l’animal dessinateur » écrit ainsi Serghei Litvin, fondateur de la Foire Internationale du Dessin.

Les dessins sont posés à plat sur des tables, ce qui facilite la discussion avec les étudiants des Beaux-Arts. On fait de belles rencontres, on feuillette les carnets. Combien d’entre eux trouveront la force de persévérer, malgré l’indifférence, la solitude, la tentation d’abandonner? Les questions qui surgissent au détour d’un trait, la colère qui sort, parfois, tout est là, dans l’épaisseur et le murmure des ombres. L’animal dessinateur va chercher dans l’ombre un matériel qu’il ramène en pleine lumière, au risque qu’il se dessèche. Comme dans la PNL, ce qui compte, c’est bien d’aller vers la lumière. De l’enfant vers l’adulte et de l’informel vers la forme assumée.

Dessiner, c’est ainsi prendre un risque et sortir de l’indifférencié. Créer des espaces, dedans-dehors, comme on trace des frontières. Jouer à se faire peur : ce qui sort de la boîte, aimable ou monstrueux. Il y a là quelque chose d’initiatique, mais sans le rituel et la réassurance qu’apporte le groupe (dans la tragédie grecque, le chœur assume cette représentation de la limite). Les cultures traditionnelles formalisent cet apprentissage, la rencontre des frontières et le sens inscrit dans l’espace. Je pense aux Ifugaos, montagnards du nord des Philippines, autour de Banaué.

Oedipe et le Bulul

Oedipe à Banaue, chez les Ifugao. L’ombre portée du mythe, oracle à qui veut bien l’entendre. Ensuite, sa jeunesse passée, il pourra bien se crever les yeux, partir en exil. On écrira des tragédies sur lui. Au fond, c’est l’histoire d’une initiation ratée. Les Dogons s’en sortent mieux (voir article suivant).

On recommandera aux jeunes de se placer sous la protection d’un tel oracle : il y a tout à gagner dans la fréquentation du Bulul, dieu des récoltes et farouche gardien des limites. S’ils n’ont pas la force plastique et l’expressivité des Dogons, les sculpteurs philippins de Banaue capturent tout de même l’essentiel dans la représentation d’une force bienveillante. A l’imagination de compléter.

Saison du dessin


A ne pas rater ce week-end : la Foire Internationale du Dessin.
3e édition
31 mars – 3 avril 2011
Cité internationale des arts
14 pays
40 écoles de beaux-arts d’Europe
90 exposants

« Pourquoi les jeunes artistes font à nouveau du dessin », s’interroge le Monde. Vincent Bioulès suggère une explication : « j’ai l’impression de voir le réel mais, dès que je commence à dessiner, je me rends compte que je n’avais rien vu. Le dessin est une syntaxe pour s’approprier le monde. Il est la puissance de déchiffrement du réel ».

Le dessin mobilise le corps et l’esprit, libérant l’émotion dans le mouvement.

Il faut s’affranchir de l’ambition de réussir, car même lorsque le dessin n’est pas juste, ce qui est posé n’est que le support, la trace du geste. Sous le nom de tentative, il mobilise le corps et l’esprit dans une même démarche « en avant ».

Le dessin sur modèle vif nous incite à confronter notre regard au réel, dans son insaisissable cruauté. L’attache d’une épaule, l’ombre d’un sein, l’angle d’un coude s’éparpillent en autant de morceaux de corps. L’oeil, puis l’esprit s’en emparent, il se fait un blanc dans l’esprit, et sur ce blanc s’inscrit la forme. Humilité devant la chair vivante. la chair n’a ni concept ni démarche, elle EST.

Car des roses il n’y en a pas


Jamais l’hiver dit-on, mais pour un arbre aux rameaux d’or on irait loin, et d’où vient ce parfum de roses sinon du corps lui-même, de sa mémoire? Car de roses, il n’y en a pas, l’hiver. Cela n’existe pas, ne peut pas être. Pourtant, le corps savoure, arrêté, debout dans le soleil, ce qui monte en lui, ce qui circule autour de lui, l’air tiède et ce parfum de roses.

Ce doit être l’amour, alors, qui nous tend les clés d’une autre saison. Toute une lignée de femmes a vécu là, traversé la terrasse aux divers moments de leur âge. Vacillantes ou pimpantes, heureuses ou mélancoliques, elles ont imprimé leurs pas dans le sable, et ce lieu s’est imprégné d’elles.

Elles ont regardé l’arbre, elles ont vu les branches nourries de lumière. Peut-être ont-elles puisé du courage dans ce soleil d’hiver. Vies passées, estompées dans un même oubli, pourtant si différentes. Chacune avait son pas, son timbre de voix, ses soucis. Il faisait froid comme aujourd’hui, jadis, quand le temps s’est fait sève. (Ma mère aussi viendra, reviendra, puis ses traces.)

Ces murs conservent le souvenir et la sueur des pommes odorantes, accumulées en pyramides hautes jusqu’au plafond. J’aime leurs blessures, les traces de peinture et ce vert étonnant, céladon d’écurie, luxe incroyable, impensable, avec des frises, où clapote la lumière tremblée des douves. Avant les pommes, il y eut des orangers en caisse et des hommes pour les transporter au gré des saisons. Ils transpiraient aussi. Dedans, dehors, automne, avril. je me souviens de leur accent, qui roulait dans la bouche. Murs imprégnés de leur travail. La fureur de l’utile n’autorise plus à laisser de tels endroits dans leur jus. Mais chut! Ne dérangeons pas dame araignée, surprise en plein surf sur sa toile, et le fil aux lèvres.

Jamais l’hiver, au risque d’agacer l’arbre pris dans sa nudité, les courants d’air qui se promènent en maîtres et se rient des fantômes. On en ferait un loft, un atelier, quelque chose, on oublierait d’apprendre à écouter. Revenez au printemps, laissez-nous tranquilles!

Et puis les enfants qui feront claquer les balles de ping pong, les raquettes jetées bruyamment, leurs pas, leurs cris, l’été mijotant dans le vieux garage.

Avant de repartir, une photo dérobée. .

Voleurs, oui, mai de quoi?

(mars 2011)

coaching en couleurs


Lorsque je me suis lancé dans ce blog, je n’imaginais pas combien deux de mes centres d’intérêt principaux, le coaching et la couleur, finiraient par s’entremêler en un thème riche et puissant, par la voie de la PNL.

Sur la couleur, je recommande fortement la lecture de Michel Pastoureau, dont le tout dernier : les couleurs de nos souvenirs, m’enchante.

Je cite ici un extrait de l’article que lui consacre l’Express :

« C’est toutefois par un souvenir relatif à l’auteur de Nadja que s’ouvre son dernier livre : « Un homme plus âgé que mon père, pourvu d’une énorme tête et vêtu d’un gilet jaune. » Et l’historien de remarquer qu’il ne peut vérifier, les photos de l’époque étant en noir et blanc, la fidélité de sa mémoire d’enfant. « Au fond, peu importe, conclut-il. André Breton restera toujours dans mes souvenirs associé à une certaine nuance de la couleur jaune, et, avec lui, l’ensemble du mouvement surréaliste. » C’est là un des fils conducteurs de ses recherches : il y a un arbitraire de la signification des couleurs parce que, en elles-mêmes, elles n’en ont aucune.  »

La PNL nous apprend à découvrir le lien entre les images que l’on crée en imagination et le ressenti, ancré dans le souvenir et dans le corps. Cette pratique m’a tout de suite parlé. Dès le premier jour, je me suis souvenu d’un soir où, rentrant de l’atelier de modèle Aracanthe, j’ai commencé à retravailler des pastels. Une joie profonde m’envahissait, différente de la satisfaction que l’on peut éprouver dans le geste de dessiner : c’était bien la couleur, le fait de poser la couleur, qui m’emplissait d’une telle joie. J’aurais éprouvé la même à repeindre un mur ou n’importe quelle surface. Le plaisir de la couleur pure, indépendamment de la forme.

Et voilà pourquoi je m’étonne que l’on évoque si peu la place de la couleur dans l’oeuvre de Jean-Michel Basquiat. Nous en avons reparlé avec Alain Cayrol. Aujourd’hui, et de plus en plus, je crois que c’est la puissance émotionnelle de la couleur qui suscite une indicible frayeur chez nos grands rationnels tenants de l’Art Contemporain, et je fais le pari d’un nouveau cycle, où la couleur nous reviendra par le sud.

Le coaching nous enseigne à nous connecter avec toutes les provinces de l’âme. Chacune a sa couleur, sa vibration, son rythme particulier. il ne tient qu’à nous de les accueillir avec bienveillance et curiosité.

Osez! Le voyage en vaut la peine.

Derrière la magie


Alain Cayrol nous introduit au monde multi-sensoriel de la PNL. On travaille avec les mots, les images, on joue beaucoup, on « fait comme si », guidés par la bienveillance et le tact. Les techniques les plus puissantes accomplissent des merveilles lorsqu’elles sont guidées par une éthique irréprochable.

A ce sujet, la définition qu’en donne Wikipédia appelle quelques commentaires : « un ensemble de modèles et de techniques de développement personnel originaires des États-Unis et destinés à améliorer la communication entre individus et à s’améliorer personnellement. Elle peut être employée dans des cadres personnels, ou d’entreprises. Le terme a été inventé par John Grinder et Richard Bandler dans les années 1970 et, selon les créateurs, s’inspire du travail d’autres psychothérapeutes, dont Milton Erickson, Virginia Satir et Fritz Perls. Richard Bandler en donne la définition suivante : « Étude de la structure de l’expérience subjective. » » (jusque-là, tout va bien) et la coda : « la PNL est classée (par qui???? on ne le sait pas…) comme une pseudo-science.

Si la PNL avait la prétention d’être une science, cela se saurait. Certes, il y a le jargon. Et alors? Quel métier n’a le sien? Accuse t-on les plombiers, les charpentiers de jargonner parce qu’ils utilisent des mots précis pour décrire leurs gestes professionnels? D’autre part, une affirmation qui ne cite pas ses sources contredit les principes mêmes de la charte éthique des contributeurs de Wikipédia. On peut donc affirmer qu’elle s’auto-détruit, non sans avoir au préalable fait un certain nombre de dégâts. Un autre reproche fait à cette discipline concerne les ravages causés par les PNListes-manipulateurs dépourvus d’éthique.

Comme l’explique Alain Cayrol, la PNL se situe « au-delà de la magie ».

Elle a pour objectif premier le bien-être et le développement personnel, n’en déplaise aux apprentis sorciers et autres professeurs Mabuse déguisés en consultants qui ne l’utilisent que pour aligner leurs clients, non sur leur propre énergie, mais sur des comportements « acceptables » dans l’entreprise, au détriment de leur propre originalité.

Il ne tient qu’aux pratiquants de leur donner tort en faisant briller les couleurs de l’imagination, du ressenti et des émotions les plus vives, avec sagesse et bienveillance pour fils conducteurs. L’émotion positive c’est tout de même un sacré moteur de vie!

Pour conclure, disons simplement que la PNL nous enseigne, ou plutôt : nous permet d’expérimenter que nous sommes libres, à tout moment, de choisir notre état émotionnel, les couleurs dont nous voyons notre vie. La liberté que donne le fait de disposer d’une plus large palette d’options constitue en soi une « raison raisonnable et suffisante » d’essayer. Car la PNL, c’est avant tout un outil, un simple outil au service d’une démarche plus complète qui s’appelle le coaching.

Rire aux Philippines


Je me demandais que rapporter des Philippines.

Le rire, bien sûr, comme ce master qui pratique le yoga du rire sur des policiers.

On lui enverrait bien un billet d’avion pour le championnat mondial d’empathie, avec visa indéfini.

des super réserves de courage


On parle beaucoup de Stéphane Hessel et de son livre « Indignez-vous« , publié chez Indigènes Edition, et c’est très bien, car la sagesse parfois (souvent?) consiste à se révolter contre l’insupportable.Mais un autre livre paru en 2010 mérite toute notre attention : il s’agit du magnifique livre de Cynthia Fleury sur le courage (Cynthia Fleury, la fin du courage)

Qu’est-ce que c’est, le courage ? Comment ça vient ? Comment se constituer des super-réserves de courage? Courage de se réveiller tous les jours, à chacun ses raisons : l’ambition, le défi, l’amour, la persévérance. Tous ces mots simples au goût savoureux de pomme fraîche, à croquer. Dans le courage semble s’offrir une sortie du temps, « comme s’il existait un passage secret entre la vie et l’éternité ». Horizon toujours ouvert.

Au pays d’abondance ou les super réserves


Ma voisine m’a regardé bizarrement en me voyant revenir du supermarché avec HUIT bouteilles de shampoing.

J’ai songé un moment lui expliquer l’exercice de coaching sur les super-réserves et puis, non. Je crois qu’elle a aimé les mandarines que je lui ai offertes juste avant de partir pour Séville.

L’idée n’est pourtant pas si compliquée à expliquer : il s’agit de transformer un sentiment (anxiogène) de pénurie en appréciation (jouissive) de l’abondance. Notre professeur de coaching, Nicole de Chancey, nous avait ainsi suggéré d’aller, délibérément, dans le sens de l’exagération, juste une fois, pour faire l’expérience de l’abondance.

En mettant ainsi l’accent sur le ressenti, sur l’appréciation plutôt que sur le manque, elle nous donnait un magnifique pouvoir sur nos vies.

On peut faire le même exercice avec les témoignages d’amour, d’amitié ou d’affection. Les personnes en déficit d’estime de soi pourront demander, sans honte aucune, des « douches de compliments ».

Vous n’osez pas? Pensez au plaisir que ce serait de recevoir, en toute simplicité. Prenez-le comme un jeu, et amusez-vous bien.

Et vous, qu’avez-vous en abondance?

2011 année du colibri


L’année du colibri

Depuis que Nicole de Chancey nous a raconté l’histoire du colibri, j’y reviens souvent, et ne cesse d’y trouver toujours plus de matière à méditer.

J’aimerais vous la raconter à mon tour en guise d’inspiration pour cette nouvelle année. Un jour, un gigantesque  incendie ravage la forêt d’Amazonie. Pressés par les flammes, enveloppés d’âcres tourbillons de fumée qui les prennent à la gorge, les animaux s’enfuient de tous côtés, se bousculant dans un sauve-qui peut général. Réfugié sur la berge du fleuve, un jaguar à la puissante musculature observe l’étrange manège du colibri. En temps ordinaire, le seigneur de la jungle ne perdrait pas son temps à suivre les faits et gestes du petit volatile, jouissant parmi les habitants de la forêt d’une réputation de frivolité pour son habitude de voleter de fleur en fleur tel un éclair bleu vif, recueillant au passage le délicieux nectar de son bec long et effilé. On prétend même, car la jungle en temps ordinaire bruisse de commérages, qu’il  lui arrive de s’enivrer de nectar, et de tenir ensuite des propos fort peu cohérents. Aujourd’hui, cependant, l’obstination du colibri qui   ne cesse d’effectuer des aller-retour entre le fleuve et la forêt dévorée par le feu l’intrigue. A chaque voyage, il puise dans le fleuve une minuscule goutte d’eau qu’il s’en va verser sur les flammes, au péril de sa vie. Etonné par cet effort qui lui semble bien futile au regard des proportions gigantesques de l’incendie, le jaguar demande au colibri : « mais, que fais-tu » ? Et sans se démonter, le colibri répond : « je fais ma part ».

Faire sa part

Cette histoire m’enchante par sa simplicité pleine de profondeur. Elle en appelle à cette valeur très contemporaine de la responsabilité, individuelle et collective, avec un très juste sens des proportions. Car ce qu’elle propose de faire à chacun d’entrez nous, c’est de prendre sa part, toute sa part, et rien que sa part. Il ne s’agit pas de s’épuiser à tenter l’impossible, ce qui nous conduirait à l’échec et donc à la perte de l’estime de soi. Il ne s’agit pas non plus de se croiser les bras ou de se jeter dans la distraction sous prétexte que tout effort serait vain face à l’immensité de la tâche. Entre ces deux extrêmes, avec infiniment de tact, le colibri nous ouvre un espace de liberté et nous redonne du pouvoir face à l’inéluctable. Il nous incite à mobiliser nos talents, à les déployer au service d’une cause noble et digne d’effort. Car le colibri n’est pas du genre à asséner des leçons de morale : il donne l’exemple, en toute humilité, mais aussi avec la pleine conscience de la valeur de sa contribution. J’entends beaucoup de juste fierté dans « je fais ma part ».

Le courage du colibri

Faire sa part, c’est assumer sa part de responsabilité dans ce monde, et d’abord dans sa vie. C’est faire de son mieux, et ne pas culpabiliser si l’on ne parvient pas à éteindre l’incendie à soi tout seul. C’est supposer aussi que l’on ne restera peut-être pas seul bien longtemps, c’est croire en la capacité des autres à se mobiliser à leur tour, inspirés par l’exemple et le courage du colibri. C’est l’expression d’une valeur fortement démocratique et solidaire, dans le respect de soi et de ses talents : ma contribution vaut celle de chacun, participe d’une dynamique générale. C’est une voix dans un chœur puissant.

Apprécions enfin le style du récit, qui fait toute sa force : la goutte d’eau transportée dans le bec du colibri peut être minuscule, la portée de son geste n’en est pas moins immense. Il y a dans ce contraste une élégance qui me ravit.

Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année, joyeuse, productive et gourmande.

2010 en mots clés (et en images)


Avant de saluer l’année du colibri, il convient de dire au revoir avec grâce à celle qui va se clore, sur ces images de Séville.

Buencarmino chatouille la souris depuis quatre mois seulement, mais c’est une souris productive avec déjà plus de cent articles au compteur et plus de 2,300 pages vues, ce qui n’est pas si mal. J’ai donc choisi de lister ici les mots et les catégories qui vous ont amenés sur ce blog, avant de passer à un autre cycle.

DESSIN Parmi les catégories les plus recherchées, le dessin, comme acte de tracer à la main sur du papier des traits formant une figure, occupe une place prépondérante avec les mots suivants :

Aurélie Gravelat, dessinatrice de talent (un grand merci au passage à Serghei Litvin, fondateur de la Foire Internationale du Dessin, et à son Blog du dessin), dessin, croquis, nus, pastels, couleur, modèle, Anne-Marie Franqueville, Aracanthe, Mirella Rosner, outils, main (mais zéro pour « déterritorialisation« , pan sur les doigts, ça m’apprendra à frimer avec des mots de plus de quatre syllabes). Le dessin, comme le bricolage et toutes les activités manuelles, nous reconnectent au monde réel. Ils nous libèrent de la molle tyrannie du « monstre doux« , car le moindre trait, même le plus malhabile, signe l’affirmation d’un acte unique posé dans l’espace de la feuille : quand je dessine, je ne consomme pas, je suis.

PEINTURE : …la peinture  avec Jean-Michel Basquiat (Basquiat, le sacre de la couleur), suivi de Jérôme Bosch, dont j’ai tant aimé voir la Tentation de Saint Antoine à Lisbonne. Le voisinage me ravit, puisque je vois de fortes affinités entre ces deux peintres qui ont eu le courage d’explorer les cauchemars de leurs époques respectives – et les leurs.  Bosch et Basquiat : cela mériterait d’y revenir une autre fois, dans un prochain article. Loin derrière, le caniche pour milliardaires Murakami, amusant la galerie des glaces (me rappeler, en 2011, de parler de l’autre Murakami, celui de Kafka sur le rivage).

ECRITURE … Ce blog est né d’un défi : celui d’écrire tous les jours pendant l’été, puis de publier. Résister à la tentation du silence, à l’injonction mollifiante « à quoi bon, tout a déjà été dit ». Saluons ici les auteurs  de Mille Plateaux Deleuze et Guattari, mais aussi Valère Novarina, Racine (et Phèdre au labyrinthe), Proust qui nous aura vu courir sur les petites routes sarthoises;  mentionnons l’auteur fin de cycle, Houellebecq, mais surtout Cynthia Fleury (la fin du courage), Rafaele Simone (le monstre doux, le monstre doux, le monstre doux qui vous hypnotise avec sa voix de velours), François Cheng, et Stephan Zweig. Dès le départ, ce blog est né avec l’idée d’utiliser toutes les possibilités du lien html et ses ramifications infinies. Lier, c’est offrir un outil pour créer du sens. Opposer, juxtaposer : avec Edgard Morin, résister à la tentation de simplifier le millefeuilles du réel, de nos émotions, et ce qui nous lie.

EMPATHIE… l’empathie, (« l’empathie n’est pas une maladie », objet de nombreuses recherches sur Google), Antonio Damasio, qui nous mène au coaching avec Alain Cayrol et Nicole de Chancey; mais ni l’amour ni la tendresse ne vont ont menés jusqu’à ce blog; Pudeur ou désintérêt? On en parlera plus en 2011 car je pense, avec Luc Ferry, que l’amour est l’une des forces qui contribueront à structurer notre culture commune au 21ème siècle, en plus d’être une valeur profondément démocratique.

Vous vous êtes aussi demandé s’il y avait des mouettes dans la Sarthe (réponse : oui, et d’autres animaux voyageurs),

Vous avez interrogé Google sur le butô, sur Lisbonne et sur les Philippines, sur la Sarthe et sur l’île de Ré, sur David Pini, et nous avons parfois eu de beaux échanges sur l’un ou l’autre de ces sujets.

On explore ici les relations compliquées entre les mots et l’image, en cherchant le chemin d’une forme d’authenticité dans l’expérience. Et si l’on échoue, eh bien, on s’efforcera d’échouer toujours mieux. L’important est de faire sa part, comme dit le petit colibiri.

A bientôt, avec tendresse, espièglerie et curiosité pour la nouvelle année. Meilleurs voeux!

Espiègleries (Haddock au pays des licornes roses)


Au pays des licornes roses, il faut s’attendre à d’improbables rencontres. Mais de là à prendre la licorne rose pour un doudou, et le capitaine Haddock pour un bisounours, faudrait pas se payer notre Castafiore.

Dessine moi un tigre


Persévérance : un mot qui tourne comme une clé dans une serrure.

La limite et les tigres


Les demis

En cercles de feu protéger des tigres un espace appelé à grandir, sans autres limites que celles posées sous le sceau de la bienveillance.

Car ce que vous me demandez, je ne pourrai toujours l’offrir, et sans véritable consentement, que vaudrait l’offrande?


Ces limites-là, les garder jalousement, les chérir, jusqu’au jour où l’arbuste aura tellement grandi que les tigres pourront venir se reposer à l’ombre de ses branches.

Oui, ce jour-là, nous saurons rire avec les tigres et partager leur territoire.

Gratitude ou l’arrosage automatique


Remercier les obstacles pour les ressources qu’ils nous ont permis d’acquérir.

Arrosage automatique : Nicole de Chancey nous raconte l’histoire de cette femme qui ne se sentait pas suffisamment appréciée. Elle demanda à tous ses amis de lui adresser un compliment chaque fois qu’ils la verraient. Le compliment pouvait concerner une chose qu’elle venait de faire, un vêtement qu’elle portait, sa façon de se coiffer : peu importe, seul comptait le fait de lui adresser le compliment. Ses amis, amusés, se dirent probablement qu’elle se comportait de manière étrange depuis qu’elle avait commencé ces séances de coaching, mais pour ne pas la contrarier ils se prêtèrent de bonne grâce à sa lubie, somme toute pas très difficile à satisfaire. Lorsqu’elle éprouva le sentiment d’avoir complètement rassasié son besoin de reconnaissance inassouvie, elle fit savoir à ses amis qu’ils pouvaient désormais se dispenser de cet rituel, mais l’habitude étant prise, ils continuèrent non seulement à lui adresser à elle un compliment chaque fois qu’ils la voyaient, mais aussi à tous leurs autres amis, et même à des inconnus, car rien ne se multiplie autant qu’une habitude agréable.

Puissance Butô

Quelque temps plus tard, lorsque son coach lui demanda ce que cette habitude avait changé en elle, la femme répondit : j’ai appris à dire non.

 

Les couleurs du coach à Cochin



La couleur vient quand ça lui chante
Le printemps n’ a pas d’heure
Le rire éclabousse de son frais grelot
Notre incertitude effarée

 

 

 

 

 

Dessiner ce geste naissant, maladroit,
Que l’on ne sait jamais refaire,
Nous coûte et nous ravit
Couteau si près du coeur

 

 

 

 

 

Dans le couloir de l’hôpital,
Un jeune inconnu face
A la porte close
Attend, je l’écoute

 

 

 

 

 

Elle a pleuré en sortant,
Il a pris ses mains,
Douces paroles,
Amour sans ordonnance

 

 

 

 

 

La couleur est si vulnérable,
Il faut la protéger
Comme on prend
Dans ses mains le visage aimé

 

 

 

 

 

Si je t’offrais le vert tendre et le rose,
Le blanc d’ivoire et le jaune
Pâle, est-ce que cela
te donnerait plus de courage?

l’empathie n’est pas une maladie


L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

 

 

le Bulul, gardien des rizières

L’empathie désigne notre capacité à ressentir avec l’autre,  ce qui ne signifie pas se laisser envahir par ses émotions. Or, tous les bons coachs vous le diront, pour être en mesure d’aider, il faut d’abord savoir préserver son intégrité, poser ses limites, protéger son territoire. La bienveillance trouve ainsi son point d’équilibre.

1. Une sagesse mise en pratique par les Ifugao, peuple du nord des Philippines qui ont construit et continuent d’entretenir les rizières en terrasse depuis 2000 ans. Ces montagnards farouchement indépendants ont pour coutume d’installer des statues en bois, nommées bululs, à l’angle des rizières, autant pour les protéger que pour les délimiter. Bienveillance et vigilance vont de pair. Les Philippins, connus pour leur grande hospitalité, n’en posent pas moins des règles. De même, l’empathie ne signifie pas renoncer à son intégrité, mais se décentrer juste suffisamment pour ressentir avec l’autre. Protégeons nos rizières tout en restant à l’écoute.

2. « L’empathie n’est pas une maladie », déclare Frans de Waal interviewé dans le Monde. L’auteur de l’Age de l’empathie explique l’importance de l’empathie et de la coopération dans l’évolution de l’humanité. Citation :  « en valorisant la compétition au détriment de l’empathie, nos organisations auraient fait fausse route ». Puisque nous sommes de plus en plus nombreux sur une planète dont la taille n’augmente pas, il va bien falloir apprendre à nous écouter, et à nous entendre.

3. L’émotion, source de la conscience : lire cet entretien avec le neurobiologiste portugais Antonio Damasio dans la Recherche. Si même les paramécies ressentent des émotions, il va falloir sérieusement revoir notre conception de nos relations avec l’univers du vivant.

Extrait : Antonio Damasio : « Chaque chose, selon sa puissance d’être, s’efforce de persévérer dans son être. » Cela est valable pour la paramécie comme pour l’homme et, chez l’homme, pour une cellule comme pour l’organisme entier. En termes modernes, c’est aussi dire que toutes les dispositions de nos circuits cérébraux sont, sauf accident, programmées pour rechercher à la fois la survie et le bien-être. »

Banaue rice terrasses by Mark Maranga

On se sent moins mesquin, du haut des splendides rizières en terrasse de Banaue.

Lisbonne et la tentation Bosch 3/3


Lisbonne dessine aussi … cliquer ici, merci ParisDessin


Lisbonne, ville idéale où savourer l’automne et ses brouillards, accepter de se perdre et s’accorder le temps de la confusion, des cheminements complexes, itinerrances.

Au musée Gulbenkian, la Tentation de Saint Antoine, par Jérôme Bosch, illustre ce moment de désarroi. Les dessins préparatoires révèlent une maîtrise technique soutenue par une imagination inquiète. Mais le plus intéressant, chez Bosch, est l’extraordinaire inventivité des motifs.

Dans un langage plus contemporain, les tentations, c’est tout ce qui nous décentre et nous livre au besoin de combler le manque par une frénésie de consommation. La surabondance des monstres dans le tableau de Bosch évoque le harcèlement publicitaire, le bruit de fond ambiant dans lequel nous baignons en permanence : aujourd’hui, l’enfer, c’est le trop.

Certains historiens de l’art ont soupçonné Bosch d’avoir consommé des plantes hallucinogènes, oubliant que le génie du peintre c’est justement de savoir traduire en images la violence et la folie qui guettent chacun d’entre nous. Il suffit de prendre le métro pour ressentir ce dont parle le tableau.

Allons coacher dans les musées, celui de Lisbonne vaut largement le détour.

Liens : des croquis préparatoires pour la Tentation de Saint Antoine