On n’est pas des touristes! (tous des touristes)



Un hors-bord, circumnaviguant l’île,

Crève la bulle atemporelle

Où nous avions trouvé refuge.

Nous voici ramenés à notre condition de touristes.




Sur les pistes cyclables on croise

Des hollandais, des parisiens, des brexites,

Toute l’Europe et la dés-Europe

Affluent sur ce bout de terre périssable.

Ce petit paradis soigné, léché, policé,

Tremble derrière ses digues

Nos esprits comme ces marais sont en zone inondable

On n’y verra bientôt plus brouter que des ânes.

famille de cosmonautes

 

Résilience 1


 

Chercher ce qui tient

Et si rien ne tient,

Chercher ce qui nourrit.

Avec humilité, chercher les mots.

Et si les mots ne viennent,

S’emplir du ciel, de la mer, du ressac

Par le corps-fenêtre absorber la lumière

Se laver

Respirer, grandir. Se refaire.

La plage est à moitié vide

Beaucoup n’ont pu venir

Il y a quelques enfants, des retraités,

Des parents fatigués.

Un peu plus tard la lumière se fait caressante,

Une voile de kyte s’élève au-dessus de la mer,

Vert fluo, couleur de l’audace

Tranchant sur la banalité des vagues elle se maintient

Juste à la bonne hauteur pour capter le soleil

Il y a les jeunes avec leur besoin de sport

Par eux la vie rejaillit

Plus tard ils boivent des bières,

Les voici maîtres de la plage.

 

On leur donnerait ce monde à refaire

On aurait tort

Ce serait les embarrasser

On n’entend pas encore de musique

Juste avant de partir un dernier balayage

Où sont les amoureux ?

Penser à l’enfant qui va naître

Lui garder ces merveilles,

La dune odorante et les sternes.

Ce sera son Royaume. Il aura des yeux neufs,

Pour lui l’océan sera le bord du monde,

Les vagues des forces terrifiantes,

Leur éclaboussure un appel.

Le retour de BuencaRmino


 

Après le triple choc des attentats, reprendre la parole s’est révélé plus difficile que je ne l’imaginais. Que dire, et sur quel ton ? Communier dans l’empathie avec les victimes et tous ceux qui ressentent de la peine ou de l’anxiété, ou tenter au contraire d’apporter un peu de légèreté, de lumière, dans un quotidien pesant ? Passer du « moi » au « nous », du témoignage à la réflexion, chercher ce qui rassemble et ce qui transcende. Pas si simple. Dans un premier temps, le repli sur la sphère privée domine. Le besoin de se recentrer, de cultiver ses joies, de guérir, prend le pas sur l’envie de communiquer. Mais on ne peut en rester là. Par où continuer ?

Au départ, ce blog est né d’une envie et d’un défi : écrire tous les jours, comme un sportif s’entraîne, et trouver dans cette forme de discipline un sens de l’accomplissement, du progrès. Sur le fond, des sujets consacrés au développement personnel et professionnel, sur le thème de la transformation.

Depuis le 7 janvier sont apparus d’autres thèmes, une recherche hésitante autour de la résilience et de la joie. Après la sidération, la colère, le chagrin, et tout le plomb qu’il a fallu transformer en lumière, l’envie de partager, de communiquer revient, de plus en plus forte. Nulle promesse ici, juste un espace, un rendez-vous irrégulier où j’espère que nous pourrons trouver du plaisir, ensemble. L’envie d’élargir à d’autres cercles, à d’autres conversations, et de vous dire tout simplement : bienvenue.

C’est la guimauve qui dégouline


Ce mot, sidération. Je repense à New York dans les jours qui ont suivi le 11 septembre. Ce qu’en disait mon ami D…, bien des années plus tard, tandis que nous marchions le long des quais de Paris jusqu’à la passerelle Simone de Beauvoir. Les new-yorkais soudain devenus plus attentifs les uns aux autres, comme les parisiens en ce moment.

Sidérés, les habitants du onzième arrondissement qui n’en peuvent plus des bougies et des fleurs, qui voudraient retrouver une vie normale, une vie comme avant, mais comme avant c’est passé comme le vent, ca ne reviendra pas plus que le vent. Comme avant c’est mort même si Paris vit tout de même sa drôle de vie.  La place de la République transformée en mausolée. On pourrait la renommer Place de la Compassion, qui rime avec Nation.  Bien loin de la Concorde et de tout espoir d’harmonie. Joli mot, pourtant, la Concorde. Maquillage réussi pour une scène de crimes à répétition.

Paris n’arrive pas à tourner la page en ce mois de janvier qui ne décolle pas. L’année commence avec des semelles en béton. Subir ces pesanteurs rendues plus insupportables encore par le bavardage des sachants. On se réfugie dans le cocooning, il paraît que le rose quartz est tendance. Après le sang, c’est la guimauve qui dégouline. Vomir serait thérapeutique. Ne chercher de refuge qu’en soi-même, mais un soi collectif, un soi qui se reprend, qui se parle et se tient debout. Un soi qui devient nous.

Ne trouver de salut que dans cette ouverture. Vivre la déchirure sans tenter d’atténuer la douleur, mais s’appuyer sur elle. Poser notre échelle sur ce mur afin d’aller voir ce qui pousse de l’autre côté.  Viser plus haut, plus intense, oser cela. Ce que je crains le plus ce sont les colères qui ne sortent pas. Celles qu’on rumine en boulottant du chocolat, devant la télé. Sortir de la sidération. Mais quand? Comment? Chanter la Marseillaise c’est bien, ça dégage les bronches, et puis? On accroche au balcon son défi tricolore,  on crie « même pas peur » en noyant ses pleurs, le chagrin ne passe pas. Ce qu’il nous faudrait c’est du rock, du rap, de la poésie rugueuse, irascible.

Il nous faut de vrais artistes-alchimistes, capables de transformer le plomb en or, les ruines en corps doux d’aquarelle, comme Anselm Kiefer et ses drôles de livres â la BNF. A la fin de l’expo c’est un corps de femme, et le pinceau retrouve le langage de l’amour. A la fin, tout à la fin. Mais l’important, c’est que ce soit possible. C’est de croire au parcours, à la sortie du labyrinthe. Une main, qui tient une autre main, puis une autre. Une parole qui circule. Des regards qui cherchent et trouvent le visage de l’autre. Un jour, peut-être, on en fera même une chanson.Kiefer 2015-12-20 15.46.58.jpg

Puissance de la joie


La puissance de la joie, de Frédéric ‪‎Lenoir, est un beau cadeau de l’auteur à son public. Un présent qu’il faut offrir à tous ceux que vous aimez, et pourquoi pas même à des inconnus pour le simple plaisir de voir se répandre autour de soi cette émotion si simple et si forte, « plus profonde que le plaisir, plus concrète que le bonheur ».

On entend déjà les professionnels du doute siffler, de leur petite voix aigrie : n’est-il pas un peu futile d’écrire sur un tel sujet, en ces temps sombres où chacun s’inquiète pour son emploi, pour sa sécurité ou celle de ses proches ? N’est-ce pas une forme de distraction, voire de manipulation, de la poudre rose pour faire oublier les tensions du moment?

Eh bien non, tout au contraire.  Face à tous ceux qui ne cessent de répéter « on n’est pas au pays des bisounours » pour justifier leur cynisme et leur consentement à la résignation ambiante, ce livre apporte des réponses pratiques, accessibles à tous. Il donne envie d’y croire, avec  des arguments convaincants, et c’est l’un de ses plus grands bienfaits. De nombreuses études médicales l’ont démontré : la joie est bonne pour la santé. Mais ce n’est pas tout. Il y a quelque chose de profondément libérateur dans cette simple affirmation que la joie peut se cultiver, s’entretenir. En changeant notre regard sur la vie, sur nos comportements, nous pouvons préparer le terrain pour accueillir la joie et l’inviter à s’installer durablement. Lire la suite

Une visite au musée


Pour bien commencer l’année, pas de texte aujourd’hui, juste des images du musée Guimet, qui rayonne de toute la beauté de l’Asie en plein coeur de Paris. Replacer la culture et l’art au coeur de la vie, pour vibrer avec plus d’intensité, pour s’émerveiller, pour se laisser surprendre. Pour ces sourires bouleversants.Guimet_2401

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Entrer une légende

There has been a unique moment in human history when Western (Greek-macedonian) sculpture met Eastern spirituality. The place was Gandara, spreading across Afghanistan and Pakistan. The era : between 1st and 3rd Century after Christ, 8th Century after Buddha. Paris, musée Guimet

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Entrer une légende

Buste féminin émergeant d’une draperie, VIIème siècle, terre, monastère de Fondukistan, Vallée du Ghorband, Afghanistan, Musée Guimet

Revivre


Les rues de Paris étaient calmes, hier soir. Tout en célébrant le nouvel an parmi des amis chers, j’éprouvais de la tristesse pour mon pays inquiet, meurtri, saccagé, en panne d’espoir et d’amour de soi. Le balcon de ces amis donnait sur la rue où les terrasses du Petit Cambodge et du Carillon auraient dû résonner de cris de joie, de vœux, d’embrassades. Et puis, une bande de jeunes est passée dans la rue, criant « bonne année » à tous ceux qui les saluaient depuis leur balcon. Nous avons répondu à ces inconnues, on s’est souhaité la bonne année, la tour Eiffel au loin s’est mise à scintiller. La vie reprenait ses droits,  comme elle a l’a toujours fait après toutes les catastrophes. Paris revenait à la vie, en mode cocooning et sans étincelles, mais sans renoncer non plus. Ma ville assommée, groggy, mais pas défaite. Notre ville-lumière, capitale de l’amour et de l’esprit pétillant, de la joie de vivre et de l’insolence, a besoin de nous, des liens que nous savons nourrir, de notre résilience créative. En ces temps où le climat déréglé fait fleurir les roses en décembre, nous devrons être nous-mêmes les sources de joie, d’énergie, d’espoir, trouver par nous-mêmes la combativité pour faire face à l’adversité. Car si nous ne le faisons pas, personne ne viendra le faire pour nous.

A jamais, le premier jour de l’an restera une date pr Lire la suite

Cet or invisible et qui rit c’est nous c’est la vie


Depuis vendredi soir, la France a basculé, mais dans quoi ? On s’interroge : est-ce que c’est ça, vivre dans une ville en guerre ? Le sentiment d’innocence perdue. S’inquiéter pour ses proches ou pour des inconnus dès que retentissent les sirènes. Rentrer à pied, le soir, dans des rues désertes. Se tenir au plus près des voitures en stationnement. S’habituer à prononcer ces mots : « tueurs, fusillade, victimes » en parlant non d’une ville étrangère : Beyrouth, Alep ou Lagos, mais de Paris. Passer des heures à rassurer les uns, réconforter les autres et chercher au plus profond de soi l’énergie pour tenir. Cela va durer, dit-on. Bien plus longtemps qu’on ne se l’imaginait en janvier dernier lorsqu’il fallut trouver des mots pour décrire la situation flottante, incertaine et dangereuse dans laquelle nous venons d’entrer. Il y aura encore du sang, du verre brisé, ce sera moche. Autant s’y faire, mais pas au sens où l’on se résignerait à l’horreur. Plutôt comme on se forge une carapace de courage.   La jeunesse de notre pays, ciblée, touchée, vit son épreuve du feu. Elle en sera transformée, devra faire des choix difficiles. Celui de continuer à sortir et de se mélanger à des inconnus ou de se barricader devant sa « fiction ». Choisir entre l’ouverture et le repli, entre la haine et la solidarité, entre la peur et le défi. Elle l’écrit déjà, ici par exemple, et c’est très beau, plein d‘énergie, la rage de vivre et d’aimer. Lire la suite

De la sidération à l’engagement


A mes amis, à mes proches, à mes compatriotes, à vous tous que les événements tragiques de la nuit dernière ont mis en état de choc : j’ai hésité avant de publier la photo ci-dessous, avec le commentaire second degré « les parisiennes portent avec élégance la couverture de sécurité » qui n’enlève rien à la compassion pour les victimes et leurs familles. Ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est sortir au plus vite de la sidération, je le ressens comme une sorte d’urgence. J’ai choisi de le faire avec l’arme de l’humour, avec l’impertinence qui est la marque de notre identité française. Oui, on peut se draper avec élégance dans une couverture de sécurité ou dans le papyrus de César. Mon amie Christiane m’appelle aujourd’hui à compléter cette image avec des mots, des mots dans notre langue, celle qui nous unit et nous fait vibrer. Langue d’amour et d’humour. Le mot le plus bref et le plus impertinent de la langue française, que les enfants apprennent tous petits, c’est « na! », et je l’utilise aujourd’hui comme les crayons bien taillés brandis en janvier dernier place de la République.

Security blankets are the new black 2Comment réagir aujourd’hui? Car il nous faut passer à l’action, communiquer, créer et entretenir des liens forts, vivre, aimer, jouir non pas comme si de rien n’était, mais malgré cette horreur, en signe de défi. La répétition rend la chose plus difficile. Allons-nous marcher à nouveau dans toutes les villes de France, alors que la mobilisation massive de janvier dernier n’a pas empêché le retour de l’horreur? Suffira-t-il d’allumer des bougies à nos fenêtres pour conjurer l’horreur ?

Je crois plus que jamais à l’effet conjugué des actions positives lorsqu’elles s’accumulent au point de constituer une masse critique. Cette phrase du Christ à un homme qui s’approchait des autels pour y sacrifier : « va d’abord te réconcilier avec ton frère ». N’avons-nous pas, les uns et les autres, quelqu’un avec qui nous pourrions nous réconcilier, sans naïveté mais avec courage? Imaginons la masse critique que nous pourrions constituer si chacun d’entre nous faisait ce geste dans les jours qui viennent. A qui pourrions-nous pardonner, tendre la main, pour transformer la polarité négative en force constructive? Est-ce que nous ne nous sentirions pas allégés, plus heureux, ou moins malheureux? N’est-ce pas surtout l’un des moyens les plus efficaces de retrouver du pouvoir sur nos vies? Car le sentiment le pire est celui de l’impuissance, or s’il est un domaine sur lequel nous avons toute puissance, ce sont nos humeurs. Choisissons d’exercer ce pouvoir, tout de suite, maintenant et le plus largement possible. Pendant que le gouvernement et les forces de sécurité font leur travail, faisons le nôtre. Il en va de notre responsabilité individuelle et collective. Faisons le choix de la dignité contre l’abjection, de la créativité et de la joie contre la résignation, donnons vie à nos valeurs, à tout ce qui constitue notre identité profonde. Que mille initiatives fleurissent, au moment où notre pays se prépare à accueillir le monde pour la COP21. Je pense notamment à celle d’Alexandre Jardin et à ses zèbres qui passent à l’action (http://www.bleublanczebre.fr/). Créons des « murs digitaux » de photos représentant le Paris ville de l’amour et de la joie de vivre, créons et partageons des playlists de musiques joyeuses, engageons-nous dans l’action bénévole ou collaborative. Accueillons gratuitement chez nous des délégations venues du monde entier en disant m… à Airbnb qui n’a pas eu UN mot de compassion pour Paris, qui lui fait gagner des dizaines de millions d’Euros. La planète nous attend, la planète nous regarde. Du monde entier sont venus d’incroyables messages de solidarité – rien que de l’évoquer, j’en ai les larmes aux yeux, et de la fierté aussi. Les paroles de la chancelière allemande, le Christ de Rio éclairé en bleu-blanc-rouge, Barack Obama prononçant en français les trois mots de notre devise nationale : « liberté, égalité, fraternité ». Ces messages témoignent de quelque chose qui transcende les différences sans les effacer. La force de la France, c’est son amour de la vie, sa créativité, sa débrouillardise et son sens de la solidarité, lorsqu’ils peuvent s’exprimer. Ayons confiance en nous-mêmes. Le monde est trop compliqué pour imaginer qu’on homme ou une femme providentiels puissent en résoudre tous les problèmes.  Choisissons plutôt d’incarner le changement que nous désirons. Je pense à tous ces étudiants qui n’hésitent pas à créer leurs entreprises, au message fort que nos envoient de grandes entreprises e technologie comme Cisco Systems qui va investir 200 millions de dollars dans nos start-ups, preuve s’il en est que l’innovation est bien vivante dans notre pays. Ces nouvelles devraient être une source de fierté, et je ne parle pas des deux millions d’emplois dans l’Economie Sociale et Solidaire, l’ESS.

Cet après-midi, j’ai un message tout particulier pour mes étudiants et mes amis coachs. Ne restons pas en retrait mais soyons engagés dans la vie, soyons actifs et solidaires. Créons du lien, de la beauté, de l’action positive. N’oubliez pas que notre pouvoir est infini. Comme nous y invite Cynthia Fleury, soyons irremplaçables. Nous sommes grands, nous sommes puissants dans l’humilité. Libérons les milliers de croyances positive qui, telles de petites bulles remontant vers la surface, porteront jusqu’à la lumière du soleil  un énorme potentiel d’action.

Paris est candidate aux JO de 2024 et à l’Expo universelle de 2025. Nos urbanistes et nos ingénieurs travaillent à construire un Grand Paris dans lequel s’effaceront enfin les frontières du périphérique. Saisissons ces opportunités pour mettre en œuvre une réinvention collective de large échelle, comme nous l’avons fait pour les deux premières révolutions industrielles.  La France a toutes ses chances dans l’Internet deuxième génération, et ce ne sont pas de naïfs utopistes qui l’affirment mais John Chambers et Satya Nadella, respectivement Présidents de Cisco Systems et de Microsoft.

Croyance pour croyance, aujourd’hui, ce sont eux que j’ai envie de croire. C’est cette vision qui me donne de l’énergie, du courage et de la persévérance. Nous en sommes capables. Et nous méritons d’être heureux.

Anak


In memory of Alvin Eumague, departed October 2, 2014.

Anak, so, this is where you live now. In the trembling light. A feather carried by the gentle breeze, among the chirping birds and the joyful colors of September. There is moss on the stones where I sit but it is not cold.  A bell rings, far in the village. Seasons come and go. The cycles of life. Once again we have come to close this house for the winter. Another look at the garden. Cyclamen are now discreetly displaying their light lilac hues under the chestnut tree. I should enter the building now, but it is so damp. Although you never came here your presence lingers around,  in the subtle scent of apples, and there are honey jars in the basement of the castle where they used to keep cider, generations ago. Like these kernels your soul will keep growing and singing, cracking in the dry summers through the trunk and branches of the big sequoia tree. Such a lovely, lovely day to remember you. In KL, you recorded funny faces on my camera, knowing I would find them only later.  For you were such a clown, and so gifted. What now with the promise of your life? Where is that smile of yours, this laughter of yours, and what to do with your anger now? Now you have joined the deepest rivers, nurturing underground currents and preparing to spring up in songs. For you will be the spring, that much I know, and those rays of light caressing our face. You will, but for now there is winter to go through. Sitting on the stairs outside the door, I fill my lungs with fresh air. Soon I must enter this place and face memories of the week-end I spent here, writing and waiting anxiously for news from you, just before you left us, almost a year ago. Life is calling and demanding much of us. There is love to be shared and consolation to be given. And there are particles of gold in every life you’ve touched, in every cycle we go through, in the humblest grass. Anak, my child, I will go now, and fill this house with gratitude.2015-09-27 14.02.18

Dans nos vies secrètes


Cet article date d’il y a tout juste un an. Une éternité. C’était juste avant la perte irrémédiable d’un être cher et le long processus de guérison – car je ne crois pas au deuil tel qu’on le décrit, ni qu’il faille se résigner à l’absence, à la lumière, à l’espoir. Je réfléchis en ce moment sur « nos vies digitales » et ce texte me paraît plus que jamais d’actualité.

Avatar de BuencaRminoBuencaRmino

Dans nos vies secrètes

Cet article est le deux-centième de BuencaRmino. Pour fêter ça, comme septembre est le mois des transformations et des mystères, plutôt qu’une ennuyeuse auto-célébration, je vous propose un voyage dans mon train fantôme, à rebours des sagesses tièdes et des bons conseils qu’on attend d’un coach. Le thème du jour : nos vies secrètes.
Nos vies secrètes ne se racontent pas sur facebook, ne s’enregistrent pas sur FourSquare. Elles ne sont pas géolocalisées. Google ne sait rien d’elles. Nos vies secrètes sont assez drôles, mais irracontables. « Dans ma vie secrète », chante Léonard Cohen (ici), « Je souris quand je suis en colère, je triche et je mens, je fais ce que je peux, je me débrouille, mais je n’oublie jamais la frontière qui sépare le bien du mal, et j’ai soif de vérité. »
Dans nos vies secrètes, on avance à l’instinct…

Voir l’article original 361 mots de plus

Résignés? Non merci!


Une dernière fois, respirer l’odeur des noisetiers après l’orage. Pincement de nostalgie à la veille du départ. Plonger dans l’action, fenêtres à fermer, valises …

L’été règne encore dans toute sa plénitude. La lumière change de minute en minute, au gré des nuages qui développent des architectures obliques dans le ciel éclairé comme un tableau de l’âge d’or hollandais. Feuillages roux-verts sur fond d’un bleu céruléen que trouble un rare corbeau. Une horloge éloignée tinte au clocher du village. Le vent caresse les branchages comme des doigts dans une chevelure aimée. La douceur de l’air a quelque chose d’éternel. Lire la suite

Parfaits dans notre imperfection (suite et fin)


Que voulait dire Nicole de Chancey lorsqu’elle se revendiquait, avec assurance et une pointe de provocation, « parfaite dans mon imperfection » ? J’ai mis des années à en comprendre toute la signification, comme ces origami japonais qui dissimulent un rébus dans les plis du papier, et qu’il faut déplier avec soin, prudemment, pour en découvrir le sens caché.

Il se peut que les lignes qui suivent sollicitent votre attention plus qu’on n’en a l’habitude à la lecture d’un blog. Elles sont denses, car il me faudrait plus de temps pour déplier cet origami et ce temps, je ne l’ai pas. Par avance, je vous prie de m’en excuser et vous invite à compléter vous-même, dans la méditation ou l’action, ce qu’elles suggèrent. Cueillez ce rameau vert et frais pour le bouturer dans votre jardin, à la bonne saison, parmi les arbres fruitiers et les fleurs.

En commençant à écrire cette série de chroniques en hommage à Nicole de Chancey, professeur à L’Institut du Coaching International, mentor et coach, je n’imaginais pas que cette réflexion m’amènerait à m’interroger ainsi sur les croisements et convergences qui relient  à travers le coaching et la pédagogie des disciplines asiatiques millénaires fondées sur l’attention, la présence au monde et la stabilité de la conscience, et les nouvelles approches originaires pour la plupart de la côte Ouest des Etats-Unis.

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Parfaits dans notre imperfection (première partie)


L’hommage à Nicole de Chancey, disparue le 14 juillet, m’invite à clarifier mes propres idées sur la promesse du coaching, sur sa pratique, sur son insistance à chercher des solutions opérantes, ici et maintenant, mais aussi sur la lucidité, la rigueur et la discipline qu’il demande si nous voulons obtenir des résultats à la hauteur de nos espérances. Fine pédagogue, Nicole savait créer des métaphores merveilleusement inspirantes et poétiques. Je penchais plutôt du côté du réalisme, attiré par le « comment », désireux d’apprendre et de perfectionner des techniques toujours plus efficaces pour aider mes clients à réussir. A travers son enseignement à l’Institut du Coaching International, et notamment une série d’exercices sur l’écoute active, j’ai rapidement compris que le coach était lui-même le premier des instruments,  et que les techniques les plus pointues ne serviraient à rien sans un profond travail sur le savoir-être. En tant que coach, nous devons préserver, et même cultiver la fraîcheur du regard tout en apportant des solutions pratiques, opérantes, à nos clients. Il est donc vain d’opposer le réalisme et la poésie : les deux sont nécessaires. La poésie, pour continuer à respirer dans un monde où toute expérience neuve, originale, est bientôt formatée, marchandisée, banalisée, aplatie, tandis que l’impératif de performance s’impose dans les coins les plus reculés de la société, de l’économie et jusque dans les relations intimes, mettant les individus sous pression. Il n’est pas nécessaire d’ouvrir GQ, Marie-Claire ou Psychologies pour mesurer combien le niveau de stress dans nos sociétés affecte jusqu’à la vie sexuelle des couples.

Dans ces conditions, que pouvons-nous faire pour nos clients ? Comment pouvons-nous les aider à conserver la part de la magie tout en restant dans la course ? Peut-on garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages sans risquer le grand écart? L’Asie pourrait nous offrir des éléments de réponse, avec son goût de l’équilibre  et son art de transcender les contradictions apparentes au sein d’une harmonie plus vaste, plus accueillante, plus complexe et plus riche. Avec, aussi, son rapport au Temps si différent du nôtre. Tandis qu’en Occident le Temps dévore ses enfants, c’est en Asie la dimension de l’accomplissement, de la patience et de la persévérance. Vieillir, en Asie, n’est pas devenir obsolète : c’est accumuler de la sagesse et manifester sa force vitale, dont la persistance impose le respect. On n’y verrait jamais de ces publicités où des petits-enfants irrespectueux arrachent le dernier gâteau des doigts de leur grand’mère : de telles affiches seraient immédiatement arrachées, taguées, peut-être même interdites, le scandale sur les réseaux sociaux y serait énorme, et la marque coupable d’avoir prôné de telles valeurs serait à jamais bannie du marché.

Loin d’être esclaves de l’instant, les asiatiques ont aussi développé de nombreuses techniques pour s’en libérer sans se déconnecter du monde sensible. Une relation plus apaisée au Temps dégage de l’énergie pour affronter les chocs de la concurrence et de la vie quotidienne. Il ne s’agit pas de s’extraire du monde, de prendre du recul, mais de rester centré sur les sources d’énergie les plus profondes. De manière intéressante, on retrouve ici des techniques millénaires comme le Qi Qong, et d’autres plus récentes, venues de Californie, comme la pnl générative de Robert Dilts avec son Voyage du héros.

(à suivre)

Sa voix nous accompagnera


Nicole de Chancey nous a quittés le 14 juillet. D’origine belge, elle a choisi le jour de la fête nationale des français pour s’éclipser, discrètement, avec un clin d’œil malicieux bien dans son style.

Comment vous parler de Nicole ? Un petit bout de femme rousse, élégante, nez et voix pointus. Des mots clairs, précis, alignés sur le fil de sa pensée comme des hirondelles prêtes à s’envoler, perdant d’ailleurs parfois ce fil et revenant se poser après un petit tour dans le bleu du ciel. Des gestes posés, réfléchis, pour souligner ses phrases ou pour se recentrer. Une présence. Je l’avais dessinée au stylo bille, dans mon « cahier de pnl », un jour où la discussion traînait en longueur. Sa patience avait des limites : il était dans son rôle de nous responsabiliser, lorsque les questions dissimulaient de plus en plus mal la peur de se jeter à l’eau.   Après tout, nous n’étions pas là pour argumenter sur les diverses théories du coaching, mais pour apprendre à le pratiquer. L’une de ses métaphores préférées l’illustrait à merveille : « ça doit rentrer dans les muscles », disait-elle souvent, pour bien ancrer la dimension corporelle qui rapprochait le coaching de ses origines sportives.

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Beach Boys et Mozart 1, psychopathes zéro


Il y a eu la Flûte Enchantée de Mozart à la Bastille, magnifiquement servie par une mise en scène de Robert Carsen qui (n’en déplaise à ceux qui préfèrent la sophistication à l’humilité)   redonne toute sa transparence à l’oeuvre et par des chanteurs-acteurs pétillants de vie (voir ici Flûte enchantée  et Flûte enchantée Robert Carsen). La profondeur et la plus grande légèreté s’allient pour triompher des forces obscures, le propos de Mozart retrouve toute sa limpidité, le pardon dissout les appétits de vengeance et l’on se sent, oui, plus propre, réconcilié avec la notion même d’espoir. Les Lumières sont bien le plus bel héritage de l’Europe, et la musique st aujourd’hui le meilleur moyen de faire passer ce message.

Plus accessible et tout aussi savoureux, si vous voulez de bonnes vibrations pour l’été :  Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson, compositeur phare des Beach Boys. Un film de Bill Pohlad avec Paul Dano, John Cusack, Elizabeth Banks, à voir (et à entendre) absolument. Un talent massacré, mais qui ressort, éclatant (de justesse, et pas indemne), après un traitement effroyable entre les mains d’un charlatan psychopathe bien plus gravement atteint que son patient. On savait qu’il y avait des médecins dangereux et intéressés depuis le médecin de Michael Jackson, à vrai dire on aurait dû le savoir depuis testament du docteur Mabuse de Fritz lang (1932).

Elizabeth Banks incarne avec beaucoup de justesse la conviction, la détermination, l’amour et la joie de vivre qui pétillent dans la musique des Beach Boys. Et dire qu’on a pu la dénigrer comme outrageusement commerciale, alors que les harmonies sont d’une subtilité somptueuse. La joie, la vitalité explosent, c’est exactement ce qu’il nous faut en cette époque sinistre. Avec une bonne dose de persévérance pour ne pas nous laisser contaminer par ceux qui croient encore que la tristesse seule est marque d’intelligence.

On peut détruire des monuments, égorger des vivants, réduire des populations à la pauvreté abjecte, les étrangler, les contraindre à l’exil, mais la musique demeure, accessible à qui veut bien se laisser toucher. De la poésie pure.

Bel été à toutes et à tous.

Un nouveau tour de manège


Si vous vous demandez que lire cet été, sur la plage, au café ou confortablement installé à l’ombre d’un arbre, je vous recommande chaleureusement le dernier ouvrage traduit en français de Tiziano Terziani, Connu à travers le monde entier pour « un devin m’a dit ».

Merci aux éditions « les cinq continents » pour ce beau cadeau estival.

Extrait de la présentation : « Voyager a toujours été pour Tiziano Terzani une seconde nature.
Sauf que ce voyage pas comme les autres, dont il est question dans ce livre, est aussi son plus difficile. Quand on lui diagnostique un cancer qui met sa vie en péril, c’est naturellement qu’il part en quête du remède qui le sauvera. Mais où chercher ? »

http://www.lescinqcontinents.com/infos/index.php?2015/03/18/995-un-autre-tour-de-manege-de-tiziano-terzani-intervalles-2015

Anges ou robots : les secrets de la performance durable


Les sportifs de haut niveau se réjouissent à la perspective d’affronter un adversaire au meilleur de sa forme.  Aiguillonnés par ce défi, ils élaborent un programme rigoureux des semaines avant le match, s’entraînent physiquement et mentalement,  soignent leur régime alimentaire, visualisent et répètent à l’infini  le moindre de leurs gestes.

De même, les musiciens de concert ou les créateurs de start-ups appelés à « plancher »  face aux Business Angels  recherchent et savent maintenir un niveau de concentration exceptionnel. L’enjeu, pour eux comme pour tout porteur de projet, c’est de garder le cap et la motivation sur la durée. Lire la suite

Liberté sans mesure


J’ai tellement aimé ce billet de mon ami JB Plantin (voir son blog : le petit JB le petit JB) que je le reproduis ici intégralement :

« Je n’indique plus combien je nage. Je n’indique plus combien je cours. Plus de runtastic, plus de musique branchée dans les oreilles. On passe notre temps à se mesurer : le temps, les calories, la vitesse – de pointe, en moyenne, le dénivelé…Etc. On s’enregistre, on se moyennise, on s’histographe.

On doit mesurer et exposer nos performances. Il nous faut optimiser le temps qu’il ne faut pas perdre et se lancer des défis à soi-même qu’on s’empresse de partager avec les autres. Il faut être efficace. Efficient. Je me chronomètre, donc je suis. Je me rythme au son de la musique. Quel glissement et quel perte de sens depuis le « connais toi toi-même » de Socrate, en passant par le « je pense donc je suis » de Descartes.

Finalement, je me suis rendu compte qu’on se perdait. On n’est plus dans l’effort pour prendre soin de soi. On n’est plus avec soi. Perturbé par la musique et les indications chronométriques, on ne libère plus son cerveau qui ne se relâche plus pour pouvoir mieux se débrider. C’est probablement un signe des temps que de vouloir se mesurer en permanence pour se prouver qu’on existe, alors qu’on ne fait que s’abrutir. Le paradoxe est que notre époque fait la promotion des retraites dans les monastères ou autres temples, ou encore les séjours en Cure.

C’est dans le silence qu’on se retrouve. C’est peut-être ça qui effraie. Le silence est perturbant et souvent effrayant, au début, mais c’est la fondation qui permet de se reconstruire en profondeur pour mieux se libérer. Débrancher… »

Merci JB,  Czicksentmihaly, dans Vivre, évoquait déjà le flux jubilatoire ressenti lorsque nous vivons une expérience optimale, hors de toute mesure et de tout sentiment du temps qui s’écoule.

A lire également le dossier du Point cette semaine sur la concentration : http://www.lepoint.fr/societe/la-concentration-d-un-pilote-de-chasse-06-06-2015-1934147_23.php, et bien sûr aussi le live d’Hartmut Rosa sur notre rapport au temps.