Archives de Catégorie: Coaching transition de vie

L’homme dans le paysage


Tout paysage est imprégné de l’histoire et du travail des hommes. Quand je vois une route, je songe à ceux qui l’ont empruntée, une haie m’évoque ceux qui l’ont plantée, un bord de mer peuplé d’oiseaux, ceux qui ont permis qu’il soit protégé. Une amie me faisait un jour observer, au cœur d’une forêt profonde, des chênes au tronc épais, dont les premières branches démarraient assez près du sol. Elle m’expliqua que ce devaient être les traces d’une clairière, où les paysans menaient leurs porcs se nourrir de glands. Ainsi, les traces de cette activité médiévale demeuraient parmi nous, lisibles à qui savait les déchiffrer. Dans une ville, ce sont d’anciennes publicités vantant des marques disparues qui réapparaissent à l’occasion d’un décoffrage, dans le métro, ou sur des murs trop hauts pour qu’on eût songé à les remplacer. Qui buvait ces apéritifs amers ? Quelles mères de famille nombreuse utilisèrent ces lessives au nom désuet ? Je me souviens des stations de métro condamnées, à Berlin. Elles restèrent figées « dans leur jus » jusqu’à la réunification, et même un peu après. On pouvait encore voir en 1992 des publicités datant de 1961. Puis le Mur tomba. On a recouvert les parois de publicités nouvelles, mais l’Homme de 1961, qu’est-il devenu ? Dans toutes les peintures chinoises, on trouve un petit personnage assis sous un arbre, ou traversant une rivière. Seul au milieu d’un paysage immense. Ecrivant ce texte dans le métro, au moment où il traverse la Seine pour s’engouffrer dans le tunnel de Passy, comment ne pas songer à l’histoire de cette ville, si profonde ? Le visage d’une ville, comme celui d’un homme ou d’une femme, exprime la beauté singulière que prend la vie lorsqu’elle va jusqu’au bout de son expression. « « L’univers n’est pas obligé d’être beau », écrit François Cheng dans « Œil ouvert et cœur battant ». « Nous pourrions imaginer un univers uniquement fonctionnel, sans qu’aucune idée de beauté ne vienne l’effleurer (…) Pour qu’il y ait vie, il faut qu’il y ait différenciation des éléments, laquelle, se complexifiant, a pour conséquence la formation de chaque être en sa singularité (…) A mes yeux, c’est avec l’unicité de chaque être que comme la possibilité de la beauté ».

Où le poète oriental rejoint la pensée d’Edgar Morin, le philosophe occidental.

Il continue : « L’unicité transforme chaque être en présence, laquelle, à l’instar d’une fleur ou d’un arbre, n’a de cesse de tendre, dans le temps, vers la plénitude de son éclat singulier, qui est la définition même de la beauté ».

Soyons attentifs à ces traces et curieux de leur histoire. Ainsi se gagne la présence.

Violence de Pâques


Il est arrivé! Quoi? Le printemps! A ne le voir qu’au travers d’images romantiques, pommiers en fleurs et gazouillis d’oiseaux, on en oublierait que le printemps déchire. Littéralement. La peau trop fine, trop neuve, qui recouvre nos émotions craque sous la violente poussée de sève. Il faut que quelque chose meure pour que l’appétit de renouveau soit satisfait.   C’est la violence de Pâques. Nous sentons vibrer l’écho d’anciennes religions et mythologies inspirées par le cycle des saisons. Croyances désuètes et configurations obsolètes doivent laisser place à de nouvelles figures.  D’autres en sortiront raffermies.

Lilas en Touraine

Chaque année, les oiseaux créent un chant nouveau, pour séduire à nouveau l’oiselle. Leurs cellules naissent et disparaissent, pour laisser la place à d’autres. Et nous ? De quelles naissances voulons-nous être les accoucheurs ? Tandis que nos horizons s’élargissent, l’être en nous qui s’émeut demeure, évolue, suit son propre rythme. Notre corps le sait bien, mais notre esprit l’oublie. Quelles promesses décidons-nous de renouveler ? A quoi resterons-nous fidèles ?

Intelligence collective et butinage (deuxième partie)


Résumé de la première partie : la première de mes trois journées de cours sur l’Intelligence collective à Paris 3 est dédiée aux fondamentaux, que nous explorons tout d’abord sous forme de discussion, puis à travers une série d’exercices pratiques. Ce groupe, assez jeune, allie la fraîcheur du regard à une certaine maturité du questionnement. Riches d’une large diversité d’expériences professionnelles ou associatives : football, colos, théâtre ou jobs d’été, ils cherchent des réponses pratiques aux difficultés qu’ils ont déjà pu rencontrer.  Sans naïveté ni complaisance, ils ont soif d’apprendre et d’expérimenter.

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Sur des épaules de géants (1 sur 2)


Parfois, nous avons l’impression que la Vie nous force à devenir des géants.

Je me souviens du fils d’une amie, un garçon de 10 ans … Lors de son entrée en sixième, le petit G.… a commencé à faire des cauchemars.

Emmené chez une pédopsychiatre, il s’est dessiné tout petit au milieu de ses deux parents immenses. La psychologue expliqua alors aux parents perplexes qu’il exprimait un refus face à ce qu’il ressentait comme une pression pour grandir trop vite.

Ce stress du « passage en sixième », nous pouvons l’éprouver à divers moments de la vie personnelle ou professionnelle. Changer de travail, de métier ou de pays, recomposer sa famille, faire face à la perte d’autonomie ou à la disparition de ses parents, à la maladie grave d’un conjoint. Tout devient extrêmement compliqué, et, comme le petit G.… à la veille de son entrée en sixième, nous sommes terrifiés à l’idée de ne pas être à la hauteur.

C’est que nous avons oublié une donnée essentielle. « Si j’ai pu voir si loin », écrivit Copernic, « c’est que j’étais juché sur des épaules de géants ». Face aux épreuves de la vie, nous sommes tous des géants-porteurs les uns pour les autres. La coopération, qui requiert la confiance, serait même selon l’éthologue Frans de Waal l’un des plus grands avantages compétitifs de l’espèce humaine (l’Age de l’empathie, 2010).

Reste à gérer le vertige. Le principal travail d’adaptation consiste d’abord à rééduquer notre « oreille interne ». Comment percevons-nous la distance qui nous sépare de l’objectif ? Et si elle nous paraît vertigineuse, comment la réduire ? La technique la plus efficace consiste à transformer les obstacles, réels ou imaginaires, en un plan d’action. « Je n’y arriverai pas » devient : « sur quels paramètres ai-je du pouvoir », puis « quelles sont les principales questions à résoudre, et dans quel ordre » ? Et enfin : « comment progresser » ?

Voyant qu’il avait des difficultés dans les matières classiques, les parents du petit G.… lui proposèrent de tenter diverses activités pour multiplier les occasions de réussir, parmi lesquelles la natation.

Semaine après semaine, ils lui ont prodigué leurs encouragements, hurlant au bord des bassins. Il dut maîtriser sa peur, apprendre à respirer sous l’eau, à bien finir une épreuve. Lutter dans ce terrain mouvant, dépourvu de points d’appui, où les muscles tirent, où mille sirènes vous implorent de lâcher. Il en a bavé, mais il a tenu.

Comment se motive t-on pour gagner quelques dizaines de secondes ? De la même façon qu’on se mobilise pour tenir face à la maladie. C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés en discutant avec une coach sportive rencontrée par hasard aux urgences d’un hôpital parisien.

Elle accompagnait un client. Moi, des proches. On attend beaucoup aux urgences. Tandis que son client se tord de douleur sur son brancard, un coude déboîté, flambant de jeunesse au milieu des vieillards dans son maillot jaune et rouge, je lui fais part de mon intérêt pour tous les facteurs de l’endurance. Nous nous apercevons rapidement que nous parlions le même langage : fractionner l’objectif, tenir le pas gagné (Rimbaud), qui dans le foot se traduit par « occuper le terrain », voire « conserver le ballon », enregistrer et célébrer le moindre progrès, analyser froidement les échecs, et surtout se projeter dans le « maintenant » de la victoire.

Pour un malade en voie de guérison, cela peut être une expo que l’on se promet d’aller voir avec des êtres chers. Pour le sportif, un progrès régulier lors des prochaines compétitions, ou gagner dans un lieu symbolique.

Il s’agit de construire des anticipations positives (« monter en première division »), couplées à des principes d’action de style « je ne raccroche pas avant d’avoir conclu au moins une vente » pour le commercial, ou « chaque minute de vie est une occasion d’aimer, et de se le dire », à propos d’un être cher.

Jusqu’ici, rien de révolutionnaire. Ce qui change, c’est la multiplicité des occasions d’appliquer la méthode. La pression exercée sur les individus est trop forte, les ruptures de repères trop nombreuses et surtout elles se succèdent de manière si rapide et si violente qu’il devient indispensable d’industrialiser le procédé.

A suivre…

Un problème bien dessiné est déjà à moitié résolu


Le premier souci du coach est d’aider chacun d’entre nous à retrouver du pouvoir sur sa vie. Avec les bons outils, c’est encore mieux.

BuencaRmino

Avez-vous parfois l’impression d’être débordé par les événements? De bouillonner d’idées, d’envies, de projets, sans savoir par où commencer?

L’un des pères de la psychologie du bonheur, Mihaly Cszickszentmihaly, explique dans « Vivre » que le simple fait d’établir de l’ordre dans son esprit compte parmi les plus importants facteurs de bien-être. Construire une représentation structurée des événements, c’est la première étape pour ne plus les subir. Les amateurs de mind mapping, ou cartes mentales,  ont fait l’expérience de l’apaisement que procure l’action de « dessiner son problème ».  L’effet sur l’esprit est comparable à la vision d’un tourbillon de feuilles mortes soulevées par le vent, qui composent en retombant au sol un motif structuré. Les idées, les émotions mêlées qui dansaient il y a encore un instant devant nos yeux trouvent chacune leur place, et nous éprouvons un sentiment de pouvoir sur notre vie du simple fait de les contempler, ainsi ordonnées.

Comme pour beaucoup…

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Le marron d’Hudson ou les saisons du changement


marronsLe marron, frais sorti de sa bogue, doux au toucher, lisse et d’un beau brun luisant, de quoi nous parle-t-il ? De l’automne et de ses sortilèges, de l’enfance, des promenades sous les arbres penchés, sur un tapis de feuilles colorées, où les bruits s’amortissent. On le ramasse, on le tient dans la paume de sa main pour le plaisir de goûter sa tiédeur, sa rondeur apaisante, bienveillante, amicale.

Il ne promet rien, pas même la conservation des souvenirs plaisants, encore moins le retour des beaux jours, car on sait que l’hiver approche, mais le tenir ainsi nous fait du bien. Sa discrétion rassure. C’est un ami fidèle, sur qui l’on sait pouvoir compter. Sa magie n’a rien de spectaculaire, mais elle touche à l’essentiel. Car ce beau fruit possède le pouvoir d’absorber une partie de nos chagrins, d’alléger nos craintes, et de nous ramener dans le cocon de l’instant présent.

C’est un doudou naturel, protecteur et consolateur, comme ces musiques qu’on écoute en boucle à l’adolescence, déchirés par la nécessité d’aimer et de grandir, de rupture en rupture.

Il y a de la joie dans sa manière de refléter la lumière. Il l’enrichit d’une tonalité généreuse, synonyme d’abondance et de satiété. Grâce à lui, l’automne devient une saison de la résilience, un temps de récolte où la vie révèle de nouveaux accords, plus riches, plus complexes et plus variés que ceux des saisons pleines. Les concerti pour mandoline, de Vivaldi, font merveilleusement chatoyer ces sonorités délicates, soleils de fin d’après-midi passant à travers des feuillages ou multipliés dans le courant d’une rivière.

Le coach Hudson, au beau nom de fleuve nord-américain, a formalisé dans sa théorie du changement la métaphore des quatre saisons comme cycle du renouvellement, que précèdent le tri, l’abandon, la germination. Rien ne sert de vouloir accélérer le processus. Chaque étape est nécessaire.

Le marron, dans sa complétude, nous renvoie quelque chose de nous-mêmes. Il nous dit que nous possédons les ressources et le talent nécessaires pour rebondir, quand le moment sera venu. Mais il nous donne aussi l’autorisation de prendre un temps de repos, un temps pour soi. Ce besoin de confort, d’intériorité, parfois stigmatisé comme une tendance à l’égoïsme, écoutons-le. Ne craignons pas le silence, l’immobilité : c’est le terreau dans lequel germinent les projets les plus audacieux. Dans ces moments-là, soyons de bons compagnons pour nous-mêmes. Apprenons à apprécier ce qui est là, comme on passe un chiffon imbibé de cire sur des meubles en bois pour accentuer leur luisant.

Ce marron, recueilli dans une forêt de France, évoque aussi pour moi l’Amérique du nord, des envies de voyages, et de très belles conversations. Que vous dit-il ?

 

Sa voix nous accompagnera


Il y a un peu plus d’un an disparaissait Nicole de Chancey, envers qui j’ai une immense dette de gratitude pour son enseignement du coaching. Qu’elle repose en paix, au pays merveilleux des bisounours et des licornes roses, car ce sont eux qui gagnent à la fin du match.

BuencaRmino

Nicole de Chancey nous a quittés le 14 juillet. D’origine belge, elle a choisi le jour de la fête nationale des français pour s’éclipser, discrètement, avec un clin d’œil malicieux bien dans son style.

Comment vous parler de Nicole ? Un petit bout de femme rousse, élégante, nez et voix pointus. Des mots clairs, précis, alignés sur le fil de sa pensée comme des hirondelles prêtes à s’envoler, perdant d’ailleurs parfois ce fil et revenant se poser après un petit tour dans le bleu du ciel. Des gestes posés, réfléchis, pour souligner ses phrases ou pour se recentrer. Une présence. Je l’avais dessinée au stylo bille, dans mon « cahier de pnl », un jour où la discussion traînait en longueur. Sa patience avait des limites : il était dans son rôle de nous responsabiliser, lorsque les questions dissimulaient de plus en plus mal la peur de se jeter à l’eau.   Après tout, nous…

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Vous avez dit futile?


 

Il fait si beau ce matin, le ciel est si pur, que je dois m’excuser par avance auprès de vous d’aborder un sujet plus grave que de coutume. Un sujet que l’on peut aussi choisir de traiter d’une touche légère, avec bienveillance, comme on accueille chez soi un visiteur trempé sous l’averse. Il s’agit de la peur, et des ressources qu’elle nous permet de mobiliser.

La peur est une déferlante. Il faut la prendre à plein corps, de face, et se laisser traverser par elle pour se retrouver ensuite hébétés, glacés mais debout, rassemblés, tonifiés, vivants.

Il suffit d’une alerte un peu sérieuse pour soi-même ou pour ses proches et toute la légèreté de l’été s’évapore. Quand le bon fonctionnement du corps n’est plus garanti, on se sent comme le passager d’un bateau sur lequel vient de se déclarer une voie d’eau. La certitude de rejoindre le rivage, sur lequel on se tenait tout à l’heure, heureux parmi les autres vacanciers, scrutant l’horizon où se déployaient des voiles multicolores, se dérobe.

Les courants, les remous nous déstabilisent. Notre perception de l’environnement se modifie. La mer dans laquelle on se baignait il y a quelques heures avec tant de confiance et de plaisir s’est tout à coup transformée en un risque mortel qu’il nous faut parer à tout prix. Toutes nos facultés se concentrent et le stress, augmentant nos forces et notre vigilance, réduit notre champ de vision pour en éliminer tout ce qui ne concerne pas le danger immédiat.

Pourtant, la beauté du monde qui nous entoure n’a pas disparu. La même lumière continue ses jeux argentés sur la crête des vagues, mais nous la ressentons comme une présence indifférente, ironique ou cruelle, pareille à ces dieux de l’antiquité se divertissant au spectacle du malheur humain.

Il faut une volonté particulièrement bien entraînée pour continuer à jouir de tout ce qui était là, tout à l’heure, et qui n’a pas changé. Apprendre à s’en nourrir, à puiser force et courage dans ces éléments qui ne nous veulent rien, ni bien ni mal.

Maintenir cette alliance est un travail de tous les instants, dans lequel s’aiguise notre perception. Il nécessite une impeccable clarté d’esprit, un amour de la vie chevillé au corps, et quelque chose de plus : la persévérance des sportifs de haut niveau, des musiciens, des ingénieurs, ou de quiconque a besoin d’atteindre et de maintenir le plus haut niveau de performance. C’est une décision qu’il nous appartient de prendre. Quel regard choisissons-nous de porter sur les événements qui nous affectent ? Si nous le voulons, tout, même la peur, se transforme en ressource. Le moindre caillou sur le chemin devient trésor, l’obstacle une occasion d’exercer notre agilité. Aimons la peur, à condition de la chevaucher habilement : soyons champions de surf, épousons la vague, absorbons toute son énergie pour rejaillir, là-haut, dans le soleil, terrifiés mais ravis.

Si vous êtes encore en vacances, pardon pour le ton sérieux de cette chronique. Voyez-là comme une ligne d’horizon, d’un bleu plus foncé, qui rend par contraste encore plus éclatant le bleu joyeux de la mer la plus proche. Entendez-là comme un appel à goûter l’instant présent, à le savourer dans tout ce qu’il a d’éphémère et de précieux. Considérez-la comme un bruit qui, lorsqu’il cesse, rend au calme environnant toute sa plénitude. Appréciez l’imperfection dans la perfection.

Comme le chantait Léonard Cohen :

« Il y a au cœur de toute chose une fêlure,

Et c’est par elle que passe la lumière »

 

Le sandwich au pain (la résilience plus fun)


 

Bien sûr, nous sommes tous des touristes.

Et alors?

En tant que coach, je réfléchis depuis quelques années au concept de résilience, utile pour accompagner des personnes ou des équipes dans une démarche de transformation. Or je dois avouer que la manière dont les politiciens et certains media s’emparent de ce mot pour nous exhorter à tenir face aux attaques terroristes me semble largement insuffisante, particulièrement lorsque le sens de ce mot se réduit à une forme de résistance proche de la résignation. Ce n’est pas le sens originel que lui donnait Boris Cyrulnik, qui a popularisé le concept à travers ses livres (le vilain petit canard etc).

Pour le dire sans fioritures, la résilience ainsi présentée est aussi appétissante qu’un sandwich au pain. Il y manque le rêve, l’aspiration à construire quelque chose de plus grand, de plus fort, qui nous amène à nous dépasser. Grandir, c’est acquérir de nouvelles compétences et renforcer celles que nous possédions déjà, mais c’est aussi prendre le risque de se défaire de certaines illusions, pour aller à la rencontre du monde réel et de ses dangers.

Au cœur de cette histoire de résilience mijote la question de l’identité, individuelle et collective. A quel récit avons-nous besoin d’attacher notre vélo, cerclé d’un cadenas bien solide ? Dans quel territoire avons-nous besoin de planter nos pieds pour résister au sentiment d’imposture qui nous grignote impitoyablement ?

L’ami qui m’héberge ici ne cesse de se proclamer « un vrai rétais » sous prétexte que son enfance et son histoire familiale le rattachent à une époque considérée (et magnifiée) comme plus noble, plus savoureuse et plus authentique que l’actuelle. L’expérience de la pêche à pied en compagnie de personne dont c’était le seul moyen de subsistance, l’autorise par assimilation à se draper dans ce manteau d’authenticité.

On se fabrique une identité à partir de souvenirs qu’on réorganise, comme on améliore le contraste et la lumière de photos de vacances avec l’aide de logiciels dédiés. Et voilà le souvenir prêt à resservir en toute occasion.  Le problème commence lorsque cet âge d’or mythifié sert de prétexte pour établir une séparation avec ceux qui n’ont pas eu la chance de le connaître.

Pour peu que le récit coïncide avec un territoire, on croit tenir quelque chose de solide. Lorsque les tempêtes réduisent à presque rien les dunes, lorsque la pression démographique et la spéculation foncière modifient irrémédiablement les paysages, lorsque des enfants de bourgeois viennent, le soir, troubler le calme des plages et transposent ici leurs soirées parisiennes alcoolisées et bruyantes, le sol se dérobe sous les pieds de celui qui croyait s’être construit un bon refuge. Patatras ! C’est ce qui nous arrive collectivement. Mais n’oublions pas que si les vagues peuvent si facilement détruire les murailles des châteaux, c’est qu’ils sont faits de sable. Il suffit de regarder les bunkers du mur de l’Atlantique, défense illusoire construite par les Allemands contre un débarquement qui se produisit ailleurs, et qui s’affaissent aujurd’hui, piquent du nez face à la mer, redécorés par des graffeurs plus ou moins inspirés.

Que faire, alors, une fois percée la bulle ? Se lamenter ? S’adonner à la colère, au ressentiment ?

Ou s’intéresser à ce qui est là ? Construire de nouvelles relations avec le monde, avec les autres, avec soi-même ? Fonder notre sentiment de sécurité sur d’autres bases ?

Dix heures sonnent au clocher de la Couarde. Timbre agréable et clair.

Au marché, nous trouvons un plant d’hélicrisse, plante des dunes à l’odeur de curry qui pousse très bien dans la terre sablonneuse du jardin. Cela fera un beau cadeau pour notre hôte.

 

 

 

Le retour de BuencaRmino


 

Après le triple choc des attentats, reprendre la parole s’est révélé plus difficile que je ne l’imaginais. Que dire, et sur quel ton ? Communier dans l’empathie avec les victimes et tous ceux qui ressentent de la peine ou de l’anxiété, ou tenter au contraire d’apporter un peu de légèreté, de lumière, dans un quotidien pesant ? Passer du « moi » au « nous », du témoignage à la réflexion, chercher ce qui rassemble et ce qui transcende. Pas si simple. Dans un premier temps, le repli sur la sphère privée domine. Le besoin de se recentrer, de cultiver ses joies, de guérir, prend le pas sur l’envie de communiquer. Mais on ne peut en rester là. Par où continuer ?

Au départ, ce blog est né d’une envie et d’un défi : écrire tous les jours, comme un sportif s’entraîne, et trouver dans cette forme de discipline un sens de l’accomplissement, du progrès. Sur le fond, des sujets consacrés au développement personnel et professionnel, sur le thème de la transformation.

Depuis le 7 janvier sont apparus d’autres thèmes, une recherche hésitante autour de la résilience et de la joie. Après la sidération, la colère, le chagrin, et tout le plomb qu’il a fallu transformer en lumière, l’envie de partager, de communiquer revient, de plus en plus forte. Nulle promesse ici, juste un espace, un rendez-vous irrégulier où j’espère que nous pourrons trouver du plaisir, ensemble. L’envie d’élargir à d’autres cercles, à d’autres conversations, et de vous dire tout simplement : bienvenue.

Puissance de la joie


La puissance de la joie, de Frédéric ‪‎Lenoir, est un beau cadeau de l’auteur à son public. Un présent qu’il faut offrir à tous ceux que vous aimez, et pourquoi pas même à des inconnus pour le simple plaisir de voir se répandre autour de soi cette émotion si simple et si forte, « plus profonde que le plaisir, plus concrète que le bonheur ».

On entend déjà les professionnels du doute siffler, de leur petite voix aigrie : n’est-il pas un peu futile d’écrire sur un tel sujet, en ces temps sombres où chacun s’inquiète pour son emploi, pour sa sécurité ou celle de ses proches ? N’est-ce pas une forme de distraction, voire de manipulation, de la poudre rose pour faire oublier les tensions du moment?

Eh bien non, tout au contraire.  Face à tous ceux qui ne cessent de répéter « on n’est pas au pays des bisounours » pour justifier leur cynisme et leur consentement à la résignation ambiante, ce livre apporte des réponses pratiques, accessibles à tous. Il donne envie d’y croire, avec  des arguments convaincants, et c’est l’un de ses plus grands bienfaits. De nombreuses études médicales l’ont démontré : la joie est bonne pour la santé. Mais ce n’est pas tout. Il y a quelque chose de profondément libérateur dans cette simple affirmation que la joie peut se cultiver, s’entretenir. En changeant notre regard sur la vie, sur nos comportements, nous pouvons préparer le terrain pour accueillir la joie et l’inviter à s’installer durablement. Lire la suite

Revivre


Les rues de Paris étaient calmes, hier soir. Tout en célébrant le nouvel an parmi des amis chers, j’éprouvais de la tristesse pour mon pays inquiet, meurtri, saccagé, en panne d’espoir et d’amour de soi. Le balcon de ces amis donnait sur la rue où les terrasses du Petit Cambodge et du Carillon auraient dû résonner de cris de joie, de vœux, d’embrassades. Et puis, une bande de jeunes est passée dans la rue, criant « bonne année » à tous ceux qui les saluaient depuis leur balcon. Nous avons répondu à ces inconnues, on s’est souhaité la bonne année, la tour Eiffel au loin s’est mise à scintiller. La vie reprenait ses droits,  comme elle a l’a toujours fait après toutes les catastrophes. Paris revenait à la vie, en mode cocooning et sans étincelles, mais sans renoncer non plus. Ma ville assommée, groggy, mais pas défaite. Notre ville-lumière, capitale de l’amour et de l’esprit pétillant, de la joie de vivre et de l’insolence, a besoin de nous, des liens que nous savons nourrir, de notre résilience créative. En ces temps où le climat déréglé fait fleurir les roses en décembre, nous devrons être nous-mêmes les sources de joie, d’énergie, d’espoir, trouver par nous-mêmes la combativité pour faire face à l’adversité. Car si nous ne le faisons pas, personne ne viendra le faire pour nous.

A jamais, le premier jour de l’an restera une date pr Lire la suite

Cet or invisible et qui rit c’est nous c’est la vie


Depuis vendredi soir, la France a basculé, mais dans quoi ? On s’interroge : est-ce que c’est ça, vivre dans une ville en guerre ? Le sentiment d’innocence perdue. S’inquiéter pour ses proches ou pour des inconnus dès que retentissent les sirènes. Rentrer à pied, le soir, dans des rues désertes. Se tenir au plus près des voitures en stationnement. S’habituer à prononcer ces mots : « tueurs, fusillade, victimes » en parlant non d’une ville étrangère : Beyrouth, Alep ou Lagos, mais de Paris. Passer des heures à rassurer les uns, réconforter les autres et chercher au plus profond de soi l’énergie pour tenir. Cela va durer, dit-on. Bien plus longtemps qu’on ne se l’imaginait en janvier dernier lorsqu’il fallut trouver des mots pour décrire la situation flottante, incertaine et dangereuse dans laquelle nous venons d’entrer. Il y aura encore du sang, du verre brisé, ce sera moche. Autant s’y faire, mais pas au sens où l’on se résignerait à l’horreur. Plutôt comme on se forge une carapace de courage.   La jeunesse de notre pays, ciblée, touchée, vit son épreuve du feu. Elle en sera transformée, devra faire des choix difficiles. Celui de continuer à sortir et de se mélanger à des inconnus ou de se barricader devant sa « fiction ». Choisir entre l’ouverture et le repli, entre la haine et la solidarité, entre la peur et le défi. Elle l’écrit déjà, ici par exemple, et c’est très beau, plein d‘énergie, la rage de vivre et d’aimer. Lire la suite

Parfaits dans notre imperfection (suite et fin)


Que voulait dire Nicole de Chancey lorsqu’elle se revendiquait, avec assurance et une pointe de provocation, « parfaite dans mon imperfection » ? J’ai mis des années à en comprendre toute la signification, comme ces origami japonais qui dissimulent un rébus dans les plis du papier, et qu’il faut déplier avec soin, prudemment, pour en découvrir le sens caché.

Il se peut que les lignes qui suivent sollicitent votre attention plus qu’on n’en a l’habitude à la lecture d’un blog. Elles sont denses, car il me faudrait plus de temps pour déplier cet origami et ce temps, je ne l’ai pas. Par avance, je vous prie de m’en excuser et vous invite à compléter vous-même, dans la méditation ou l’action, ce qu’elles suggèrent. Cueillez ce rameau vert et frais pour le bouturer dans votre jardin, à la bonne saison, parmi les arbres fruitiers et les fleurs.

En commençant à écrire cette série de chroniques en hommage à Nicole de Chancey, professeur à L’Institut du Coaching International, mentor et coach, je n’imaginais pas que cette réflexion m’amènerait à m’interroger ainsi sur les croisements et convergences qui relient  à travers le coaching et la pédagogie des disciplines asiatiques millénaires fondées sur l’attention, la présence au monde et la stabilité de la conscience, et les nouvelles approches originaires pour la plupart de la côte Ouest des Etats-Unis.

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Parfaits dans notre imperfection (première partie)


L’hommage à Nicole de Chancey, disparue le 14 juillet, m’invite à clarifier mes propres idées sur la promesse du coaching, sur sa pratique, sur son insistance à chercher des solutions opérantes, ici et maintenant, mais aussi sur la lucidité, la rigueur et la discipline qu’il demande si nous voulons obtenir des résultats à la hauteur de nos espérances. Fine pédagogue, Nicole savait créer des métaphores merveilleusement inspirantes et poétiques. Je penchais plutôt du côté du réalisme, attiré par le « comment », désireux d’apprendre et de perfectionner des techniques toujours plus efficaces pour aider mes clients à réussir. A travers son enseignement à l’Institut du Coaching International, et notamment une série d’exercices sur l’écoute active, j’ai rapidement compris que le coach était lui-même le premier des instruments,  et que les techniques les plus pointues ne serviraient à rien sans un profond travail sur le savoir-être. En tant que coach, nous devons préserver, et même cultiver la fraîcheur du regard tout en apportant des solutions pratiques, opérantes, à nos clients. Il est donc vain d’opposer le réalisme et la poésie : les deux sont nécessaires. La poésie, pour continuer à respirer dans un monde où toute expérience neuve, originale, est bientôt formatée, marchandisée, banalisée, aplatie, tandis que l’impératif de performance s’impose dans les coins les plus reculés de la société, de l’économie et jusque dans les relations intimes, mettant les individus sous pression. Il n’est pas nécessaire d’ouvrir GQ, Marie-Claire ou Psychologies pour mesurer combien le niveau de stress dans nos sociétés affecte jusqu’à la vie sexuelle des couples.

Dans ces conditions, que pouvons-nous faire pour nos clients ? Comment pouvons-nous les aider à conserver la part de la magie tout en restant dans la course ? Peut-on garder les pieds sur terre et la tête dans les nuages sans risquer le grand écart? L’Asie pourrait nous offrir des éléments de réponse, avec son goût de l’équilibre  et son art de transcender les contradictions apparentes au sein d’une harmonie plus vaste, plus accueillante, plus complexe et plus riche. Avec, aussi, son rapport au Temps si différent du nôtre. Tandis qu’en Occident le Temps dévore ses enfants, c’est en Asie la dimension de l’accomplissement, de la patience et de la persévérance. Vieillir, en Asie, n’est pas devenir obsolète : c’est accumuler de la sagesse et manifester sa force vitale, dont la persistance impose le respect. On n’y verrait jamais de ces publicités où des petits-enfants irrespectueux arrachent le dernier gâteau des doigts de leur grand’mère : de telles affiches seraient immédiatement arrachées, taguées, peut-être même interdites, le scandale sur les réseaux sociaux y serait énorme, et la marque coupable d’avoir prôné de telles valeurs serait à jamais bannie du marché.

Loin d’être esclaves de l’instant, les asiatiques ont aussi développé de nombreuses techniques pour s’en libérer sans se déconnecter du monde sensible. Une relation plus apaisée au Temps dégage de l’énergie pour affronter les chocs de la concurrence et de la vie quotidienne. Il ne s’agit pas de s’extraire du monde, de prendre du recul, mais de rester centré sur les sources d’énergie les plus profondes. De manière intéressante, on retrouve ici des techniques millénaires comme le Qi Qong, et d’autres plus récentes, venues de Californie, comme la pnl générative de Robert Dilts avec son Voyage du héros.

(à suivre)

Sa voix nous accompagnera


Nicole de Chancey nous a quittés le 14 juillet. D’origine belge, elle a choisi le jour de la fête nationale des français pour s’éclipser, discrètement, avec un clin d’œil malicieux bien dans son style.

Comment vous parler de Nicole ? Un petit bout de femme rousse, élégante, nez et voix pointus. Des mots clairs, précis, alignés sur le fil de sa pensée comme des hirondelles prêtes à s’envoler, perdant d’ailleurs parfois ce fil et revenant se poser après un petit tour dans le bleu du ciel. Des gestes posés, réfléchis, pour souligner ses phrases ou pour se recentrer. Une présence. Je l’avais dessinée au stylo bille, dans mon « cahier de pnl », un jour où la discussion traînait en longueur. Sa patience avait des limites : il était dans son rôle de nous responsabiliser, lorsque les questions dissimulaient de plus en plus mal la peur de se jeter à l’eau.   Après tout, nous n’étions pas là pour argumenter sur les diverses théories du coaching, mais pour apprendre à le pratiquer. L’une de ses métaphores préférées l’illustrait à merveille : « ça doit rentrer dans les muscles », disait-elle souvent, pour bien ancrer la dimension corporelle qui rapprochait le coaching de ses origines sportives.

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Anges ou robots : les secrets de la performance durable


Les sportifs de haut niveau se réjouissent à la perspective d’affronter un adversaire au meilleur de sa forme.  Aiguillonnés par ce défi, ils élaborent un programme rigoureux des semaines avant le match, s’entraînent physiquement et mentalement,  soignent leur régime alimentaire, visualisent et répètent à l’infini  le moindre de leurs gestes.

De même, les musiciens de concert ou les créateurs de start-ups appelés à « plancher »  face aux Business Angels  recherchent et savent maintenir un niveau de concentration exceptionnel. L’enjeu, pour eux comme pour tout porteur de projet, c’est de garder le cap et la motivation sur la durée. Lire la suite

Liberté sans mesure


J’ai tellement aimé ce billet de mon ami JB Plantin (voir son blog : le petit JB le petit JB) que je le reproduis ici intégralement :

« Je n’indique plus combien je nage. Je n’indique plus combien je cours. Plus de runtastic, plus de musique branchée dans les oreilles. On passe notre temps à se mesurer : le temps, les calories, la vitesse – de pointe, en moyenne, le dénivelé…Etc. On s’enregistre, on se moyennise, on s’histographe.

On doit mesurer et exposer nos performances. Il nous faut optimiser le temps qu’il ne faut pas perdre et se lancer des défis à soi-même qu’on s’empresse de partager avec les autres. Il faut être efficace. Efficient. Je me chronomètre, donc je suis. Je me rythme au son de la musique. Quel glissement et quel perte de sens depuis le « connais toi toi-même » de Socrate, en passant par le « je pense donc je suis » de Descartes.

Finalement, je me suis rendu compte qu’on se perdait. On n’est plus dans l’effort pour prendre soin de soi. On n’est plus avec soi. Perturbé par la musique et les indications chronométriques, on ne libère plus son cerveau qui ne se relâche plus pour pouvoir mieux se débrider. C’est probablement un signe des temps que de vouloir se mesurer en permanence pour se prouver qu’on existe, alors qu’on ne fait que s’abrutir. Le paradoxe est que notre époque fait la promotion des retraites dans les monastères ou autres temples, ou encore les séjours en Cure.

C’est dans le silence qu’on se retrouve. C’est peut-être ça qui effraie. Le silence est perturbant et souvent effrayant, au début, mais c’est la fondation qui permet de se reconstruire en profondeur pour mieux se libérer. Débrancher… »

Merci JB,  Czicksentmihaly, dans Vivre, évoquait déjà le flux jubilatoire ressenti lorsque nous vivons une expérience optimale, hors de toute mesure et de tout sentiment du temps qui s’écoule.

A lire également le dossier du Point cette semaine sur la concentration : http://www.lepoint.fr/societe/la-concentration-d-un-pilote-de-chasse-06-06-2015-1934147_23.php, et bien sûr aussi le live d’Hartmut Rosa sur notre rapport au temps.

Un problème bien dessiné est déjà à moitié résolu


Avez-vous parfois l’impression d’être débordé par les événements? De bouillonner d’idées, d’envies, de projets, sans savoir par où commencer?

L’un des pères de la psychologie du bonheur, Mihaly Cszickszentmihaly, explique dans « Vivre » que le simple fait d’établir de l’ordre dans son esprit compte parmi les plus importants facteurs de bien-être. Construire une représentation structurée des événements, c’est la première étape pour ne plus les subir. Les amateurs de mind mapping, ou cartes mentales,  ont fait l’expérience de l’apaisement que procure l’action de « dessiner son problème ».  L’effet sur l’esprit est comparable à la vision d’un tourbillon de feuilles mortes soulevées par le vent, qui composent en retombant au sol un motif structuré. Les idées, les émotions mêlées qui dansaient il y a encore un instant devant nos yeux trouvent chacune leur place, et nous éprouvons un sentiment de pouvoir sur notre vie du simple fait de les contempler, ainsi ordonnées.

Comme pour beaucoup d’activités manuelles (bricolage, cuisine, …) les neurologues expliquent que ce sentiment d’apaisement et de sérénité vient de la coordination entre le cerveau et la main, qui s’établit à travers les nerfs dans le geste de dessiner. C’est vrai, mais cela ne dit pas tout.

Explorer les enjeux, mettre à la bonne place les valeurs, les objectifs et les options, poser des ressources en face des obstacles et leur donner du poids procure un sentiment d’équilibre et de clarté. En coaching, j’utilise beaucoup cette technique comme support d’un dialogue fécond, où le client s’aperçoit souvent qu’il a bien plus de prise sur la situation qu’il ne le pensait au départ.

Mais comment s’y prendre? On commence par tracer des branches autour d’un centre rayonnant, dans lequel on aura préalablement tracé un symbole ou quelques mots résumant le problème à résoudre, puis on développe, branche par branche, en affinant les détails.  Il est important de bien suivre la méthode inventée par Tony Buzan, surtout au début. En revanche, il n’st pas nécessaire de savoir dessiner : c’est à la portée de tous.

Je donne ici un aperçu d’une carte mentale réalisée suite à un entretien avec un ami qui voulait se lancer dans la peinture et ressentait le besoin d’approfondir sa motivation (la version complète et la méthode peuvent être téléchargées depuis Slideshare, Slideshare mind mapping : http://fr.slideshare.net/RobertdeQuelen1/leadership-visuel-et-mind-mapping)

Mais le plus amusant bien sûr c’est de passer à l’action!

le projet du peintre