Archives de Catégorie: Coaching transition de vie

Apprentissage ou la main qui gratte


En coaching, on nous apprend que si nous ne sommes pas nécessairement responsables de ce qui nous arrive, nous pouvons choisir la manière dont nous y réagissons. Ce que nous percevons comme des échecs, même les plus amers, ceux qui râpent, ceux qui nous font des noeuds à l’estomac, tout est occasion d’apprentissage. Nous pouvons toujours en tirer un enseignement et la résolution de faire mieux la prochaine fois, avec les éléments dont nous disposons.

Dans le dessin, un trait raté ne se rattrape pas, mais on peut toujours s’engager à s’entraîner, pratiquer encore plus assidûment pour améliorer sa coordination oeil-main. Il est rare que les résultats ne suivent pas.

A l’atelier de modèle vif Aracanthe, on se regarde parfois, après la séance, un sourire en coin, on hausse les épaules, et puis la parole s’ouvre : on n’est pas là pour la performance, pas forcément pour le plaisir, mais pour avancer.

Bien sûr on peut aussi se mordre les doigts, crier sa frustration, déchirer le papier, se rouler dans la poussière de fusain, si ça fait du bien …

Saison de l’écoute


Au départ, la cendre et le cri
On n’y coupe pas, le frémissement contenu
Les arbres nus comme des bronches
Pour capturer le bleu du ciel

La cascade  sous l’écorce
Et la floraison tremble :
Toute une fourmilière
Courant sur les branches
Une chanson mûrissant
Jusqu’à la plénitude du fruit

Le vieil or tombe en octobre
Avec un bruit blet
On cherche alors le goût
De la sève, on l’a
Sur le bout de la langue,
Et puis trois petites pommes rouges qu’on interroge
Une idée perce

Après, tout recommence


Saison des jeux


Secouez-moi

 

Secouez-moi, je suis plein de rires
Mes rêves se multiplient dans l’ombre
Et mûrissent au soleil

Chercher dans le banal
Ce qu’on trouve, on le partage
Et ce que l’on partage
Enrichit


Enfants de Batangas
Votre coeur gros comme un soleil
Battant m’illumine
Apprenez-moi l’écoute

 

*Batangas, Philippines

La check-liste du guerrier (dédié à Pascal)


 

 

Yuyu le Redman

Concevoir la guerre
En méditer les buts
La préparer
Invoquer son génie
Recenser ses armes et les fourbir
Négocier des alliances
Renforcer ses défenses avant d’attaquer
Faire le tour de ses peurs
Fourbir, fourbir, fourbir encore
Endosser son armure
Et partir au combat,
Résolu.

Voir aussi Seth Godin : Heroes and mentors, ou comment trouver ses armes cachées sous les pierres, et le livre de Cynthia Fleury sur le courage (de dire non?) et comme je l’ai promis un exemple de « Bravomètre »

 

le bravomètre ou le coaching par l'image

 

Sophie Hutin la présence buto (2)


Envie de légèreté après la série d’articles précédents, bienvenue dans l’univers de Sophie Hutin, artiste, danseuse Butô qui propose des poses magnifiques, bien trop sophistiquées pour mon misérable crayon mais comme on dit à l’école des coachs : « abondance de bienveillance ne nuit pas ».  Sur sa page facebook, une définition du Butô qui renvoie à l’authenticité requise pour le coaching :

« Butô : révéler la force de la vie primordiale… être nu(e) en tant qu’être vivant entouré par les autres… ou juste être honnête en face de sa propre vie… »

Aller à l’essentiel, noter une impression, condenser le fruit d’une méditation en quelques mots : le haïku rejoint l’art du croquis, deux modes d’expression parfaitement adaptés au format blog.

http://fr-fr.facebook.com/sophie.hutin

En son honneur, quelques haïkus pour s’alléger le coeur :

La rosée s’égoutte
Pour un peu l’on voudrait rincer
le monde flottant
(Bashô)


Je mange un kaki
La cloche se met à tinter
Temple Horiyji
(Shiki)

Saison des labours
L’homme qui cherchait son chemin
Se perd dans le lointain
(Buson)


Comme est magnifique
Par un trou dans la cloison
La voie lactée
(Issa)

David les vidéos (5/5)


Octobre 2008

En octobre dernier, dans ma chambre à C…, je m’octroyais un week-end à la campagne, un répit entre les visites à l’hôpital où David, mon ami d’enfance, luttait contre la paralysie. Comme une bande son sa profonde voix de basse récitant Phèdre m’accompagnait :

« Noble et puissant auteur de ma triste famille,
Toi dont ma mère osait se vanter d’être fille
Qui peut-être rougis du trouble où tu me vois… »

En regardant le paysage à travers les carreaux couverts de buée, j’ai tracé du doigt un sillon et j’ai commencé à filmer en m’efforçant de maîtriser le tremblement convulsif de mes mains.  Tenir cet appareil  coûte que coûte, stabiliser l’image, devenir son dernier regard, capturer pour lui cette lumière de l’automne rougeoyant sur la vigne vierge et le toit des communs, sans faiblir, avec la même force de conviction qu’il aurait mis dans sa voix pour déclamer :

« Soleil, je viens te voir pour la dernière fois ».

De retour à Paris, je lui ai montré la vidéo sur son lit d’hôpital. Il ne parlait déjà plus, sinon ce langage que nous avions inventé : une pression des doigts pour oui, les yeux roulant de droite à gauche pour non, charge à nous de trouver comment formuler les questions. Je rapportais ces photos du front, de la frontière embuée dedans-dehors, la vie dehors, la mort dedans, extériorisant à ma façon mon horreur de la paralysie qui le gagnait.

Aujourd’hui je peux m’approcher de cette frontière, poser des mots, tenter de l’apprivoiser. Juste assez pour exprimer toute ma gratitude envers David pour nous avoir offert, à tous, cette atroce expérience en guise de préparation au pire, à l’extinction progressive des lumières chez un être proche, afin d’en mieux goûter chaque instant de présence pendant qu’il en est encore temps.

Traversée de la peur


La peur nous accompagnait depuis si longtemps qu’elle nous était devenue familière : une ombre imperceptible, une partie de nous-mêmes. Elle assombrissait l’éclat de nos jouissances, ralentissait l’élan de nos paroles et de nos gestes.
Celui qui serait venu nous dire : « on peut vivre sans peur », l’aurions-nous écouté ?
Or, tandis que s’approchaient les derniers jours de l’été, quelque chose d’incroyable se produisit. La peur nous apparut soudain comme un hôte indésirable. Son poids devint trop lourd, et nous avons cherché le moyen de nous en débarrasser.
Nous avons commencé par repérer ses traces, discrètement, pour ne pas alerter sa vigilance. Nous avons reconnu son ombre sur les photos, les zones plus ternes sur la carnation de nos visages, où l’on discernait sa présence.
C’est alors que nous avons compris : la peur était partout. Son empire était immense, elle régnait jusqu’au plus profond de nos cellules, jusque dans les recoins les plus reculés de notre cerveau dont elle réorganisait les circuits à notre insu.
Il allait falloir agir avec résolution, avec une ruse, une persévérance infinies. Il nous faudrait nouer contre elle de solides alliances et nous forger des armes. La guerre serait longue et cruelle. Enfin, nous sommes parvenus au cœur du système, dans son repaire le plus profond. Après des mois d’une traque impitoyable, la peur était face à nous, gigantesque, obèse, nourrie de tous nos sacrifices, de nos prières, de nos renoncements, enhardie par nos offrandes. On ne voyait que ses pieds, tandis que sa tête se perdait dans les nuages.
Nous avons senti notre courage nous abandonner devant le mur de la cascade grondante. Le vacarme était assourdissant. La vapeur amollissait notre résolution. Alors, l’un d’entre nous a eu l’idée de tendre une passerelle jusqu’à l’autre bord et c’est ainsi que nous sommes passés, tout d’abord en rêve, puis pour de bon.

(rappel : lire la fin du courage, de Cynthia Fleury)

AVARAP : école de courage.

La démarche AVARAP


La démarche AVARAP, concue pour aider des cadres en transition, rejoint celle du coaching. Dans les deux cas, l’objectif est d’aider les personnes à se prendre en charge et réussir leur projet professionnel ou leur projet de vie. Dans le cadre de l’AVARAP, les ingrédients de la réussite sont la méthode, la discipline individuelle et collective ainsi que la solidarité du groupe. En coaching, ce sont les techniques utilisées par le coach et sa capacité à créer du lien pour encourager le client, l’aider à y voir plus clair. Ce blog est né dans le cadre d’une telle démarche,  journal de bord où consigner les réflexions liées aux diverses étapes de la méthode AVARAP :  miroir et préparation à l’ADT, un atelier au cours duquel les « compagnons d’AVARAP » proposent le plus grand nombre possible de pistes, notées sur des post-it, afin d’ouvrir largement l’éventail. (Du post-it comme fil rouge d’Ariane pour sortir du labyrinthe de nos vies professionnelles compliquées?)

La finalité de l’exercice est de prendre une décision, de choisir une voie et de fournir matière à inspiration pour les autres membres du groupe. Par souci d’efficacité, il est important de n’éluder aucun des doutes qui peuvent surgir à propos d’un projet, dans le but de les examiner avec réalisme et de les réfuter avec la plus grande résolution.

Mais pour réussir, pour tenir la distance, il est important de soigner son équilibre de vie, prendre le temps de méditer, de se former, d’aimer la vie. Extrait du blog de Jacques Attali, dans l’Express : « Les vacances devraient permettre de s’adapter aux révolutions qui approchent. Dans les quelques semaines qui nous séparent encore de cette rentrée de tous les dangers, le mieux est encore, pour chacun, de retrouver des forces, de rire, de se reposer, d’écouter de la musique, de tisser des liens avec les autres et de réfléchir à son destin dans ce monde de plus en plus difficile.  (…) Réfléchir à la façon de s’y préparer suppose bien des mutations mentales et logistiques. Qui a vraiment réfléchi au meilleur usage qu’il peut faire, pour lui et pour les siens, des années qu’il lui reste à vivre? Qui a vraiment conscience de la dictature du mouvement qui approche? Qui se prépare à être au mieux de lui-même, formé, en éveil, mobile, à l’écoute des menaces et des attentions des autres? Qui pense vraiment à devenir lui-même, c’est-à-dire à ne pas rester ce que les autres décident pour soi? »

Ce journal participe d’une telle démarche de préparation, et c’est plus facile, ou moins difficile, ensemble que seul.

Ecrire bricoler tenir


 

Tenir

 
Ecrire ou bricoler. Frustration, douleur, parfois de menues récompenses. L’enjeu, c’est d’entretenir la motivation jusqu’au point de basculement, savourer d’étranges découvertes enfouies sous des couches de crasse et de poussière. Persévérer, fractionner la tâche en tout petits morceaux pour se donner autant d’occasions de célébrer.

Tenir jusqu’à vendredi. Le troisième jour est toujours le plus dur. S’inspirer des sportifs qui reprennent le chemin de l’entraînement tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente, même après une défaite.Tout en haut du placard, une étagère incrustée de poussière où sommeillent de vieilles bouteilles de gnôle et des carafes en cristal aux armes des C… Ce vieux meuble aurait-il une relation particulière au temps ? Collé à l’intérieur de la porte, un menu jauni propose : endives cuites, veau façon Orloff, gâteau de semoule à la confiture de mûres. Septembre 1937.  Ils ont dû se régaler. Le soir, j’ai commencé le premier des panneaux du centre. Ai-je dit que la couche de peinture originale, sous le jaune vif, était d’un marron à vomir ? L’épaule et le poignet me brûlent, la peau de mes pouces durcit. La musique se mélange dans ma tête : Lady Goldberg et les Variations Gaga.

Un été dans la Sarthe


Samedi 24 juillet : Journal Avarapien

Si vous lisez ceci, mes chers compagnons d’AVARAP, c’est que j’ai déjà gagné deux paris : le premier, qui est de vaincre ma réticence à écrire et d’envoyer ce journal de l’été 2010 que je vous dédie, et le second, qui est un pari sur votre curiosité. Vous avez cliqué, l’envie de lire a pris le dessus sur la langueur estivale, alors décapsulons ensemble cette première livraison, et que ça pétille !

Ce journal, je m’engage à le tenir pendant les quelques semaines que nous passerons sans nous voir. Jusqu’à notre prochaine réunion, fin août, je m’imposerai la discipline d’écrire tous les jours, ne serait-ce que trois lignes.

Journal avarapien ? Nous sommes tous en vacances, et nous les avons bien méritées, alors pourquoi m’imposer cette corvée de l’écriture quotidienne ? Et pourquoi pas des devoirs de vacances, tant qu’on y est ? « Allez, fini la partie de pétanque, c’est l’heure de rédiger vos Réalisations Probantes ».  Ou bien : « après la plage, n’oubliez-pas de préparer vos Miroirs ». Les vacances, est-ce que ça n’est pas fait pour tout oublier, et particulièrement tout ce qui relie à l’univers professionnel ? Quid du Droit à la Torpeur ? Sauf que la démarche AVARAP, justement, c’est une horloge dont les petites roues ne cessent de tourner, même pendant les vacances, au bord de la plage, à la montagne ou, dans mon cas, au plus profond de la Sarthe. Entendez-vous ce petit grésillement sournois ? Pendant l’été, les doutes reprennent leur travail de sape, avec l’appétit d’une colonie de termites. Les désirs et les peurs continuent leur guerre souterraine, tandis que la réflexion commencée au mois de juin chemine, par des sentiers sinueux, ombragés, furtifs. Si j’entreprends de tenir ce journal, c’est précisément parce que l’appréhension de l’écriture est l’un des obstacles que j’entends affronter. Disons que nous jouons à cache-cache, elle et moi, depuis longtemps. Qui, parmi nous, n’a jamais été touché par l’ombre du doute ? Qui peut dire : « mon pied ne connaît pas le poids de ce boulet »? Je vous confie les miens, non par souci d’épanchement, mais par jeu, par défi, et puis par plaisir. Espérons qu’il sera réciproque.

Oser


Dédicace

Ce blog s’inscrit dans la continuité du travail de réflexion sur la transition professionnelle mené au sein du groupe AVARAP « Monday After ».  Tourné vers l’action et la réflexion positive, dans le but de préparer la rentrée, il est dédié à ma famille, à mes amis et à mes compagnons de lAVARAP, ainsi qu’à mes anges des deux mondes. De manière plus large, il s’adresse à toutes celles et tous ceux qui s’engagement ou souhaitent s’engager dans une vie plus colorée, plus intense, hors des chemins balisés.

J’aimerais les encourager par le récit de cette expérience à suivre leur désir et travailler selon leurs convictions. J’aimerais, avec leur aide, faire de ce blog un lieu de partage où l’on s’entraîne ensemble à confronter le doute et trouver les chemins du courage. D’avance je les remercie pour leurs commentaires, leurs témoignages ou tout simplement pour leur curiosité.

Il y a tellement de raisons de ne pas faire. Je vous propose d’oser.

A toutes et à tous je souhaite bonne lecture, et surtout bonne route : buen camino, avec un R.